Comment se remettre d’un chagrin d’amitié ? Comment se remettre d’un chagrin d’amitié ?

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Comment se remettre d’un chagrin d’amitié ? par Anne Lods

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Publié le Lundi 26 Août 2019

Le temps passe et les amis avec. Parfois la rupture fait mal, autant qu’un chagrin d’amour. On a donc interrogé Marion Blique, psychothérapeute, pour nous aider à passer le cap du chagrin d’amitié.

On avait pensé écrire un article avec cinq astuces pour passer au-delà d’un chagrin d’amitié. On était presque prêtes à vous dire de mettre une photo de la personne concernée au congélateur pour rompre le sort (ça peut marcher, mais ça fera l’objet d’un autre article). Puis, au cours de nos recherches, nous sommes tombés sur le travail de Marion Blique, psychothérapeute et auteure de J’arrête les relations toxiquesaux éditions Eyrolles. On l’a contactée puis interviewée et tout notre plan est tombé à l’eau, car ses conseils valent tous les congélateurs du monde.

"Il n’y a pas de différence entre une amitié et un amour, nous explique-t-elle tout d’abord. D’ailleurs, souvent, on a des amitiés qui peuvent perdurer à des relations de couple. Elles sont les piliers de nos vies et nos amis sont nos frères et soeurs. Lorsqu’on les perd, on a cette sensation de perdre des témoins de notre histoire, de voir disparaître ceux qui nous ont connu enfant ou adolescent." Face à cette description, rien d’étonnant donc, à comprendre pourquoi la rupture amicale est douloureuse : on perd un morceau de soi et il faut faire le deuil.
Un processus d’autant plus compliqué aujourd’hui, lorsque toutes les relations sont affichées et officialisées sur les réseaux sociaux. "A l’heure d’Internet, le sens de la communauté et du social est très différent, poursuit la spécialiste. Tout est sur les réseaux sociaux, on est en contact jour et nuit avec le groupe. Ainsi, dès qu’il y a dispute, il y a une dimension de honte et d’exclusion liées à cette omniscience." De fait, comme il n’existe plus de conflit privé, l’ancien ami (ou nous-même) entre dans la sphère d’exclusion. Rien de plus douloureux, selon Marion Blique, alors que nous sommes des animaux qui vivent en tribu. Un aspect particulier qui rendrait donc la rupture plus difficile au 21e siècle qu’auparavant. Le monde change et aurait un impact sur les relations entre les individus, qui n’auraient finalement pas tous les mêmes capacités d’adaptation.

Laisser respirer l'autre

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On n’autorise pas les gens à être eux-mêmes.

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Car l’on changerait aussi vite que le monde évolue et c’est ce mouvement naturel que l’humain aurait du mal à accepter, causant la majorité des ruptures amicales. "On aime les gens conditionnellement, détaille la thérapeute. On les aime parce qu’ils sont toujours disponibles pour une sortie, parce qu'ils aiment faire la fête … Et dès que ça change, on prend ça pour une trahison. On n’autorise pas les gens à être eux-mêmes." Et on n'autoriserait surtout pas l'autre à changer. Pourtant, en fonction de l'âge que l'on a, notre vie évolue et nos centres d'intérêts aussi. Il suffit d'un mariage, d'un nouveau-né ou d'un changement professionnel pour bouleverser les habitudes ancrées d'une amitié.
Le secret pour que ces évènements ne menacent pas ses relations ? Pratiquer la technique de l’accordéon. Elle consiste à accepter que l’on peut s’éloigner de quelqu’un pendant un moment, avant de se rapprocher de nouveau. "Les amitiés qui permettent cela sont rares, nous explique-t-elle. Dans les longues relations, on disparaît et on réapparaît, tout comme dans les couples. La vie respire et n‘est jamais statique." Et parce que le monde n’est pas le seul à changer, il faut savoir donner la possibilité à l’autre d’évoluer. Même si l’on ne fait pas partie de son nouveau chemin, il faut autoriser ce changement. C’est lorsqu’on le refuse que l’amitié est amenée à disparaître.

Marion Blique nous rappelle également que l’être humain n’est ni tout blanc, ni tout noir. Et c’est souvent l’erreur de perception que l’on a tous, à l’issue d’une rupture. "On peut rester ami avec des ex et que ce soit sain. On a toujours envie de détester les gens avec qui l’on casse, mais ce serait plus sain de se dire que c’était chouette. On se croit toujours obligé de se dire que c’était nul, détaille la spécialiste. On a tellement l’habitude à l’école ou dans l’éducation de juger et d’étalonner si les gens sont bien ou pas. Mais comment honorer ce qui est bien, tout en se disant que ce temps n’est plus possible ?" Le remède à un chagrin d’amitié donc : l’acceptation. Et à la spécialiste de conclure : "L’ancien n’est pas forcément mauvais, c’est comme les vêtements. Il était à notre taille à un moment et plus tard, on n’a plus envie de le porter. Rompre ou partir, ça ne veut pas dire que l’on jette les gens, mais plutôt que l’on honore notre expansion."

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