Contraception masculine : alors, c’est pour quand ? Contraception masculine : alors, c’est pour quand ?

Sexologie

Contraception masculine : alors, c’est pour quand ? par Lucile Quillet

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Publié le Mercredi 26 Septembre 2018

C’est injuste, mais en France, la contraception masculine reste sous-développée à cause de facteurs scientifiques mais surtout culturels... Explications.

#1 "Elles l’ont voulu, elles se débrouillent !"

La contraception n’a pas été de tout temps un "truc de femmes". Jusque dans les années 70, les hommes étaient largement impliqués puisque la méthode du retrait était la plus utilisée. "Il y avait cette idée qu’un homme qui incarne correctement la masculinité était celui qui savait 'sortir à temps' et ne pas faire trop d’enfants à sa femme", explique la doctorante en sociologie de la contraception, Cécile Thomé, co-auteure d’une étude parue en septembre sur le travail contraceptif invisibilisé des femmes*. À partir du moment où la contraception est devenue un symbole des droits des femmes, ces dernières ont été d’office les seules à gérer cette charge mentale et financière. Comme si émancipation féminine et déresponsabilisation masculine fonctionnaient en vases communicants.

#2 La recherche s’est concentrée sur les femmes

Pourquoi la pilule masculine semble-t-elle vouée au statut de mythe ? Au moment de répondre à l’urgence sociale de la contraception, "les connaissances médicales de l’appareil reproductif féminin étaient plus avancées, rappelle Mylène Rouzaud-Cornabas, doctorante en sociologie et co-auteure de l’étude précédemment citée. Les hormones nécessaires à la fabrication des pilules étaient accessibles en plus grand nombre pour une production industrielle." Alors que les implants, patchs, stérilets sont venus étoffer la gamme féminine, pourquoi personne ne s’est trop préoccupé d’une solution masculine ? "Un certain nombre de développements n’ont pas eu cours parce que les effets sur la libido ont été une raison suffisante à l’arrêt des essais, ce qui n’a pas été le cas pour les méthodes féminines."

#3 La France a la phobie de la vasectomie

La France a l’un des taux de vasectomie les plus bas des pays occidentaux (0,8%) contre 22% au Canada, 21% au Royaume-Uni, 13,8% en Suisse, autour de 8% pour l’Allemagne, l’Espagne et la Belgique, selon les chiffres de l’ONU. Autrefois considéré comme une mutilation génitale, elle n’a obtenu chez nous de cadre légal qu’en 2001 et reste peu préconisée. "La France est marquée par une vision nataliste de la régulation des naissance. Encore aujourd’hui, les pouvoirs publics communiquent peu sur les méthodes définitives comme la vasectomie", assure Mylène Rouzaud-Cornabas. Environ 67% des gynécologues et 92% des médecins généralistes déclarent la proposer “rarement” ou “jamais” à leurs patients, selon une étude publiée en 2017*.

#4 Les autres méthodes boudées

Pourtant, d’autres méthodes existent, comme les injections hormonales hebdomadaires ou encore le fameux slip chauffant, qui consiste à contenir les testicules pour augmenter leur température et baisser la concentration de spermatozoïdes. "Si les hommes, les médecins, les pouvoirs publics en acceptent l’idée et la mise en pratique, la contraception masculine peut être utilisée dès aujourd’hui en alternance avec la contraception féminine et permet le partage des responsabilités et des risques", précise sur son site l’Ardecom (Association pour la recherche et le développement de la contraception masculine). Elle travaille depuis un an désormais avec le Planning Familial pour des séances de sensibilisation. On y croit.

*"Comment ne pas faire d’enfants ? La contraception, un travail féminin invisibilisé", de Mylène Rouzaud-Cornabas et Cécile Thomé, 2018.
*"Des experts aux logiques profanes : les prescripteurs de contraception en France", d’Alexandra Roux, avec Cécile Ventola et Nathalie Bajos, 2017

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