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Paris, je t'aime... mais je te quitte!

 La Parisienne à mi-temps Chef d Le blogueur mode 4

Allez, salut ! Comme beaucoup de Parisiens, ils y pensaient tous les matins en se lavant les dents et un jour, ils l'ont fait. Trois trentenaires nous racontent comment ils se sont mis au vert...et ont fait la paix avec Paris.

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C'est bien connu. Entre Paris et les Parisiens, c'est une histoire de haine et d'amour. Paris, c'est beau, c'est fou, il y a tout, mais bien souvent on en a marre du métro, du monde, du bruit et des prix. Le Parisien rêve d'un vrai salon ET d'une vraie chambre, d'aller au bureau sans être comprimé comme un hot-dog ET sans être étouffé par l'haleine chargée de son voisin.  Dans ces moments-là, il rêve d'une grande maison avec un jardin où il pourra bronzer/faire pousser des légumes bio/organiser des barbecue géants.
Cet automne, les hebdos ont enchaîné les couvertures encourageant à "Quitter Paris" à tel point qu'on s'est demandé si vivre dans un 2 pièces à 1000 euros ne classait pas automatiquement le Parisien parmi les grandes figures de la Résistance ou les espèces en voie de disparition. Reste qu'avec la flambée de l'immobilier, l'idée séduit de plus en plus le trentenaire parisien.  Oui, mais, têtu comme un amoureux, il ne manque pas d'argument. Petite simulation :

La Parisienne résistante : "Non mais, tu vois, mon taf dans la com' (ou les médias/internet/la mode), je ne peux le faire qu'ici. Même si je travaille depuis chez moi, je vais être déconnecté en Province. "

Le Parisien sur le départ (ironique) : "Ah oui, la Province, ce grand pays. Il  paraît que là-bas ils ont pas encore l'ADSL, qu'ils portent toujours des ponchos et des nuques longues."

Il y aura toujours des excuses. La navette en TGV tous les jours ? A moins de travailler près d'une gare, pas envie de se taper une heure de métro après une heure de train. Et puis, 600 euros d'abonnement par mois, pas sûr qu'on y gagne. Et comment survivre sans les apéros improvisés dans le bar pourri du quartier ? Et comment faire sans les descentes à la parapharmacie le dimanche et au Monoprix à 22 heures ?
Sauf qu'à trente ans, au moment du premier enfant, on met les deux options dans la balance et pour certains, le calcul est vite fait. 40 m2 en proche banlieue au 6ème sans ascenseur ou 150m2 avec jardin dans le centre-ville de Tours ? Et si on a des jumeaux ? Peut-on transformer l'étagère Billy en lit superposés pour nourrissons ? Même s'il faut changer un peu de boulot, c'est peut-être le moment de relancer sa vie professionnelle en faisant quelque chose qui nous plaît vraiment ?

Trois trentenaires parisiens nous racontent comment quitter la capitale leur a permis de prendre un nouveau départ... et d'aimer encore plus leur ville.

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La Parisienne à mi-temps

La Parisienne à mi-temps

Amélie, 30 ans, graphiste.
Basée à Buc (Yvelines) depuis 6 mois.

Là, j'ai décidé de quitter Paris
"Avec l'arrivée de mon enfant, mon copain et moi, on a eu besoin de plus de place pour vivre et s'épanouir. On se voyait pas vivre dans le bruit, la pollution, le métro et le béton. Nous avons tous les deux grandis en maison et on voulait la même chose pour notre fils, les balades à vélo, les espaces verts. On vivait dans le 18ème et en se promenant avec le landau, j'ai trouvé notre quartier très bruyant très agressif d'un seul coup. Il fallait qu'on soit assez loin pour payer vraiment moins cher qu'à Paris et en même temps près d'une ville importante. On a choisi Buc, à côté de Versailles, qui est une vraie ville avec des commerces, des activités, pas une cité-dortoir. "

J'ai adoré
"J'ai de la place, je peux m'étaler. Et un calme de folie. On écoute le silence quand on dort. Les sorties sont hyper simples ici, il y a la forêt, des lacs. Il suffit de prendre le vélo. Et puis, le rapport au voisinage est très différent aussi. On les a connus tout de suite. On discute, on s'invite à dîner. On joue avec les enfants dans les jardins. A Paris, au bout de 10 ans, je ne connaissais même pas ceux qui vivaient dans mon immeuble."

