Fellation vs cunnilingus : l’égalité est-elle possible ? Fellation vs cunnilingus : l’égalité est-elle possible ?

Sexologie

Fellation vs cunnilingus : l’égalité est-elle possible ? par Elia Manuzio

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Publié le Mercredi 5 Septembre 2018

Avis aux amoureux de la fellation trop flémards pour (vraiment) rendre la pareille : la parité c’est aussi possible sous la couette

Faites le test. Tapez "Fellation" dans Google. Vous tomberez sur des articles du genre "10 astuces pour une fellation de rêve" ou "5 conseils pour qu’elle soit parfaite". Avec la fellation, on toucherait presque au divin, au sens de la vie elle même, à la volupté extrême...
Si les statistiques sont rares sur le sujet, autour de nous, le verdict est sans appel. Les femmes sucent plus automatiquement qu’elles ne reçoivent de cunnilingus. Pourtant, les conseils pour réaliser un cunnilingus dans les règles de l’art sont tout aussi référencés que ceux donnant les clés d’une fellation réussie. Mais le ton n’est pas le même. La fellation, c’est le "ciment du couple", le cunnilingus, c’est pour les jours de fête. De Sex and the City à Amy Schumer, la fellation est souvent une contrainte, quelque chose qu’il faudrait faire parce que c'est normal.

Pourquoi donc a-t-on l’impression qu’il faut négocier un cunnilingus ? Qu’il faudrait que les hommes soient dans des dispositions exceptionnelles pour s’y risquer ? A voir le nombre de fellations pratiquées dans le porno versus le nombre de cunnilingus, c’est sûr, le désir féminin rame loin derrière la sacro-sainte turlutte. "Le cunnilingus  est un repas de fête, pas un sandwich jambon beurre" lançait Maia Mazaurette l’été dernier dans les colonnes du Monde. On le regrette. Si la fellation est un amuse-bouche avant le plat principal, messieurs, s’il vous plaît, faites du cunni le plus excitant des apetizer !

Alors, le sexe win-win, ne serait-il pas un concept un peu égoïste ? Non, c’est récupérer son dû. Nous avons trop longtemps entretenu le mythe selon lequel un cunnilingus serait plus intime qu’une fellation (comprendre, plus crade). Car quelques hommes évoquent encore "La barrière de l’odeur", un certain dégout, une peur… Non, notre vagin n’est pas doté de dents ultra-aiguisées prêtes à déchiqueter la première queue qui s’y aventurerait. Notre clitoris encore moins. Plus honnêtes (mais plus paresseux), d’autres évoquent la complexité du cunnilingus, voire son inefficacité et le font donc "un peu". C’est à dire pas du tout. Trois minutes la tête posée sur notre cuisse, juste pour dire qu’on y est allé, ça ne compte pas. Un bon cunnilingus prendrait environ 15 minutes. Long et laborieux, donc. Mais messieurs, combien de temps pensez-vous que l’on passe sur votre gland ? Parfois autant et personne ne crie aux travaux forcés. C’est d’ailleurs une partie du problème selon Elisende Coladan, praticienne en sexothérapie et thérapeute féministe : "Dans notre société, par leur éducation et leur environnement, les femmes développent une conception relationnelle qui les porte à prendre soin de l’autre, à être à son écoute et à lui faire plaisir. La fellation est considérée actuellement comme une pratique banale, ce qui n’était pas le cas il y a une quarantaine d’années, et donc la femme qui ne la fait pas va se sentir coupable, ce qui n’est pas le cas des hommes qui refusent de faire un cunnilingus." Impossible donc de séparer la sexualité du contexte social. "Ce sont les hommes qui imposent leur sexualité y compris dans l‘espace public, poursuit-elle. On l’a bien vu avec les cas d’agressions sexuelles après la coupe du Monde dans les rues de Paris. Comme leurs besoins sexuels sont généralement considérés comme plus 'importants' que ceux des femmes, si une pratique leur plait, ils considèrent qu’il est normal qu’ils puissent la vivre, voire la réclamer."

 Notre sexualité de femme n’étant pas encore prise en considération au même titre que celle des hommes - dans les rues de Paris comme dans le porno mainstream – on lance, à la maison, une opération de stricte parité. Pas de cunni, pas de pipe ! A prendre ou à laisser.

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