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Job : je deviens chef... de mes ex collègues !

Je deviens chef... de mes ex collègues !

Avant, c'était comme des potes : le temps d'une cantoche ou d'un café de machine, on causait futures RTT ou dernière cystite, on dézinguait la boîte et même le boss. Problème : le boss, c'est nous maintenant... Comment faire ?

1) On prouve qu'on la mérite, cette promo
Une promo interne (externe aussi, remarque), comme c'est bizarre, se trouve toujours entachée de soupçonnite aiguë. Forcément, il s'est conclu un accord trouble, chelou, sous le manteau. Voire sur le canapé, avec le big boss, pour les esprits tordus. Notre priorité ? Prouver le contraire. Pas par de longs discours, mais par des actes. On est structuré, on apprend vite et bien, on tient parole. On agit. Des qualités qui devraient nous installer dans un néo rôle admis par tous.
 

2) On brave les piapias
C'est sûr, les oreilles vont siffler au début. On sait bien que l'entreprise est un petit vivarium, rempli de serpents à sornettes. Or, depuis notre promo, on est devenue la fille à abattre. Il va falloir être forte. Même quand on sent les regards pointer sur soi tels des lasers de fusil. La bonne attitude : se montrer au-dessus de ça. Indifférente, car occupée à mieux. A plus important. Non, ça ne nous affecte pas (quitte à tout « expulser » à la piscine ou au cours de boxe thaï). Les cancans devraient mourir de leur propre médiocrité.

3) On ne se justifie pas
La question que tous nos ex collègues ou quasi se posent : « Pourquoi elle, et pas moi ? » Il y a celle qui a plus d'expérience, l'autre qui se croit plus de bagout, Elle qui a de plus belles jambes, et Bidule, qui sait faire les omelettes aux ceps comme personne. Stop. Surtout, ne pas aller voir chaque « recalé » pour lui expliquer le choix. Pas de « J'ai été prise car », encore moins de « Je ne comprends pas, ça aurait dû être toi » qui attise la rancœur. Notre promo ne se discute pas.

4) On ne développe pas un complexe d'imposture
Un classique : ne pas s'estimer à sa juste place. Et du coup, mal vivre son grand bureau vitré, son parking réservé, et le nouveau chiffre en bas à droite de la fiche de paie. Acte manqué, on appuie sur le 2 de l'ascenseur, son ex étage à open space foutraque au lieu du 3... Tout est ici question de confiance en soi. Il faut parvenir à se sentir droit dans ses escarpins, ne pas s'excuser quand on ordonne, ne pas trembler pour un oui ou (surtout) un non, avec les yeux qui disent « Qu'est-ce que je fiche là ? » Ne pas sentir légitime, c'est le meilleur moyen de créer du scepticisme autour de soi.

5) On n'appuie pas sur le bouton « Rewind »
Au fond, on a envie de leur montrer, à nos ex collègues, qu'on est restée la même. Gaffeuse avec les mecs, un brin hypocondriaque, et addict aux caramels mous. Oui mais non. Il s'est créé malgré nous une distance affective. Notre rapport à eux a bougé. Il est hiérarchique, top-down, et plus horizontal. Donc on évite les familiarités remeuleumeuleu façon « Tu te rappelles quand... » et la vanne « Comme au bon vieux temps ». Car le temps a changé, quoi qu'on en pense.

6) On reste factuelle mais...
Avant, si notre voisine Caro se prenait un scud par un N+1, 2 ou X, on la consolait, kleenex à la main. Même parfois, on lâchait un « Laisse, c'est des cons ». Sauf que depuis, on est passé du côté de la Direction. Donc, des c... Moralité : vaut mieux désormais s'en tenir aux actes, sans verser dans le sensible. Attention : on a quand même le droit d'avoir un cœur (un retard justifié par une gastro d'enfer). Tant qu'on ne se sent pas manipulée au nom du bon vieux passé...

7) On est équitable
Au début, chacune de nos décisions risque d'être passée au crible. Est-ce juste ? Est-ce injuste ? Comme on connaît les gens qu'on dirige, on a à priori toutes les bonnes raisons d'être partiale, arbitraire. De privilégier elle ou lui, car par le passé... Ou de régler ses comptes maintenant qu'on a du pouvoir. Ben non. Pas de favoritisme, ni de mouton noir. Il faut égaliser ses relations. Décider sous le coup du bon sens et de l'intérêt de la boîte, et pas de l'émotion. On sait, c'est pas facile.

8) On ne vire pas « petit chef »
C'est un écueil fréquent. Basculer dans le camp des puissants, nous fait mal doser notre autorité, et voilà que l'on devient ce que poliment certains nomment les « managers de proximité » (ou casse-bonbons). Surtout avec des ex collègues, car on veut éviter à tout prix la confusion des sentiments. Mollo. Un petit chef n'a jamais fait un grand manager.

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Gaël Le Bellego
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