Couple : faut-il briser le tabou de la baisse du désir sexuel ? Couple : faut-il briser le tabou de la baisse du désir sexuel ?

Sexologie

Couple : faut-il briser le tabou de la baisse du désir ? par Elia Manuzio

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Publié le Mardi 11 Décembre 2018

Près de 500 000 personnes poussent chaque année la porte du cabinet d’un sexologue (selon l’Institut français de sexologie). Premier motif de consultation, souvent trop tardive : la baisse du désir sexuel. Pour le bien être de votre couple et de votre porte-monnaie, n’attendez pas pour crever l’abcès.

Vous êtes en couple depuis plusieurs années et votre libido est en chute libre ? Le temps est en cause, mais pas que : "La durée de la relation joue mais ce n’est pas le seul facteur, estime Claire Alquier, sexologue et thérapeute de couple. Le désir est aussi affecté par le quotidien : l’arrivée d’un enfant qui peut perturber l’équilibre à deux, un deuil, un stress professionnel ou un changement de vie." "En consultation, les couples estiment que la case à cocher, c’est un rapport sexuel deux fois par semaine, pour s’inscrire dans la 'norme'" poursuit-elle.
Pas franchement l’Everest. Mais deux fois par semaine en deux-minutes-douche-comprise, sans passion ni parfois véritable consentement mutuel, on frôle le vice de forme, non ? Peu importe, on s’entête à "cocher la case" du socialement acceptable. Pourquoi ? Parce qu’on confond trop souvent désir amoureux et désir sexuel, selon Claire Alquier : "Socialement, il faut qu’il y ait du désir dans un couple, on l’associe toujours à la santé d’une relation. Admettre qu’on a une baisse du désir c’est admettre que le couple va mal. Ça n’est pas forcément vrai. Peu importe la fréquence des rapports, ce qui compte c’est qu’il y ait des moments de rencontre, où le rapport n’est subi par aucun des deux partenaires."

Dans l’imaginaire collectif, c’est bien entendu la femme qui, dans le cas d’une relation hétérosexuelle, subirait la ferveur sexuelle inaltérée de son partenaire. C’est encore faux, insiste Claire Alquier : "J’aimerais qu’on sorte de cette dichotomie. Le désir circule, évolue, il est souple, qu’on soit homme ou femme. D’autant que la baisse de désir n’est pas forcément dirigée vers l’autre, on peut avoir moins de désir pour soi-même, quel que soit son genre."
Mais homme ou femme, faut-il vraiment verbaliser que notre libido n’est plus au beau fixe, au risque d’instaurer un climat pesant au moment de passer du salon à la chambre ? Oui, répond Claire Alquier, mais pas n’importe comment : "Il faut être précautionneux et élargir sa définition du désir pour que l’un ne se sente pas responsable du désir de l’autre, dire 'Je ressens moins de désir sexuel, je ne ressens pas moins de désir pour toi'". Ensuite, on ne s’arrête pas là, on développe 'qu’est ce que ça veut dire pour moi ?', 'penses-tu qu’il y ait une solution ?'. Il faut choisir des mots audibles pour l’autre et ouvrir la discussion pour élaborer des solutions pratiques et concrètes".


En sous texte, cela veut dire aussi choisir ses mots. Verbaliser c’est bien, blesser, c’est mal. On évitera donc les "Tu te laisses aller", "Tu es moins désirable", meilleure façon de perdre la confiance de l’autre. En revanche, "J’ai un boulot prenant, je préfère me reposer" n’a rien d’une excuse bidon et est une raison plus que valable quand elle est énoncée. Votre partenaire peut parfaitement le comprendre. Claire Alquier insiste, la clé, c’est d’accepter le caractère fluctuant du désir sexuel : "Le rapport au désir doit être plus serein. Apprendre à dire oui ou non en fonction de son propre désir, c’est capital, cela veut dire qu’on accepte la circulation du désir et qu’on l’écoute. C’est ce qu’il faut chérir et privilégier dans une relation."

 

 

 

 

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