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Génération Glamour : qui sont les nouveaux pères ?

 Benjamin Jean-Christophe Youssef 4

Depuis cinq ans, les "nouveaux pères" sont les petits chéris des médias. Mais qui se cache derrière ce concept marketing séduisant ? Des super-héros ? Des "mères bis", comme les appelle le célèbre Dr Rufo ? Trois jeunes papas nous répondent.

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Un après-midi, au café, on retrouve Alexandre, meilleur ami fraîchement papa. Comme d'habitude, il porte la petite Léa contre lui dans le porte-bébé. Et comme d'habitude, on l'accueille avec des "oh !" et des "ah !" et des "c'est mignon !".  Sourire malicieux, il avoue :

"Tu sais, quand je me promène avec Léa dans le porte-bébé, toutes les femmes que je croise dans la rue font comme toi. Comme si c'était encore incroyable pour un père de s'occuper de son enfant ! "

Nous, des quiches ? Il n'a pas tort. Quand on passe l'après-midi avec notre meilleure amie à la regarder changer son bébé, lui donner à manger et le calmer, on s'ennuie et on la maudit en silence. Alors que son mec qui fait la même chose devient une sorte de demi-dieu, un mix d'un Barbe à Papa et de Viggo Mortensen (réconfortant et sexy).
On doit avoir un problème. L'égalité maman-papa quand on veut l'égalité femme-homme, c'est normal, non ? Certainement. Mais quand on voit le nombre de magazines qui racontent l'exploit de ces "nouveaux pères" présents, qui changent les couches et donnent le biberon, on se dit que la route est encore longue. Si on ajoute les spécialistes qui appellent à redonner "sa place de père au père" et à ne pas en faire une "maman bis", on se dit que le frein vient sans doute des mentalités et non des hommes.

Les pères ont changé, les études le prouvent. Plus débrouillards, plus présents à chaque moment de la vie de leurs enfants, ils ne veulent plus incarner la figure autoritaire du foyer. Et les femmes en sont heureuses.
L'évolution du rôle du père ne va-t-elle pas avec l'évolution du couple ? Un couple plus dans le faire ensemble et l'échange que dans le partage des  rôles. Et finalement, quoi de plus normal quand faire un bébé est un choix à deux ?

Nous avons rencontré trois hommes: un est père au foyer, les autres sont salariés. Ils nous racontent ce que c'est qu'être papa aujourd'hui.

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Benjamin

Benjamin

"Être père au foyer, c'est un vrai boulot"

Benjamin, 36 ans, père au foyer et blogueur (TilltheCat.com)
Père de deux filles de 6 et 4 ans.

Quand j'ai appris que j'allais être père
"Je me suis impliqué très tôt dans la paternité, dès la grossesse. Quand ma femme était enceinte, nous cherchions ensemble des informations sur des forums. Au moment de la naissance, j'étais dans la salle d'attente, comme c'était une césarienne. On m'a amené une petite chose hurlante dans une couveuse. Ils m'ont dit "C'est votre fille!" et j'ai seulement répondu "Ok". C'est plus tard, lors du contact peau contre peau, que j'ai réalisé. Je lui ai dit des petits mots dans l'oreille. C'était magique."

Comment on trouve sa place ?
"Je suis père au foyer. C'était une envie de couple. Au moment où on attendait notre première fille j'avais quitté mon emploi. Mon épouse et moi on se disait que c'était une bonne solution de garde. Avant de travailler dans la communication, j'avais toujours rêvé d'être professeur des écoles. Comme j'étais le dernier né d'une fratrie de six enfants, je me suis occupé très jeune de mes petits neveux. Je savais que j'avais la fibre pour ça."

Être père au foyer, c'est vu comment ? 
"Très bien. Je fais partie de la génération des pères qui s'impliquent plus. C'est une évolution qui s'accentue : je le vois, sur Internet avec les blogs de papa et aussi à la crèche, où de plus en plus de pères viennent chercher leurs enfants. Une fois, mon voisin, un chef d'entreprise, la soixantaine, avec beaucoup d'employés sous ses ordres, m'a demandé ce que je faisais dans la vie. Quand je lui ai dit, il y a eu un blanc dans la discussion. Derrière ce silence, j'ai bien vu qu'il se demandait si j'étais au chômage, si j'étais entretenu par ma femme. Être père au foyer, c'est un vrai boulot, surtout quand les enfants sont petits. Les journées peuvent commencer à n'importe quelle heure. Il faut donner les biberons, les changer, les emmener à la crèche, les soigner quand ils sont malades. Pour tout ça, j'ai plein d'astuces que je partage sur mon blog."

Le père que je veux être
"Comme mes parents travaillaient à la maison, ils étaient toujours disponibles. Avec le recul, je me dis que j'ai eu de la chance. Grâce à eux, j'ai appris qu'il n'y avait pas de différence entre l'homme et la femme. Que l'homme n'était pas forcément la figure d'autorité absente du foyer et la femme obligée de s'occuper des enfants et du ménage. Beaucoup d'hommes qui ne veulent pas perdre leur virilité, se cachent derrière cette tradition. Moi, je ne me sens pas moins viril. Il y a une pression culturelle et sociale très forte, même si les choses évoluent lentement.  Aujourd'hui, mon blog de papa m'a ouvert des portes. Je suis rédacteur web et j'ai même un projet de livre."

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Jean-Christophe

Jean-Christophe

"Je veux être un papa présent"

Jean-Christophe, 32 ans, ingénieur.
Père de Romane, 5 mois.

