Sexe : et si on militait pour un meilleur "doigté" ? Sexe : et si on militait pour un meilleur "doigté" ?

Sexologie

Préliminaires : et si on militait pour un meilleur "doigté" ? par Elia Manuzio

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Publié le Jeudi 10 Octobre 2019

Souvent tenté, rarement maîtrisé, l’art de se servir de ses doigts pendant les préliminaires, permettant une double stimulation, mérite pourtant qu’on s’y intéresse. On vous explique comment faire autre chose de vos mains qu’une pâle imitation d’un pénis.

"Elle pense que je suis en train de la doigter / Je lui mets mon gros doigt de pied". Hum, hum. Dans la chanson "Kalash", le rappeur Booba résume tristement le statut réservé au fameux "doigtage" sur l’échelle des pratiques sexuelles. C’est à dire aucun. Depuis que le cunnilingus est passé au rang de rock star (quand on se donne la peine de le prodiguer), se servir de ses doigts est encore vu comme une pratique de collégien à la moustache naissante. Un truc forcément vite fait, forcément mal fait, qui s’apparente plus à un mouvement de piston raide et brusque – les hommes utilisent souvent leurs doigts comme ils utiliseraient leur pénis - qu’à un jeu de mains subtil. Surtout, qu’il est souvent pratiqué comme un substitut, un maigre lot de consolation quand on n’a ni la patience de descendre à la cave, ni l’envie (ou les capacités dans le cas de notre collégien moustachu) de se lancer dans une relation sexuelle convaincante.

Pourtant, pour peu qu’on laisse tomber le va-et-vient maladroit et que l’on investisse toute la vulve, bien se servir de ses doigts peut mener votre partenaire à l’orgasme (et ça fait moins mal à la nuque qu’un cunnilingus). Par chance, nous possédons deux mains, de cinq doigts chacune. Cela fait un sacré paquet de possibilités à explorer. D’autant qu’il n’y a aucune raison de considérer la pratique comme un simple préliminaire. Sans qu’elle fasse intervenir le pénis, il s’agit d’une pénétration. Cela n’a rien d’anodin et avant même de se demander comment gérer le business, mieux vaut prendre quelques précautions.


Premièrement on s’assure d’avoir les ongles courts et propres. Cela paraît évident mais entre nous, qui pense à se laver les mains avant ? Ensuite, on rappelle que le vagin ne se lubrifie pas par l’opération du Saint-Esprit. On commence donc par caresser toute la vulve, les petites lèvres, les grandes lèvres, le clitoris, avec des mouvements larges et légers, puis, une fois que la zone est humidifiée, on peut ajouter un peu de fermeté. Le geste qui tue ? Quand vous commencez à vous approcher du vagin, n’exercez pas de pression sur les abords de ce dernier avec votre doigt, comme si vous cherchiez à boucher un trou ou à chercher d’où vient une fuite. C’est douloureux pour certaines femmes. Au lieu donc de tourner autour du pot, introduisez délicatement mais avec assurance d’abord un doigt, puis deux, puis plusieurs si vous sentez que le passage est aisé. Si le vagin est encore sec, utilisez votre salive ou munissez-vous d’un tube de lubrifiant. La règle, c’est qu’on ne force pas l’entrée.

Une fois que vous êtes "dans la place", et que votre partenaire semble apprécier, c’est le moment d’utiliser les doigts qui vous restent. La raison ? De la même façon que la pénétration par un pénis a peu de chances de mener une femme à l’orgasme, la pénétration avec les doigts n’est pas non plus suffisante, vous voulez stimuler le clitoris en même temps pour un triple effet Kiss-Cool. Comment ? Avec votre pouce. En formant un "U" (deux ou trois doigts dans le vagin, et le pouce qui exerce une pression sur le clitoris), vous pouvez tout à fait gérer l’interne et l’externe avec la plus grande dextérité. Si le clitoris est trop sensible, vous pouvez utiliser la même méthode en alternant pénétration et stimulation en appuyant sur la zone clitoridienne (pas directement dessus, donc) avec la paume de votre main. Le mieux est de pouvoir faire les deux en même temps, mais on vous accorde que cela demande une certaine souplesse (et de grandes mains). Le secret, comme pour le cunnilingus, c’est de varier les plaisirs, de glisser d’une zone à l’autre, d’alterner fermeté et légèreté, comme si vous pétrissiez avec amour la pâte d’un super bon gâteau et que par moments, vous laissiez filer la farine entre vos doigts, ambiance Peau d’Âne. En revanche, quand votre partenaire vous fait signe que le rythme et la pression lui plaisent (vraiment beaucoup), continuez sur cette lancée, ne vous arrêtez pas et priez pour qu’un orgasme vienne terminer l’entreprise. Et sinon, ce n’est pas grave, une pâte à gâteau pas cuite, c’est délicieux aussi.

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