Dakota Johnson et Jamie Dornan dans Fifty Shades Of Grey

Sexologie

“Dirty talk“ : ce que se disent vraiment les couples au lit

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Publié le Mardi 23 Janvier 2018

Du plus classique au plus hard, le "dirty talk" nourrit bien des fantasmes. Entre petits mots d’encouragements et insultes sauvagement proférées, on a demandé à de vrais couples ce qu’ils se disaient réellement pendant le sexe.

Hey, tu pratiques le dirty talk ?“ À cette question, nombre des personnes interrogées nous ont répondu : “Euh… pas vraiment“. Et pour cause, il y a du tabou dans le terme “dirty talk“, quelque chose de l’ordre du clandestin, de la résistance. Mais lorsqu’on leur a expliqué qu’il n’y avait pas besoin d’accepter de se faire traiter de “grosse salope“ pour être de la partie et qu’un simple “oh oui je te sens venir !“ était aussi du “dirty talk, les langues se sont déliées. Quasi unanimement, elles ont rectifié : “Ah bah évidemment que je le fais“. Que se disent les couples pendant qu’ils font l’amour ? Quel est leur rapport au langage pendant le sexe ? Assument-ils ? Ils nous ont raconté les mots qui font grimper la température.

Damien, 38 ans : “Elle s’est mise à pleurer, j’ai su que j’étais allé trop loin“

Avec ma copine, on forme un couple plutôt classique. Nous avons mis du temps à nous apprivoiser sexuellement. Petit à petit, on a commencé à se parler, c’était un peu gauche, on se sentait obligés de se demander l’autorisation à chaque fois. On a commencé soft, avec des “Oh oui !“ et “Encore !“. Puis on s’est lâchés. Je lui disais, “Tu me sens hein“, “Tu sens comme je suis dur“. Je sentais qu’elle était plus excitée à l’idée de m’entendre que de dire des choses elle-même, alors j’y suis allé franchement. Et j’ai un peu dérapé. Un jour, nous faisions l’amour si intensément que j’ai complètement perdu les pédales. Je lui ai dit de façon sûrement trop violente “T’aimes ça grosse chienne !“. Elle s’est mise à pleurer, j’ai su que j’étais allé trop loin. Depuis, le sujet est un peu tabou et nous revenons à des choses plus basiques, le temps que l’orage passe.

Adeline, 29 ans : “Si l’on se disait des choses trop hard, j’aurais l’impression d’être un coup d’histoire d’un soir“.

Je ne suis pas une grande fan du “dirty talk“. J’aime faire l’amour sauvagement, parfois violemment mais le langage ne suit pas forcément. Ce côté “dirty“ passe plus par le toucher que par les mots. Qu’il s’agisse de parler ou de l’entendre, si l’on se disait des choses trop hard, j’aurais l’impression d’être une histoire d’un soir. J’ai encore du mal à y voir de l’amour et du respect. Mais je m’y essaie. Mon “dirty talk“ à moi, ce sont des paroles assez directes, qui vont à l’essentiel, quasi des ordres. Du plus pragmatique : “Accélère, appuie plus“ au plus encourageant : “C’est bon quand c’est serré comme ça“, “Tellement bon de te sentir si proche“ ou “Vas-y, fini dans ma bouche“. Le mot “putain“ est aussi très récurent. Cela ne fait pas très longtemps que nous sommes en couple avec mon mec mais quand je serai plus en confiance, j’irai sans doute plus loin.

Laura, 30 ans : “J’aimerais qu’il aille encore plus loin, qu’il se laisse totalement aller, mais il a toujours peur de franchir la limite du porno"

J’ai un rapport assez égoïste au "dirty talk". J’aime entendre mon mec me parler mais j’ai du mal à sauter le pas, j’ai toujours peur qu’il ait l’impression que j’en fais trop, que je joue un rôle. Mais dans ce que j’aime entendre, il n’y a pas de limite, et tout me fait de l’effet, à part le terme “salope“, mais il ne l’emploie jamais. Un simple “oh oui“ me donne un frisson, fait que mon vagin se contracte, que je suis beaucoup plus excitée. Pareil pour “Je vais jouir ! Je vais jouir si fort !“. Moi, j’essaie de répliquer avec des “plus profond“ ou “Prends moi plus fort“, “Baise-moi“ parfois, mais ça n’est pas très naturel. J’aimerais qu’il aille encore plus loin, qu’il se laisse totalement aller, mais il a toujours peur de franchir la limite du porno. Alors que je ne demande que ça.

