Étape n° 1 : Habitez votre fonction
Ne vous fiez pas aux mots rassurants qu'elle vous a glissés, la larme à l'œil, le jour de l'annonce : "Tu sais, tout ce qui compte pour moi, c'est qu'on soit tous ensemble". En vous nommant
demoiselle d'honneur, la mariée vous a en réalité désignée comme présidente de son jour J. Les tâches qui vous incombent : faire de son
mariage le plus beau jour de sa vie et lui offrir un
enterrement de vie de jeune fille (EVJF) mémorable. Rien que ça !
Comme un chef d'État, vous occupez un poste que tout le monde jalouse mais dont personne ne veut. Il va donc falloir 1) conquérir la confiance et le cœur de ses amies et autres collègues, sœurs, cousines que vous ne connaissez pas trop. 2) s'en faire des alliées pour ne pas se coltiner tout le boulot.
Le problème : Le modèle démocratique s'étant imposé, il y a de fortes chances pour que l'on vous propose des dizaines de débats à 20 sur des thèmes aussi vagues et variés que "plutôt pool dance ou karaoké ?" / "il y a Sophie qui fait des
trop bons cupcakes au citron, ça vous dit ?"
Notre conseil : Inspirez-vous du rôle de
François Hollande lors des primaires socialistes : un requin dans le corps tout mou d'un blobfish. Écoutez poliment, usez et abusez des smileys dans vos mails de relance, flattez les idées des unes et des autres, puis dégainez votre planning avec une mission pour chacune. Exemple : "Sophie, on compte sur tes bons petits plats pour le
pique-nique !"
A éviter : "Quand j'étais rédactrice en chef du journal du lycée, on a remporté le prix espoir de la région !" Comme
Ségolène Royal et son Poitou-Charentes, les références à vos réussites plus modestes seront peu payantes. Pas d'attitude dictatoriale non plus : on mise plus sur le "Je vous ai compris" de De Gaulle que sur sa période passage en force par référendum et son "Qui m'aime, me suive" : parfois ça ne marche pas.
©Abaca