Vagin et vulve : à quand la fin du tabou de l'hygiène intime ? Vagin et vulve : à quand la fin du tabou de l'hygiène intime ?

Sexologie

Hygiène intime : à quand la fin du tabou ? par Elia Manuzio

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Publié le Vendredi 12 Octobre 2018

Savons et soins "adaptés", lingettes "fraîcheur", protège-slips parfumés et même parfums pour vulve… Tous les jours, de nouveaux produits d’hygiène intime débarquent dans les rayons. Alors, notre intimité est-elle si sale que ça ?

Les marques ne manquent jamais pas d’imagination pour nous faire acheter (et ce dès le plus jeune âge) toute une panoplie de produits destinés à l'hygiène intime. Ne voyant aucun produit à l’usage des hommes, nous nous sommes interrogées : L’odeur de notre vulve est-elle si insupportable en société qu’il est effectivement nécessaire de rester "fraîche" en toutes circonstances ? Nous avons demandé des réponses au Dr. Odile Bagot, gynécologue-psychosomaticienne, auteure du Dico des Nanas (éd. Hachette) et du blog Mam Gynéco.

#1 Une question de confort avant tout…

Du côté des salles de bains de nos potes, le constat est sans appel : la majorité possède une bonne dose de soins, gels lavants et savons de toilette intime aux packagings roses et fleuris. Chez nous, rien. Serait-on cracra ? "Non, répond Odile Bagot. Se nettoyer la vulve avec des produits spécifiques n’est pas une obligation. C’est une question de sensibilité des muqueuses. Certaines femmes ont une muqueuse vulvaire fragile et ne pourront pas utiliser n’importe quel produit de toilette". Ces produits ne s’adressent donc au départ qu’aux femmes qui ressentiraient de l’inconfort avec des produits classiques ou qui souffriraient de pathologies. "Cela concerne les femmes ménopausées non traitées par les hormones dont les muqueuses deviennent plus fines, et pour qui les savons sont trop décapants, les femmes qui on fait des vulvo-vaginites ou mycoses à répétition ou celles qui souffrent d’allergies ou d’irritations causées par des habitudes vestimentaires, par exemple, comme des jeans trop serrés."

#2 … sur laquelle surfent parfois les marques

Si certaines circonstances justifient l’utilisation de ces produits, Odile Bagot met en garde contre un marketing parfois malvenu : "Le pH de la vulve et du vagin tourne naturellement autour de 4,5. Un pH qui se dérègle est une conséquence d’un déséquilibre de la flore vaginale qui conduit à l’apparition de mycoses. Pour les faire disparaître, on conseille d’utiliser un savon à pH alcalin, c’est à dire de 8. Mais en réalité, laver l’extérieur pour traiter un déséquilibre intérieur, cela ne change pas grand chose, c’est purement marketing".

#3 Attention à la chasse aux odeurs

Alors qu’elle reconnaît l’utilité des produits d’hygiène pour les femmes à la sensibilité accrue ou sujettes aux pathologies de la vulve, Odile Bagot est moins nuancée quand il s’agit des produits "accessoires" : les lingettes "fraîcheur" et autres estampillages "anti-odeurs" qu’elle juge complètement inutiles voire dangereux : "Les protège-slips, serviettes et les parfums vulvaires sont bourrés de nombreux produits chimiques : phtalates pour les 'fragrances', mais aussi blanchissants ou bactéricides tous plus ou moins suspectés d’être perturbateurs endocriniens. Quant aux lingettes, elles sont en plus allergisantes et c’est une catastrophe écologique. Elles ne devraient exister ni pour les bébés ni pour les femmes, encore moins les petites filles. C’est de l’argent foutu par les fenêtres et c’est mauvais pour la vulve".
#4 Votre vulve n’est pas sale !

Odile Bagot est formelle, la vulve n’est pas malodorante et encore moins sale : "La problématique doit toujours être le confort, jamais la propreté. La vulve est propore si on se lave une fois par jour avec un savon classique ou gynécologique si besoin. Il peut y avoir une petite odeur d’urine en fin de journée et/ou de transpiration, qu’on ne sent jamais à moins d’avoir le nez dedans. Il faut arrêter de diaboliser cette odeur naturelle. Seule la vaginose a pour caractéristique d’émettre une odeur de "poisson pourri'". Une pathologie qui s’attrape notamment en essayant de nettoyer son vagin : "Le vagin est autonettoyant. Il est inutile d’essayer de le nettoyer à l’eau car elle ferait grimper le pH et risquerait de déséquilibrer la flore vaginale. Et vous aurez juste réussi à attraper une vaginose, qui, elle, engendre des pertes malodorantes".

Et à celles qui se demandent encore si la personne qui leur fait face au café peut sentir l’odeur de leur vulve, Odile Bagot répond avec humour : "Je suis gynéco, j’ai le nez dedans toute la journée et à moins d’avoir une patiente qui ne s’est pas lavée, je n’ai jamais senti une odeur". Relax donc les filles, à moins d’avoir oublié votre tampon trop longtemps – la "pire" odeur selon la gynécologue – pas d’inquiétude, vous sentez juste la femme.

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