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Sexologie

5 clichés sur les travailleuses du sexe

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Publié le Mercredi 25 Juillet 2018

Entre fantasmes et idées reçues, la réalité des travailleuses du sexe est parfois difficile à comprendre. On fait le point, parce qu’il est urgent de déconstruire certains clichés.

#1 Elles sont dans la rue

Le “travail du sexe“ désigne toutes les activités où une prestation sexuelle est tarifée. Cela ne concerne donc pas uniquement les prostituées. Les actrices porno sont aussi des travailleuses du sexe, et vous les trouverez par définition plutôt derrière un écran que dans le bois de Boulogne. Même erreur concernant la prostitution : selon l’étude ProstCost menée par le Mouvement du Nid et la société Psytel (2015), il y aurait 37 000 prostituées en France, dont 62% sur Internet, 30% dans la rue et 8% dans des bars ou salons de massages.

#2 Elles optent pour la facilité

C’est de l’argent facile“ entend-on souvent. “Si c’était si difficile, elles arrêteraient“ osent certains. A Paris, le prix d’appel d’une passe est d’environ 20 euros. Pas besoin d’avoir fait Polytechnique pour se rendre compte que les prostituées ne roulent pas sur l’or et que leurs talons de 12 ne sont pas ornés de diamants. Quant au manque de volonté dont on les accuse, sachez que la réinsertion n’est pas aisée quand on a passé plusieurs années à vendre son corps. Les prostituées qui décrochent luttent chaque jour pour ne pas replonger et son victime de toutes les discriminations possibles et imaginables, un peu comme si elles sortaient de prison.


#3 Elles se prostituent par choix

Les “tradis“, qui revendiquent un pratique indépendante et choisie de la prostitution, et qui sont pour la plupart françaises, représentent environ 20% des femmes qui proposent des rapports tarifés (dans les années 90, elles représentaient 80% de la profession). Elles sont aussi les plus médiatisées, ce qui fausse la perception que le grand public a du “profil“ des prostituées. Les 80% restantes seraient étrangères et contraintes par des réseaux de proxénétisme selon une étude ProSanté (2011).

#4 Elles n’ont pas l’air malheureuses

Effectivement, lorsqu’on suit les manifestations de travailleuses du sexe – comme celles qui ont suivi le vote de la loi de pénalisation des clients (avril 2016) – les femmes concernées semblent tout à fait épanouies. Certaines le sont. Mais avant de se prostituer, beaucoup ont souffert de violences et d’abus sexuels, leurs corps ont déjà été meurtris. Et les violences physiques et psychologiques continuent dans l’exercice de la prostitution. A ProSanté, elles ont déclaré 7 fois plus de pensées suicidaires et une consommation de médicaments 4,5 fois supérieure à la moyenne nationale. Résultat, chez les prostituées, le taux de suicide est douze fois supérieur à celui du reste de la population.

#5 Elles sont protégées par la loi

C’est encore faux même si des efforts sont fait pour prendre en compte les réalités de la vie des travailleuses du sexe en matière de santé, de conditions d’exercice, et de violences. Mais elles sont parfois les premières victimes des lois censées les protéger. Si on peut se féliciter que certaines aient maintenant accès à une mutuelle, beaucoup dénoncent la loi de pénalisation des clients. Depuis sa mise en place, ces derniers sont moins nombreux et dans un nouveau rapport de force puisque ce sont eux qui “prennent le risque“. Certains n’hésitent plus à demander des rapports non protégés que sont parfois contraintes d’accepter les femmes de peur de perdre leur clientèle….

 

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