Comment (vraiment) aider un.e ami.e qui traverse une rupture amoureuse ? Comment (vraiment) aider un.e ami.e qui traverse une rupture amoureuse ?

Love etc.

Comment (vraiment) aider un.e ami.e qui traverse une rupture amoureuse ? par Elia Manuzio

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de visiteur Icône utilisée pour page visite

PLUS LUS

Icône de montre Icône utilisée pour voir le temps de lecture de ce contenu

Temps de lecture

3 minutes

Publié le Mercredi 18 Septembre 2019

Le raz-de-marée provoqué par une rupture amoureuse est souvent sous-évalué. Pourtant, selon la philosophe Claire Marin, auteure de "Rupture(s)" (éd. de L’observatoire), c’est un "cataclysme" intérieur. Comment aider les autres à faire face ?

#1 Prendre le traumatisme au sérieux
Face au caractère définitif et irréparable de la mort, la rupture amoureuse fait parfois figure de deuil en carton. La souffrance physique est elle aussi invisible (le sentiment que le cœur se brise, la perte d’appétit, de sommeil). "On pense souvent de celui qui perd pied qu’il se complet dans la douleur, note Claire Marin, on a du mal à voir à quel point une rupture peut-être aussi violente qu’un deuil en réalité car on fait bien le deuil de la relation". Mieux vaut alors éviter les phrases toutes faites ("Un de perdu, dix de retrouvés !"). Dans un premier temps, c’est inaudible pour une personne malheureuse. Claire Marin conseille de reconnaître la souffrance plutôt que de minimiser l’expérience : "Il faut être dans une forme d’accueil de la souffrance, détaille-t-elle. Laisser de la place à un discours où ce chagrin et cette douleur s’expriment est la première générosité qu’il faut avoir".

#2 Booster son estime de lui/elle-même
Si Claire Marin parle de "cataclysme intérieur", c’est parce qu’à la douleur d’avoir perdu la personne qu’on aime s’ajoute parfois une forte crise identitaire: "Ce qui est en jeu, c’est aussi le sujet quitté, qui ne sait plus qui il est. Il peut avoir l’impression qu’il n’est plus personne, plus rien, en dehors de sa relation." S’il serait bien inutile de tenter de faire revenir celui ou celle qui est parti.e, on peut en revanche aider son ami.e à reprendre conscience de sa valeur en tant que personne, en dehors du couple. "On peut lui rappeler qu’elle est appréciée dans son travail, poursuit Claire Marin, de ses enfants, qu’elle est un.une bon.ne ami.e, la consolider dans tout ce qui a été fragilisé pour qu’elle ne conserve pas cette image dévalorisante renvoyée par le rupture".


#3 Anticiper les moments douloureux
Un week-end entre copains d’où votre ami.e va être évincé.e à cause de la rupture ? Une soirée où il/elle risque de recroiser son ex ? Dans un deuxième temps, Claire Marin préconise de l’aider à faire ce qui est difficile (sortir, par exemple) mais aussi d’anticiper : "Un bon ami est quelqu’un qui devance ces moments de solitude, comme par exemple le premier Noël sans enfants, et propose des choses, demande des nouvelles régulièrement, est vraiment disponible au téléphone etc."

#4 Transmettre du positif
Bien entendu, il est préférable d’attendre que la rupture soit digérée avant de se lancer dans une litanie de tout ce qu’on peut gagner à être seul. Mais Claire Marin explique qu’une rupture peut libérer de certains schémas : "Il n’est pas rare qu’il y ait une redéfinition de ce qu’on veut faire professionnellement, qu’on change son lieu de vie, que d’autres ruptures s’enchainent. Elles peuvent créer une nouvelle forme de sociabilité, changer la manière dont on s’investit affectivement, permettre au sujet de vivre les relations avec plus de légèreté".


#5 Se méfier d’une guérison trop rapide

Quand la douleur n’a pas d’espace pour s’exprimer ou que l’orgueil empêche le processus de deuil (« Je vais bien, ne t’en fais pas »), pour Claire Marin, c’est une bombe à retardement : « Le risque, c’est qu’un autre accident de la vie réveille cette blessure plus tard ». Quoiqu’il en soit, il faut pousser à parler, écrire ou utiliser toute forme d’expression qui permet de déposer sa souffrance poursuit-elle : « Un psy conseillait d’écrire des lettres pour exprimer son chagrin et sa colère sans les envoyer. Il y a une forme de soulagement dans le fait de confier son chagrin ».

Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu
Icône de voter Icône utilisée pour voir valoriser le contenu

* champs obligatoires