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Job : faut-il dévoiler son salaire à ses collègues ?

Job : faut il dévoiler son salaire à ses collègues ?

Demander le salaire d'un collègue est souvent mal vu. Briser ce tabou permet pourtant de savoir si on est payé à sa juste valeur. Une information utile alors que les inégalités de salaire hommes - femmes persistent. Et si on optait pour la transparence ?

Au hit-parade des faux pas en entreprise, dévoiler sa rémunération figure en première place. Pire parfois que d'avoir une aventure avec son N+1 ou de finir ivre morte à la soirée de Noël de la boîte. La question “Et toi, combien tu gagnes ?“ suscite le malaise, entraîne des silences gênés, voire des comportements de défiance. Rien d'étonnant, le salaire reste un sujet tabou au bureau, source de commérages, objet de tous les fantasmes. D'après une étude réalisée en février dernier par le site de recrutement Glassdoor, les deux-tiers des Français ne connaissent pas le chiffre figurant sur les bulletins de paie de leurs collègues.

Le sujet est délicat dans de nombreux pays, mais plus particulièrement dans l'Hexagone pour des raisons culturelles. “Dans la religion catholique, l'argent est associé à la luxure, au vice. A contrario, dans les pays anglo-saxons de tradition protestante, il n'y a pas de culpabilité à être riche à condition de faire bon usage de ses revenus“, explique Emilie Devienne, coach et auteure de Cigale ? Fourmi ? Les clés d'une bonne relation à l'argent (InterEditions). Sans oublier, précise-t-elle, “un contexte fiscal qui amène les gens à mentir sur leurs revenus. Vous dites à une femme qu'elle a un joli sac, et elle va vous rétorquer qu'elle l'a acheté en soldes sur Vente privée.com.“

Le pouvoir de l'information

On nous le dit et on nous le répète, parler salaire serait courir à sa perte. Au risque de voir sa tête mise à prix façon western, si on figure dans le haut du panier. Ou de se sentir mal aimée, si on apprend après des années de bons et loyaux services qu'on est sous-payée. Pourtant, cette vision manichéenne ne reflète pas nécessairement une réalité : “Dans certaines branches comme la banque ou les milieux juridiques, il est mal vu de parler d'argent. Mais au final, tout dépend de la situation. Le plus important est d'être sûre de son collègue, de ne pas aborder le sujet de façon intrusive, et de clarifier son intention“, explique Emile Devienne.

Pratiqué avec tact et dans le cadre d'une relation de confiance, cet échange d'informations (ô combien précieuses) “permet de se situer par rapport aux autres, de benchmarker et de préparer ses demandes d’augmentation“, confirme Valérie Rocoplan, fondatrice et dirigeante du cabinet Talentis. Justine, employée de banque, en a fait l'expérience :“Un soir, en buvant un verre avec un collègue, j'ai découvert qu'il gagnait 15% de plus que moi. Je suis tombée de haut, car il venait d'arriver depuis seulement quelques mois. Finalement, ça a eu un effet positif : j'ai réclamé et obtenu une réévaluation de mon salaire.

Avoir un coup d'avance sur son employeur, connaître sa place sur le marché du travail, n'est toutefois pas suffisant. “Les femmes doivent aussi comprendre ce qui a péché dans leur négociation de démarrage ou au cours des années, notamment en demandant conseil aux personnes qui ont des salaires plus élevés à poste équivalent“, poursuit Valérie Rocoplan.
Dans ce combat, les hommes se révéleraient des alliés de taille. “Depuis l'enfance, ils ont appris à transgresser l'autorité. Ils connaissent les règles cachées, savent négocier. Si les femmes montraient leur fiche de paie à des confrères pour avoir leur avis, elles seraient surprises des réponses. La plupart d'entre eux les inciteraient à demander plus“, confirme Laurence Dejouany, psychologue et auteure du livre Les femmes au piège de la négociation salariale : ou Comment demander de l'argent à son patron sans le fâcher (L'Harmattan). Et si l'entreprise refuse de revoir sa politique salariale discriminatoire, il reste toujours l'option Prud'hommes.

Google épinglé

Cette logique collaborative commence à faire son chemin... Même jusqu'à Hollywood. Après le coup de gueule de Jennifer Lawrence contre les inégalités de salaire dans le milieu du cinema, Bradley Cooper a promis de dévoiler le montant de son cachet à ses consoeurs pour les aider à négocier (contrairement à ce traître de Jeremy Renner).
D'autres, n'hésitent pas à briser l'omerta. Ingénieure pendant neuf ans chez Google, Erica Baker avait trouvé un moyen ingénieux de dénoncer les pratiques sexistes de l'entreprise : créer en interne un tableur sur lequel chaque employé pouvait noter sa rémunération. Si la jeune femme s'était attiré les foudres de sa direction, expliquait-elle en juillet dernier sur Twitter, cette initiative avait porté ses fruits : “Certains ont demandé et obtenu un réajustement grâce aux informations contenues dans le document.“

S'il ne s'agit pas d'un remède miracle contre le sexisme, les femmes étant toujours confrontées au plafond de verre, c'est une façon efficace “de mettre les entreprises face à leurs responsabilités“, souligne Emilie Devienne. Quelques-unes d'entre elles (encore très rares) comme Namaste Solar (spécialisée en photovoltaïque) ou les start-up SumAll et Buffer ont même opté pour la transparence totale.
Un premier pas avant la fin de la culture du secret ?

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Norine Raja
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