J'ai moins aimé
"La sensation d'être loin de tout, d'être isolée. Au début, ça m'a fait bizarre de me promener dans les rues sans croiser personne. J'avais choisi de travailler chez moi toute la semaine et c'était un peu dur. Aujourd'hui, j'ai trouvé un équilibre : je me rends dans mon atelier à Paris deux fois par semaine. L'autre souci, c'est les amis. On ne peut plus faire des apéros à l'improviste. Mais ça pousse aussi à faire plus d'efforts pour les voir, c'est pas si mal. Je me fais plus souvent des dîners entre copines où je rentre avec le dernier train vers minuit."

Paris et moi aujourd'hui
"Etre loin de Paris, ça donne envie d'en faire plus quand on y va : plus de dîner avec les copines, plus de sorties culturelles, de spectacle de danse contemporaine le samedi. A Paris, je me disais, il y a plein de trucs à faire. Mais je ne me bougeais pas. Aujourd'hui, comme je suis moins souvent dans les transports, ça ne me dérange pas deprendre le métro le week-end pour aller voir une expo."

Alors, heureuse ?
"C'est une étape un peu spéciale de déménager dans une maison, d'acheter. On se sent comme nos parents, des adultes. Ca donne un sacré coup de vieux. Mais pour rien au monde, je ne ferais un bond inverse."

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Chef d'entreprise en pleine forêt

Chef d'entreprise en pleine forêt

Marie, 35 ans, chef d'une entreprise de communication et auteure de livres de cuisine.
Basée à Quimperlé (Morbihan) depuis 1 an.

Là, j'ai décidé de quitter Paris
"J'ai rencontré celui qui allait devenir mon mari ici, en Bretagne. Pendant trois ans, je faisais des allers-retours en TGV. Et puis, je suis tombée enceinte. Depuis quelques années, je pensais à créer une entreprise. Mais pour cela, j'avais besoin de place chez moi. Je travaillais comme responsable communication dans une maison d'édition. L'année 2010 avait été une superbe année pour moi au boulot et c'était l'occasion de partir sur un bon souvenir. Ca m'a donné beaucoup de force et de confiance. Une nouvelle vie, un enfant, c'était le bon moment. Attention, ma vie parisienne, je l'ai aimée et vécue pleinement aussi bien en shoppings qu'en sorties et en vie nocturne. Mais faire 45 minutes de trajet pour aller au travail tous les jours quand on est enceinte, le bruit, la nuit et le jour dans mon quartier, à Pigalle, tout ça me fatiguait beaucoup. Aussi, je dépensais une grosse partie de mon budget dans les allers-retours en Bretagne. Mais Paris, quand on n'a pas les sous pour en profiter, c'est beaucoup moins intéressant. "

J'ai adoré
"Les premiers jours, tout est génial. L'espace, la nature. Je suis passée de mon 44 m2 surchagé à Pigalle à 600 m2 dans une longère en pleine forêt au bord d'une rivière. Tout m'émerveillait : j'étais heureuse de me promener dans la nature, de pouvoir avoir des chats à la maison.

J'ai moins aimé
"Qu'on me traite de bobo. On parle beaucoup des Parisiens hautains avec les Provinciaux, mais il y a aussi un racisme anti-Parisiens. On dit d'eux qu'ils sont plus riches et qu'ils ne vivent pas dans la réalité. Mais, nous, cette longère, c'est un vrai choix de vie. On a beaucoup dépensé pour la rénover, la chauffer. Alors, oui, je m'émerveille devant une rivière, une fleur, mais cela ne justifie pas ce mépris. Et le permis ! Un vrai cauchemar ! Je l'ai eu au bout de la cinquième fois après 62 heures de leçon. Je soupçonne mon examinateur, qui allait partir à la retraite, de me l'avoir donné par gentilesse. Sans voiture, avec un bébé, en pleine forêt, ça aurait été impossible."

