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Une fille, un job : Christel DKV, organisatrice de ventes éphémères

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Christel DKV, 36 ans, a décidé qu’il était temps de faciliter la vie des filles au dressing débordant en dépoussiérant le concept du vide-dressing. Avec ses ventes éphémères, elle s’occupe de tout pour vous. Rencontre avec une fille motivée et motivante.

Peux-tu décrire ton métier ?
J'organise un événement qui s'appelle le Market Show : c'est un concept-store éphémère qui propose une offre pointue en vide-dressing de luxe et jeunes créateurs. C'est mon occupation la plus visible mais j'ai créé ma société pour y intégrer toutes les activités que j'avais envie de mener.
Je suis donc typiquement un cliché de ce qu'on appelle les "slasheurs" puisque je multiplie les activités : consulting auprès de jeunes créateurs / organisation de ventes événementielles / personal shopping.
Et il faut ajouter à cette liste les réjouissances comme le ménage, la compta…

Quel a été ton parcours pour en arriver là (tes études, tes expériences professionnelles) ?
J’ai commencé par une filière très classique, puisque j'ai fait Sciences Po, filière économie financière.
Je suis ensuite partie en Australie en stage au Consulat Français de Sydney, stage qui s'est transformé en de multiples vacations au sein des différents services tant à Sydney qu'à Melbourne. Je me suis vite rendue compte que ce milieu ne me correspondait pas et, comme souvent dans ma vie, je suis rapidement passée à autre chose.
De retour en France, j'ai travaillé dans l'audiovisuel, notamment sur la chaîne Histoire mais c'est finalement  à 30 ans que je me suis vraiment écoutée. Parce qu'au fond ce que j'aimais (et que j'aime toujours), c'est la mode : comme je ne sais pas la faire, j'ai décidé de la vendre et j'ai enfin compris que ce n'était pas un gros mot!

Comment est née l’idée de ce projet ?
Ces 3 dernières années, j'ai été la directrice commerciale du concept-store parisien Arty Dandy. Je sentais bien qu'il était en train de se passer des choses, que les habitudes d'achat des consommatrices (moi la première) étaient en train de changer. Les codes de la vente traditionnelle me semblent dépassés, c’est pourquoi j'ai voulu  revenir à la base du commerce: le plaisir, l'échange, l'expérience, les (bonnes) surprises  et surtout l'écoute des clients.
Parallèlement, je fréquentais beaucoup de filles au dressing débordant mais qui n'avaient ni le temps de vendre elles-mêmes sur les sites de vente en ligne existant et qui n'avaient pas non plus envie de passer par un dépôt-vente classique dont l'image est parfois, à juste titre ou non, un peu poussiéreuse. Ce que je leur propose, c'est un véritable service : je me déplace à leur domicile une fois leur tri réalisé, on fixe ensemble les prix de vente et je leur ramène ensuite un chèque : tout le monde est gagnant !

Quand tu étais petite tu voulais faire quoi ?
Ministre des Finances. A priori, c'est raté !

Quel a été ton premier accomplissement dans ce projet, ce qui t’a rendue fière ?
D'y arriver seule alors que même si je connaissais mes compétences (sans aucune prétention), j'ai toujours douté de mes capacités entrepreneuriales. Longtemps j'ai cru qu'on ne pouvait pas être entrepreneur si ses propres parents ne l'avaient pas été. Je savais que j'étais une très bonne "exécutante" mais je doutais d'être capable de mener seule un projet. 

As-tu connu des coups durs, qui t’ont complètement démoralisée ?
Des coups durs, pas encore,  mais des coups de mou, oui, c’est arrivé. Je suis une véritable éponge à stress alors j'absorbe la moindre  petite critique, je prends tout pour moi et c'est vrai que parfois ni les clients, ni les créateurs ne se rendent compte du boulot qu'il y a derrière l’organisation de chaque événement.
Parfois, je suis aussi frustrée de la lenteur des choses, mais heureusement, ma garde rapprochée -mon homme et mes amis-  ont été d'un soutien inconditionnel.

Quel est ton statut et pourquoi l’as-tu choisi ?
J'ai créé une Société par Actions Simplifiée (SAS) parce que je voulais être Présidente ! Plus sérieusement, c'est un choix purement social et fiscal. 

Et financièrement parlant, tu arrives à t’en sortir ?
Les ventes du Market Show et le personal shopping fonctionnent très bien, mais étant dans la première année de vie ma société, j'ai bien sûr fait le choix de ne pas me verser de salaire et de réinvestir tout ce que je dégage en bénéfice. En revanche, je suis très favorable au système du troc : par exemple, il m'arrive d'échanger du conseil à des créateurs contre des créations de jeunes designers en lesquels je crois. Et ce principe pourrait s’étendre à bien d’autres choses que des vêtements, comme des prêts de maison de vacances par exemple. D’une manière générale, j’ai envie de mettre en avant l'échange, je pense que ça correspond bien aux nouveaux codes de notre époque. Pour moi, la notion de salaire est dépassée.

Raconte-nous une journée type.
Aucune journée ne ressemble à une autre (et c'est ce que j'aime) parce que tout dépend de mon activité (conseil, vente, personnal shopping ou tâches administratives). Ce qui est sûr, c'est qu'elles commencent et se terminent toutes avec l'iPhone dans la main.

Comment envisages-tu la suite des événements ?
Tenir bon ! D'ici un an, je voudrais que le Market Show soit installé comme une vente de référence parce que mon but est de le décliner selon des thématiques précises : un Market Show Kids mais surtout, un Market Show Gay.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à une fille qui veut créer son entreprise ?
Se lancer quoi qu’il arrive. Je me faisais une montagne de trucs qui finalement ne sont que de petites étapes à franchir. Il ne faut surtout pas hésiter à poser des tonnes de questions, ne pas avoir peur d'être ridicule. Pendant six mois, j'ai harcelé les entrepreneurs que je connaissais. On n'est jamais aussi seule que lorsque l'on monte son propre projet alors c'est important de parler, parler, parler...

Tu te vois comment dans 10 ans ?
Entourée d'esclaves, si possible imberbes et très jeunes ?
Plus sérieusement, l'histoire de ma vie, c'est justement de ne pas avoir de ligne directrice, non pas que je sois opposée au principe, mais je n'y arrive pas ! Parallèlement, il est important d'être très flexible et modulable, c'est le seul moyen de saisir des opportunités. Donc dans 10 ans, franchement, je ne sais pas. On se retrouvera peut-être pour une interview ?

Retrouvez la prochaine édition du Market Show les 8 et 9 juin 2012 à la galerie OFR à Paris.

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Alicia Birr Von Engelswacht
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