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A cause du porno, plus d’un tiers des femmes subissent des violences non-consenties pendant l’amour par Anne Lods

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Publié le Mardi 3 Décembre 2019

Selon une étude menée par la BBC, plus d’un tiers des femmes auraient subi des violences non-consenties telles que des crachats ou des bâillonnements pendant l’amour. La faute au porno violent qui est trop souvent vu comme une norme.

C’est bien connu : le porno donne une très mauvaise image du sexe. Sexes épilés et luisants, de tailles disproportionnées, scénarii impossibles, positions irréalisables, il y a aussi et surtout de la place pour la misogynie et la violence dans les films X. Tant et si bien que certaines personnes en ont fait une norme, convaincues que tirer les cheveux ou étrangler sa partenaire sans son consentement fait partie du folklore. Breaking news : non, jamais ! 
Selon une étude menée par la BBC par la société d'études Savanta ComRes, plus d’un tiers des femmes - britanniques - âgées de 18 à 39 ans auraient déjà subi des violences non-consenties pendant l’amour. Parmi elles : gifles, étouffements, bâillonnements ou crachats. 38% d’entre elles ont déclaré que cela s’était fait contre leur gré au moins un moment, 31% reconnaissent quant à elles n’y avoir jamais consenti. Enfin, 31% des sondées ont déclaré qu’elles n’avaient aucune expérience, qu’elles ne savaient pas ou ne préféraient pas répondre. En tout, seulement 20% de ces femmes ont déclaré avoir été bouleversées ou avoir eu peur… Glaçant de constater que les violences sexuelles ont été banalisées par le porno.

Et c’est justement ce que regrette le Centre for Women’s Justice, qui a déclaré à la BBC que ces chiffres témoignaient de la "pression croissante sur les jeunes femmes pour qu’elles consentent à des actes violents, dangereux et dégrandants". Mais également que cela était dû "à la disponibilité, à la banalisation et à l’utilisation généralisée de la pornographie extrême." La directrice de Women’s Aid, Adina Claire, a quant à elle regretté de voir que les femmes subissent des violences sexuelles de la part de partenaires avec qui elles ont consenti, à la base, de coucher. Faire un retour arrière et refuser une pratique les soumettrait ensuite à un sentiment d’humiliation ou encore même à la peur. 

"C’est une épidémie silencieuse, alerte Steven Pope, psychothérapeute spécialisé dans le sexe et les relations à la BBC. Les gens le font parce qu'ils pensent que c'est normal, mais c’est très nocif. Ce que nous voyons, c'est que (…) dans le pire des cas, la violence devient acceptable.
Ces violences peuvent devenir des traumatismes pour les victimes qui n’en ont malheureusement pas toujours conscience immédiatement. 
"J'entends régulièrement parler de femmes qui ont été étouffées, giflées, agressées verbalement et frappées par des hommes avec qui elles avaient des rapports sexuels consensuels ou sur lesquelles on a craché, constate Fiona McKenzie, responsable d’une campagne pour le consentement, à la BBC. Dans bien des cas, les femmes n'ont pas été capables au départ de reconnaître qu'il s'agissait d'une agression traumatisante."

Point consentement : le consentement se demande pour tout. Ce qui est pratiqué par la force et contre son gré est une agression sexuelle. "Oui" signifie "oui" et "non" signifie "non". Nous vous invitons à consulter cet article pour en savoir davantage sur le consentement. 

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