Le blogueur mode
Serge, blogueur mode.
A quitté Paris pour Tours (Indre-et-Loire) puis Ploemeur (Morbihan) depuis 4 ans.
Là, j'ai décidé de quitter Paris
"Il y a eu plusieurs étapes. D'abord, quand j'ai rencontré ma copine. Elle est originaire de Bretagne, moi de banlieue. Elle m'a toujours dit qu'elle voulait vivre dans une maison. Je lui ai dit que dans ce cas, je préférais la Province que la banlieue. Un jour, on lui propose un poste à Tours. Je lui ai dit : "Ca va être loin le trajet tous les jours!". Elle m'a répondu : "Parle pour toi ! On déménage". Pendant un an et demi, j'ai fait la navette Tours-Paris. Comme je travaillais à côté de Montparnasse, je mettais 1h20 porte à porte, pas beaucoup plus que certains banlieusards. Un jour, j'ai demandé un temps partiel pour réaliser un rêve : créer mon entreprise. Je travaillais comme commercial dans une agence web mais à côté j'avais créé un blog de mode. Quand on a déménagé à Tours, j'avais 100 000 lecteurs par mois. En quittant mon job pour devenir blogeur professionnel à plein temps, j'ai réussi à atteindre 270 000 lecteurs. Je m'étais donné trois ans pour voir si ça pouvait marcher : le bilan était plus que positif. Alors, on a poussé un peu plus loin : notre projet de départ, c'était : 1la mer à trois heures de Paris maximum. On s'est installé il y a six mois à Ploemeur, près de Lorient. "
J'ai adoré
"140 m2 en plein centre ville à Tours. On se dit assez rapidement qu'après ça, ça va être difficile de revenir à Paris. Pour nos enfants, c'est génial. J'ai beaucoup d'amis plus jeunes qui ne comprennent pas. Mais quand ils se retrouvent à Paris avec trois enfants dans 60m2, c'est la guerre. A Ploemeur, ma fille va goûter à la plage en rentrant de l'école. Quand il fait beau, je vais faire mon footing sur la plage après le boulot. Et puis, il n'y a plus de stress. J'ai pas été coincé dans les bouchons depuis quatre ans. Mes amis me disent "Il y a plein de trucs à faire à Paris". Mais quand je les appelle pour savoir ce qu'ils ont fait, souvent ils sont restés à la maison.
J'ai moins aimé
"Socialement. Je ne connais personne ici. C'est pas comme quand on est au collège ou à la fac. Et comme je ne travaille pas avec les gens du coin, je n'ai pas de contacts pro avec qui déjeuner non plus. Ma vie sociale, c'est quand je vais à Paris où j'ai mes amis d'enfance. Après, c'est pas une fatalité. Parfois, le week-end, je vais au bar du port et je discute avec les autres clients."
Paris et moi aujourd'hui
"Depuis l'âge de 20 ans, j'ai entretenu une histoire d'amour et de haine avec Paris. Quand on y est, on n'en peut plus. Et dès qu'on quitte cette ville, on pense qu'à y retourner. Je vais à Paris du jeudi midi au samedi soir pour travailler et j'en profite aussi pour sortir et voir mes amis. C'est que du bonheur, je me fais le petit resto que j'aime."
Alors, heureux ?
"Je ne reviendrais à Paris pour rien au monde. A Paris, tout est plus cher. La bouffe, les fringues. Pour ma maison ici, je ne rembourse que 700 euros par mois. Je gagne moins, pour dépenser moins."
©Serge