Miss Glouglou : un blog vin au féminin

Bloggeuse de vin désormais à plein temps, Ophélie Neiman, alias Miss Glouglou, a prouvé qu'on pouvait parler des grands crus sans être forcément un vieux schnok.

Blog vin
© Manuela Susi - Manuela Susi

Avec un nom pareil, Miss GlouGlou ne pouvait être qu'une fille cool. D'ailleurs, quand on la voit pour la première fois, on a tout de suite envie de boire un verre de vin rouge avec elle. Ou de vin blanc d'ailleurs, puisqu'on la laisse avec plaisir choisir à notre place le fameux nectar. Miss GlouGlou, en fait, c'est un peu la meilleure amie de toutes celles (et ceux) qui voudraient s'y connaitre en vins mais qui ne savent toujours pas différencier un Bourgogne d'un Bordeaux. Celle qui peut nous parler d'un sujet aussi sérieux que les vignobles du sud de la vallée de la Loire tout en nous faisant marrer et qui affirme haut et fort que "le truc chouette avec le vin, c'est qu'il réconcilie tout le monde à la fin".

Avec son jean et son pull simplissimes, on comprend de toute façon assez vite que les plaisirs d'Ophélie sont loin des boutiques de vêtements. Son argent, elle préfère le dépenser pour ses soirées "dégustation" avec sa bande d'amis : "Une fois par mois, avec 5 ou 6 potes, on a l'habitude de se réunir chez l'un d'entre nous pour découvrir ou se faire découvrir de nouvelles bouteilles. Celui qui reçoit - on fait ça à tour de rôle - cuisine pour tout le monde et se charge d'acheter le vin avec le budget qu'on aura constitué à nous tous. Ca permet de déguster des vins qu'on ne pourrait pas s'offrir tout seul ou à deux et surtout de passer une soirée super sympa". En moyenne, avec 20 à 30 euros par personne, la petite bande a de quoi ouvrir 6 ou 7 bouteilles, dont certaines à 50 euros. Le plus souvent, la soirée est thématisée : "Vin blanc sec contre vin blanc moelleux", "Spécial Côtes du Rhône" ou encore "Meilleures associations de vins et de fromage". Un concept qu'on a bien envie de copier et qui pourrait changer de nos soirées tarama/pizza/whisky avec nos amis à nous, ces ados attardés et incultes des vrais plaisirs de la table.

A seulement 31 ans, on peut même déjà dire qu' Ophélie a eu plusieurs vies. Il y a à peine un an, elle n'y connaissait rien en œnologie et travaillait pour une agence de pub sur le web pour les ONG après avoir été journaliste pour France 3 et Rue89. Pas franchement destinée à devenir l'une des bloggeuses de vins les plus populaires de France, donc. Alors bien sûr, on ne comprend pas tout de suite comment elle a pu en arriver là. "Un jour, je me suis demandée ce qui me rendrait vraiment heureuse dans mon travail. Et je me suis dit qu'être payée pour parler de vin serait le luxe suprême, moi qui ai toujours adoré ça". En attendant d'en faire un vrai boulot, Ophélie décide de faire ses armes en créant un blog. Parce qu'à part les déjeuners de famille où ses parents sortaient de la cave de bons crus, elle n'a pas franchement d'expérience en la matière. Surprise : ses posts ont très vite leur petit succès auprès des internautes. Et au bout de quelques mois, c'est carrément Le Monde.fr qui vient frapper à sa porte pour rapatrier Les tribulations vinicoles de Miss GlouGlou sur sa plate-forme de blogging, tant sa vision décalée du vin amuse. Désormais, Ophélie est donc une "bloggeuse invitée", c'est à dire une bloggeuse qui touche des droits d'auteur et des revenus publicitaires.