Rééducation du périnée et grossesse : peut-on se passer d’un professionnel ? Rééducation du périnée et grossesse : peut-on se passer d’un professionnel ?

Sexologie

Rééducation du périnée et grossesse : peut-on se passer d’un.e professionnel.le ? par Elia Manuzio

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Publié le Jeudi 24 Octobre 2019

Certains pays comme les Pays-Bas ne prévoient pas de séances de rééducation du périnée remboursées pour les jeunes mamans. Est-ce vraiment un passage obligé ou peut-on se débrouiller seule ?

En France, dix séances de rééducation du périnée sont prévues et prises en charge par la sécurité sociale. Elles débutent en général six semaines après l’accouchement et sont réalisées chez un.e sage-femme ou un.e kinésithérapeute. "L’objectif médical, c’est l’incontinence urinaire, explique Laura Berlingo, gynécologue-obstétricienne à la Pitié-Salpêtrière. Le périnée est une sorte de hamac qui tient les organes du pelvis : la vessie, l’utérus, le col de l’utérus et le rectum. L’idée d’avoir un périnée tonique est de ne pas souffrir de prolapsus plus tard (descente d’organes) et d’incontinence urinaire".

Si l’on peut se féliciter de la bonne prise en charge de la grossesse et du post-partum en France, ces séances sont-elles vraiment un passage obligé ? "Sur le long terme, rien n’a été prouvé, poursuit Laura Berlingo. Il y a quelques années, des études ont montré que la rééducation du périnée n’avait pas de bénéfices réels sur l’incontinence urinaire à long terme et que pour ces patientes, une chirurgie pouvait être nécessaire". Mais la spécialiste préconise facilement des séances de rééducation périnéale pour "l’aspect sexuel" précise-t-elle : "Cela dépend des femmes et de leur demande, ce n’est pas indiqué dans les livres mais en pratique, il est important de se réapproprier cette zone après l’accouchement et la rééducation peut-être un bon point de départ. Avoir un périnée tonique et maitriser les contractions ça change une vie sexuelle".



Que faire alors si on réside dans un pays qui ne le prévoit pas ou si l’on n’a pas envie de faire appel à un.e professionnel.le ? Si le Pilates et le yoga sont des pratiques où le périnée est impliqué, il existe des exercices à faire chez soi et que l’on trouve facilement sur internet comme les exercices de Kegel ou les techniques de Bernadette de Gasquet, aussi surnommée "Madame périnée". "Si l’on a envie de faire de l’auto-rééducation, cela peut être bien d’aller voir une ou deux fois un.e professionnel.le pour apprendre les exercices, conseille Laura Berlingo. Il y a quelque chose d’assez sensitif avec le périnée, il faut le sentir physiquement, le visualiser pour pouvoir en prendre possession".

Rassurez-vous, ne pas bien réaliser les exercices ne présente aucun risque pour votre santé. "Le seul truc qu’il faut éviter, c’est le ‘'stop-pipi', le fait de contracter pour s’arrêter d’uriner, prévient Laura Berlingo. On peut tester pour voir si on y arrive et si on a une bonne continence, mais pas le faire de manière systématique comme cela a longtemps été conseillé aux femmes, cela peut causer des infections urinaires". Dans tous les cas, la gynécologue insiste, il n’y a aucune culpabilité à avoir si l’on ne rééduque pas son périnée après son accouchement : "Cela peut se faire à n’importe quel moment et tout au long de la vie". Une bonne nouvelle pour celles qui ont déjà perdu l’ordonnance...

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