Paris et moi aujourd'hui
"J'y vais cinq jours par mois. Le prétexte, c'est le boulot : chercher des clients, entretenir le réseau. Mais j'en profite pour voir mes copines, aller au théâtre, courir les ventes privées. Je profite beaucoup plus de Paris qu'avant, je ne vois que les avantages. Ce qui me manque ? L'esprit Monop'. Comme d'aller acheter des collants le soir à 22 heures. Il y a un Monoprix à Lorient mais ce n'est pas pareil. Et aussi, la pharmacie, le dimanche. Ici, il faut passer par le commissariat pour aller à la pharmacie le week-end. Alors quand je vais à Paris, j'en profite à fond."

Alors, heureuse ?
"Je me sens fière d'avoir sauté le pas, de ne pas m'être laissée porter par les choses ou d'avoir choisi la facilité. Ici, je vois un avenir : je ne finis pas quelque chose, je commence quelque chose. Tout me semble possible, l'horizon est ouvert. C'est tellement plus enthousiasmant. "

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Le blogueur mode

Le blogueur mode

Serge, blogueur mode.
A quitté Paris pour Tours (Indre-et-Loire) puis Ploemeur (Morbihan) depuis 4 ans.

Là, j'ai décidé de quitter Paris
"Il y a eu plusieurs étapes. D'abord, quand j'ai rencontré ma copine. Elle est originaire de Bretagne, moi de banlieue. Elle m'a toujours dit qu'elle voulait vivre dans une maison. Je lui ai dit que dans ce cas, je préférais la Province que la banlieue. Un jour, on lui propose un poste à Tours. Je lui ai dit : "Ca va être loin le trajet tous les jours!". Elle m'a répondu :  "Parle pour toi ! On déménage". Pendant un an et demi, j'ai fait la navette Tours-Paris. Comme je travaillais à côté de Montparnasse, je mettais 1h20 porte à porte, pas beaucoup plus que certains banlieusards. Un jour, j'ai demandé un temps partiel pour réaliser un rêve : créer mon entreprise. Je travaillais comme commercial dans une agence web mais à côté j'avais créé un blog de mode. Quand on a déménagé à Tours, j'avais 100 000 lecteurs par mois. En quittant mon job pour devenir blogeur professionnel à plein temps, j'ai réussi à atteindre 270 000 lecteurs. Je m'étais donné trois ans pour voir si ça pouvait marcher : le bilan était plus que positif.  Alors, on a poussé un peu plus loin : notre projet de départ, c'était : 1la mer à trois heures de Paris maximum. On s'est installé il y a six mois à Ploemeur, près de Lorient. "

J'ai adoré
"140 m2 en plein centre ville à Tours. On se dit assez rapidement qu'après ça, ça va être difficile de revenir à Paris. Pour nos enfants, c'est génial. J'ai beaucoup d'amis plus jeunes qui ne comprennent pas. Mais quand ils se retrouvent à Paris avec trois enfants dans 60m2, c'est la guerre. A Ploemeur,  ma fille va goûter à la plage en rentrant de l'école. Quand il fait beau, je vais faire mon footing sur la plage après le boulot. Et puis, il n'y a plus de stress. J'ai pas été coincé dans les bouchons depuis quatre ans. Mes amis me disent "Il y a plein de trucs à faire à Paris". Mais quand je les appelle pour savoir ce qu'ils ont fait, souvent ils sont restés à la maison.

J'ai moins aimé
"Socialement. Je ne connais personne ici. C'est pas comme quand on est au collège ou à la fac. Et comme je ne travaille pas avec les gens du coin, je n'ai pas de contacts pro avec qui déjeuner non plus. Ma vie sociale, c'est quand je vais à Paris où j'ai mes amis d'enfance. Après, c'est pas une fatalité. Parfois, le week-end, je vais au bar du port et je discute avec les autres clients."

Paris et moi aujourd'hui
"Depuis l'âge de 20 ans, j'ai entretenu une histoire d'amour et de haine avec Paris. Quand on y est, on n'en peut plus. Et dès qu'on quitte cette ville, on pense qu'à y retourner. Je vais à Paris du jeudi midi au samedi soir pour travailler et j'en profite aussi pour sortir et voir mes amis. C'est que du bonheur, je me fais le petit resto que j'aime."

Alors, heureux ?
"Je ne reviendrais à Paris pour rien au monde. A Paris, tout est plus cher. La bouffe, les fringues. Pour ma maison ici, je ne rembourse que 700 euros par mois. Je gagne moins, pour dépenser moins."

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