"T’es bonne bébé" : la YouTubeuse Juliette Katz nous explique comment s’aimer soi-même "T’es bonne bébé" : la YouTubeuse Juliette Katz nous explique comment s’aimer soi-même

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"T’es bonne bébé" : la YouTubeuse Juliette Katz nous explique comment s’aimer soi-même par Elia Manuzio

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Publié le Mardi 18 Juin 2019

Dans son livre "T’es bonne bébé" (éd. First), Juliette Katz, auteure, YouTubeuse, actrice et chanteuse, raconte son long chemin vers l’acceptation de soi. Corps, sexualité, audace… Nous lui avons demandé comment apprendre à s’aimer un peu mieux.

A qui s’adresse votre livre ?

Aux femmes comme aux hommes qui sont en recherche, qui ont des doutes. Le but, c’est que des questions émergent, lambda ou plus profondes. En racontant des choses parfois douloureuses, j’espère amener les autres à se questionner.

Pourquoi avoir choisi de publier également des témoignages ?

Pour montrer que tout le monde doute, même les gens connus. Elodie Frégé par exemple est considérée comme une femme extrêmement belle et qui n’a pas le droit de douter d’elle. Toute sa vie on lui a dit "Mais arrête, tu as tout pour toi". On peut mettre les gens beaux sur un piédestal sur lequel eux-mêmes ne se situent pas, cela peut être source de souffrance.

Comment passe-t-on de l’acceptation de soi à l’amour de soi ?

Déjà, on grandit. J’ai 30 ans et cela fait à peine un an et demi que quelque chose s’est déclenché en moi. Mais je crois que le passage de l’acceptation à l’amour, c’est la bienveillance, être doux avec soi. Nous sommes les champions de l’auto-flagellation. Ça n’est vraiment pas évident mais il faut changer le regard que l’on a sur soi. Par exemple, apprendre à reconnaître que parfois j’ai tort m’a appris à m’aimer. Ça m’a fait du bien de ne plus avoir besoin que mon égo parle à ma place. Découvrir le féminisme m’a aussi fait me poser énormément de questions sur moi, sur ce que je voulais et ce que je ne voulais pas, je me suis ouverte.


Quel a été le rôle de la sexualité dans votre chemin vers l’acceptation ?

Mon rapport à la sexualité a été biaisé. Mon dépucelage a été un viol, cela ne fait pas longtemps que j’ai réussi à poser ce mot sur ce qui s’est passé. J’ai aussi vécu à mes dépends la sexualité de mon père que j’entendais faire l’amour avec sa copine, se masturber, regarder du porno. Pendant longtemps j’ai cru qu’il fallait faire comme dans les films pornos. Pendant des années, je répondais aux désirs des hommes et jamais aux miens. J’ai beaucoup couché car j’avais zéro estime de moi. J’étais pourtant beaucoup plus mince. J’avais la sensation que c’était une chance de dingue qu’un homme que j’estime s’intéresse à moi et je croyais qu’il tomberait amoureux si je me donnais à 10 000% au lit. Ils avaient envie de sexe et moi j’avais tellement envie de plaire que j’étais la personne parfaite pour ça.

Comment vous êtes-vous libérée sexuellement ?

J’ai couché avec beaucoup de mecs, donc j’ai testé beaucoup de choses. J’invite les gens à le faire, à essayer des choses inconnues pour voir ce qui leur convient. Un jour, j’ai rencontré un homme qui m’a fait du rentre dedans, qui ne me plaisait pas vraiment mais avec qui je sentais un truc. Nous avons fumé quelques joints et quand il m’a touchée, j’ai senti qu’il s’intéressait vraiment à mon corps, j’ai compris que je pouvais susciter un vrai désir chez quelqu’un. Il faut apprendre à s’écouter pour se libérer.

Qu’est-ce que vous diriez à la "salope du lycée" ?

Qu’elle kiffe ! "Salope du lycée", cela exprime vraiment le regard des autres, cela peut-être une forme de jalousie aussi, de projection. Si elle s’amuse et que ça lui fait du bien, qu’elle continue. Mais si elle le fait parce qu’elle veut se sentir exister dans le regard des autres, je ne pense pas que ça soit la solution.

Quelle relation entretenez-vous avec votre corps aujourd’hui ?

Je n’ai jamais été aussi grosse que maintenant et pourtant, je me sens beaucoup mieux avec ce que je suis. C’est très paradoxal car je n’aime pas ce corps-là. Mais je veux arrêter les régimes parce que ça ne marche qu’un temps. J’ai plutôt envie d’aller questionner d’abord mon mental. Je suis en paix sur beaucoup de choses, le reste est encore en cours.

Juliette Katz, T'es bonne bébé (First)

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