Santé : La campagne de prévention très gênante pour le port du préservatif Santé : La campagne de prévention très gênante pour le port du préservatif

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Santé : la campagne de prévention très gênante pour le port du préservatif par Anne Lods

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Publié le Lundi 13 Août 2018

Santé Publique France a lancé une campagne destinée aux jeunes afin de les encourager à utiliser un préservatif. Pourtant, elle nous met très mal à l'aise et pour multiples raisons. On la décrypte point par point.

"Pourquoi il faut toujours avoir un préservatif sur toi". C'est la campagne de prévention de Santé Publique France pour lutter contre la hausse des maladies sexuellement transmissibles en France. Elle est diffusée sur le réseau social Snapchat depuis le 18 juillet via le site Onsexprime.fr. L'idée était plutôt bonne à l’origine. Elle s’adressait aux jeunes, qui sont, d'après une récente étude, les premiers concernés par ces maladies. Mais pourtant, la campagne de prévention fait un tollé monumental. Sexiste, moralisateur et même dégradant, l’organisme a tout faux et dresse un portrait extrêmement stéréotypé du jeune d’aujourd’hui. On reprend avec vous les sept phrases choquantes à travers lesquelles le gouvernement a voulu interpeller les plus jeunes.


"#1 Parce que ça t’évitera d’envoyer un sms du genre 'Salut, en fait tu prends la pilule ?'"
Cliché numéro 1. Le "jeune" sait communiquer et ne demandera pas à sa partenaire par SMS, en plus en commençant par "Salut", si elle prend la pilule. Puis, coucher en étant jeune ne signifie pas forcément que l’on est dans une relation basée sur des échanges essentiellement virtuels. Entre 14 et 20 ans, on sait discuter ensemble autour d’un café, sur un canapé ou même dans un bus. En plus de faire passer les jeunes hommes pour des gros relous un peu lâches, cet encart abaisse la génération au rang d’aliénés du téléphone. Fail.

"#2 Parce que ça t’évitera de faire la queue à la pharmacie pour acheter un test de grossesse" 
Le "jeune" est flemmard et ne prendrait pas le risque de faire la queue à la pharmacie. Surtout si, en plus, il se fait juger par les pharmaciens et les autres clients. C’est peut-être pour cette raison qu’il n’avait d’ailleurs pas de préservatifs en temps voulu. Bien sûr. Tout le monde sait que c’est en vente dans les moyennes et grandes surfaces, même les moins aguerris. Et si c’est honteux pour certains d’acheter des préservatifs, c’est parce qu’il existe une campagne comme celle-ci qui rend l’activité humiliante.

"#3 Parce que ça t’évitera d’annoncer à l’infirmière/le médecin que tu as eu un rapport non protégé"
C’est certainement l’encart qui a le plus choqué les internautes, car en plus d’être monstrueusement sexiste, il est moralisateur et culpabilisant. Il existe des infirmiers hommes comme il existe des médecins femmes. De plus, il n’y a aucune honte à avoir de dire à un personnel soignant que l’on a peur d’être malade, ou que l’on veut se faire soigner, c’est la raison d’être de son métier. Jamais il n’aura un regard jugeant sur un patient. Pourquoi penser, encore, que le jeune se sent humilié ? Si c’est le cas, c’est peut-être parce qu’il manque d’éducation sexuelle, et qu’on lui a mal expliqué… On dit ça, on dit rien.



"#4 Parce que ça t’évitera d’attendre deux mois en stressant pour les résultats d’un dépistage IST"
Il faut trois jours pour avoir les résultats d’un dépistage. On conseille d’attendre trois mois après le rapport à risque, pour faire un test et obtenir un résultat définitif du dépistage du VIH. Uniquement du VIH. Le message induit en erreur le jeune qui peut se sentir encore plus découragé d’aller se faire dépister parce que le temps d’attente est trop long. De plus, certaines MST se déclarent dans la semaine après le rapport et on s’en rend très rapidement compte... La durée de "deux mois" ne correspond à rien.

"#5 Parce que ça t’évitera une rupture pour des motifs franchement gênants"
Vraiment ? C’est un argument ?



"#6 Parce que ça t’évitera de dire à tes parents qu’ils vont être grands-parents très jeunes" 
Il existe toujours la possibilité de l’avortement si l’on considère que nous ne sommes pas prêts à être parent après un accident. Et si l'on cherche à cibler le danger d'être enceinte après un rapport non-protégé, c'est bien dommage de ne pas parler des autres moyens de contraception. Le préservatif est le seul à protéger des IST. Il est là le message qu'il faudrait véhiculer. Comme pour le point #2, ils se sont perdus dans leurs encarts.

"#7 Parce que tu pourras dépanner une pote qui va conclure"
C’est bien la seule carte sur laquelle un effort (infime) a été fait. Il rappelle un point essentiel : les filles aussi doivent avoir des préservatifs sur elles. Ce n’est pas que la responsabilité des garçons. Par contre, le terme "conclure" ne s’utilise plus depuis le film Les Bronzés font du ski, qui est sorti en 1979.

Contactée par Franceinfo, Santé Publique France a annoncé apporter un changement à la formulation de la carte n°3, se disant "sensible à la question de la représentation des rôles de genre". Et le reste alors ?

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