Medhi, 32 ans : “Si je me force et que ça sonne faux, je peux éclater de rire au moment même où je le dis“

À bon usage, ça transcende mon plaisir. Je suis persuadé que les hommes aussi jouissent par l’oreille. Mais tout est question de timing et de tonalité. Il faut que ce soit adéquat, dans le rythme. Une même remarque peut me faire partir en deux secondes comme je peux être refroidi direct. D’une manière générale, ce qui m’émousse, c’est l’attente, l’imagination, les soupirs, les râles. Ça peut m’exciter sans même l’avoir touchée. J’aime entendre “Baise-moi bien profond“, “Éjacule-moi dessus“ ou “C’est fantastique, mets- là moi bien profonde“. Mais il faut toujours que ce soit naturel. Si je sens que c’est joué, que c’est trop incisif a un moment inopportun ou trop vulgaire, ça passe rarement. D’ailleurs, c’est pareil pour moi, je peux dire “J’adore ton cul“, “J’adore ce que je te fais“ ou “Si tu pouvais voir ce que je vois !“. Mais si je me force et que ça sonne faux, je peux éclater de rire au moment même où je le dis.

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Félicie, 26 ans : “On a sauté le pas sur le mode des questions-réponses“

Je n’ai jamais été une pro du “dirty talk“ car j’ai toujours peur qu’en face, ça ne réponde pas, et d’avoir l’air bête. Alors un jour j’en ai parlé à mon mec pour savoir ce qu’il en pensait. Il était exactement dans la même position que moi. Mais on était d’accord pour dire que ça pourrait être excitant de se parler plus (nos rapports étaient assez silencieux). Du coup, on a sauté le pas sur le mode des questions réponses, plus facile pour nous. Je lui demande “Tu aimes ce que je te fais ?“ et il fait un effort pour répondre, dire ce qu’il ressent. Après, on va plus loin : “Tu as envie que je te prenne par derrière ?“, “Tu sens comme mes seins sont durs ?“ ou “Dis-moi encore combien tu aimes ça“. Maintenant on est plus décomplexés.

Tristan, 27 ans : “Je fais un peu du 'dirty talk' thérapeutique“

Dans la vie, je suis assez soumis. Je dis oui à tout, je veux que ma copine se sente comme une princesse, parfois je suis vraiment un paillasson. Ça déséquilibre un peu mes relations. Mais au lit, je pars dans l’excès inverse, je me lâche, comme si je compensais. J’ai besoin d’être rassuré, de sentir que ma copine me prend au sérieux, qu’elle ne me voit pas juste comme un gros nounours. Je fais un peu du “dirty talk“ thérapeutique. Du coup, mes mots peuvent être forts, je vais lui dire “Tu la sens ?“ ou “Tu aimes ça hein !“. C’est parfois assez animal. Avec certaines ex, ça ne passait pas du tout, mais aujourd’hui ma copine me connaît bien et a compris comment je fonctionnais. Donc elle me donne la réplique facilement.

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Lou, 30 ans : “Parfois on se fait une session ‘Actors Studio’

“Avec mon mec, on n’est pas des adeptes du “dirty talk“ au quotidien. Mais parfois on se fait une session “Actors Studio“. On le voit comme un exercice. La règle c’est “Pars en roue libre, je ne jugerai pas“. Donc on sait qu’on a vraiment le droit à tout. C’est comme un jeux de rôles, on s’invente des personnages, et on y met des dialogues parfois très crus. Au début, c’était ridicule mais on a persévéré car on savait que ça pouvait pimper notre vie sexuelle. Maintenant on fait ça a peu près une fois par mois et plus on avance plus on se prend au jeu, quitte à vraiment jouer aux acteurs porno. C’est terriblement excitant et ça nous soude en tant que couple. On sait que dans ces moments là, il n’y a pas de limite, que tout est permis. Ça ne correspond pas toujours à nos meilleurs parties de jambes ne l’air, mais c’est super divertissant.


Dakota Johnson et Jamie Dornan dans Fifty Shades Of Grey © Universal Pictures International France

Elia Manuzio

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