Les pépites du débat présidentiel

Le débat ne nous aura pas déçues. Il aura été particulièrement musclé et même si on était parfois loin de certaines questions sociales, il aura le mérite d’avoir été généreux en pépites… La preuve.

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Du vieux Français
Nicolas Sarkozy : "Quel père-la-vertu vous faites !"
François Hollande : "Si vous avez le sentiment que pendant cinq ans vous avez rassemblé les Français, alors je donnerai mon quitus."
NB. "L'expression donner quitus signifie que la juridiction financière (Cour des comptes, chambre régionale des comptes) déclare que le comptable public est "quitte" de sa gestion. En d'autres termes, elle juge qu'il ne lui est rien reproché, et que, lorsque l'arrêt ou le jugement est devenu définitif, il ne peut plus rien lui être reproché pour sa gestion au titre du compte jugé." Merci Wikipedia et François Hollande pour la leçon de français.

De l'absurdité
Nicolas Sarkozy à François Hollande : "Aucun pays d’Europe n’a fait mieux !"
François Hollande à Nicolas Sarkozy : "Si, les Etats Unis."
Nicolas Sarkozy : "Le meilleur moyen de faire des économies, c’est de faire des économies."
Nicolas Sarkozy : "M. Berlusconi est berlusconiesque."
NB. Perles du débat, ces phrases ubuesques ont fusé sur Twitter et Facebook.

Des accusations
N. Sarkozy : "Vous êtes un petit calomniateur, M. Hollande."
F. Hollande : "Avec vous, c'est très simple, ce n'est jamais de votre faute."
NB. "Calomniateur", oui, ça se dit. Comme "quitus".

De l'attaque
F. Hollande : "M. Sarkozy, vous aurez du mal à passer pour une victime et pour un agneau qui vient de naître."
N. Sarkozy à F. Hollande : "Ponce Pilate ! (…) Monsieur Hollande, ne vous défaussez pas sur ce point-là." (en parlant de l'ignorance de François Hollande sur la vie privée de DSK...)
NB. De DSK à la ménagerie, les coups sont bas.

Du tac-au-tac
N. Sarkozy : "Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres."
F. Hollande : "Il y a plus de pauvres et des riches de plus en plus riches."
NB. Bonnet blanc et blanc bonnet ?

Du grand style
N. Sarkozy : "Votre normalité n'est pas à la hauteur des enjeux et de la situation. Pour postuler à cette fonction-là, je ne pense pas que le général de Gaulle, François Mitterrand, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac, Georges Pompidou, étaient à proprement parler des hommes normaux."
F. Hollande : "Moi, Président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité ; moi, Président de la République, je ne traiterai pas mon premier ministre de collaborateur ; moi, Président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fond pour mon propre parti dans un hôtel parisien ; moi, Président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet, alors que l'avis du CSM n'a pas été dans ce sens ; moi, Président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publiques ; moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire ; moi, Président de la République, j'aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l'Etat, de façon à ce que si, des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse m'expliquer, avant, enfin, de passer à des engagements positifs (…) ; moi, Président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d'hommes ; moi, Président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres qui ne pourront pas rentrer dans un conflit d'intérêt ; moi, Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local ; moi, Président de la République, je ferai un acte de décentralisation ; moi, Président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés ; moi, Président de la République, j'engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l'énergie ; moi, Président de la République, j'introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives [...] pour celles de 2017 ; moi, Président de la République, j'essaierai d'avoir de la hauteur de vue."
NB. Hollande fait une anaphore, Nicolas Sarkozy un mémo historico-social. Soit.

De l'embrouille
F. Hollande : "Mais pas du tout ! Vous n'êtes pas là pour dire ce que je sais ou ce que je ne sais pas ! Ce n'est pas vous qui posez les questions, donnez les notes dans cet exercice."
N. Sarkozy : "Monsieur Hollande, ce n'est pas le concours de la petite blague."
NB. Donnons leur un vrai ring et des gants !