Dès  que j'ai appris que j'allais être père
"J'étais très content et en même temps, il y a eu une petite inquiétude, ça, c'est mon caractère. Après, j'ai eu toutes sortes de peurs : est-ce que je vais être à la hauteur ? Est-ce que je vais savoir faire les bons gestes ? On se demande aussi si ça ne va pas bouleverser notre vie à deux. A la naissance, j'étais préparé mais je stressais aussi. On m'avait répété "tu verras, c'est le plus beau jour de ta vie !". Du coup, j'avais peur de ne pas être assez ému. Je pensais qu'un nouveau-né, c'était une petite chose moche qui pue. En fait, c'était un moment très beau. Être père, ça change tout et rien à la fois. C'est vrai, tu mûris, tu as des responsabilités envers ce petit être qui n'a rien demandé. Mais parfois, encore aujourd'hui, je ne réalise pas que je suis père."

En pratique, ça se passe comment ?
"Les premiers temps, les sorties entre potes jusqu'à pas d'heure, tu le fais moins. Mais avec ma copine on s'était dit, c'est Romane en plus de nous, et pas l'inverse. Donc pour moi, c'est une fierté de garder notre fille, pour lui permettre de sortir avec ses amies. L'autre changement, c'est le matin. Moi qui suis une grosse feignasse qui aime bien me lever à 8 heures en semaine, une heure seulement avant le boulot, je me lève maintenant à 7 heures pour m'occuper de la petite. Je l'habille, je lui donne à manger. Sans vouloir passer pour le mec parfait, c'est vrai que j'aime beaucoup ce moment. Avec ma copine, on essaye de se relayer, on se soutient mutuellement. On fait ce qu'il y a à faire pour le bébé, selon nos envies et notre état de fatigue. Ça se répartit assez bien, naturellement."

Comment on trouve sa place ?
"J'ai vite trouvé ma place quand la petite est née. Au début, pendant l'allaitement, je voyais bien que je n'étais pas indispensable. Mais dès le biberon, tu deviens aussi indispensable que la maman. Je ne pense pas qu'à l'époque de mon père les hommes auraient aimé porter le bébé ou le changer. Moi je n'ai pas honte de changer ma fille sur un banc s'il le faut. Je trouve ça normal et d'ailleurs personne autour de moi ne trouve ça incroyable."

Le père que je veux être 
"Je veux être un papa présent. Là, mais pas trop. Sévère aussi, mais pas trop. Même si je ne me le dis pas tous les jours, je ne veux pas reproduire l'exemple de mon père. Il était toujours en déplacement la semaine et j'ai surtout été élevé par ma mère. J'ai pris mon congé paternité (11 jours) à la naissance du bébé. Comme c'était un nouveau poste, j'ai pas osé prendre plus. J'ai ressenti une petite frustration mais j'étais serein : on avait bien trouvé nos marques avec le bébé."

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Youssef

Youssef

"Le couple, c'est un partenariat win-win"

Youssef, 28 ans, journaliste.
Père d'Illy, 9 mois.

Quand j'ai appris que j'allais être père
"Ma copine était à Carcassonne, moi au Maroc. Elle m'a appelé et j'ai eu le sentiment de comprendre tout de suite, avant même qu'elle ne me le dise. Même si ce n'était pas prévu, j'ai tout de suite su que ça allait être un grand bonheur. Au départ, quand j'ai vu pour la première fois ce bébé de 49 cm, je ne savais même pas si elle me regardait. Et après, elle a pleuré et là, c'est une sorte de test pour le papa. Il y a cette croyance populaire qui dit que le père sait mieux calmer le bébé que la mère, plus angoissée. J'ai réussi."

En pratique, ça se passe comment ?
"Je n'ai pas pris de congé paternité. Mais j'étais à mi-temps pendant les premiers mois. On en a profité pour faire beaucoup de choses ensemble, tous les trois. Quand tu deviens père, tu deviens plus stable aussi. Tu es obligé de t'organiser, tu gagnes en confiance. Ça change aussi ta relation avec tes amis. Ils te regardent comme un homme serein, apaisé. C'est toujours classe quand tu bois un verre avec tes potes et que tu dois partir en disant : "Désolé, je dois aller donner le bain à mon enfant. " Tu deviens un peu une star. "

Comment on trouve sa place ?
"Je pense qu'il faut prendre sa place tout seul, il ne faut pas attendre. La mère a tout de suite une relation fusionnelle grâce à l'allaitement. Il y a plein de choses à faire: les courses, changer le bébé, installer le coussin pour que la mère soit à l'aise pour allaiter. Les pères se plaignent souvent de ne pas avoir leur place mais il y a surtout un sentiment de culpabilité, car beaucoup de tâches ont l'air de reposer sur la mère. Quand je dis au boulot "Je vais déposer la petite à la crèche", on me répond souvent "Ah, bon ! La maman peut pas ?" C'est dur à imposer comme idée. Mais je ne me laisse pas faire. Je pense qu'on est une génération qui ne croit plus à l'accomplissement uniquement par le travail. On est prêt à renoncer un peu à notre carrière pour plus d'accomplissement personnel."

Le père que je veux être
"Le bon père, c'est avant tout le bon mari. Il ne faut pas voir la relation avec l'enfant comme quelque chose d'exclusif. Ce qui compte c'est de concilier la vie familiale avec ses autres vies. Mon père travaillait beaucoup, ma mère nous a élevés. Je n'en ai pas souffert, mais c'est un modèle 20e siècle. Peu de couples peuvent se permettre ça aujourd'hui. L'heure est à la mutualisation des tâches. Le couple, c'est un partenariat win-win (rires). Je ne veux pas être trop absent. Le métier de journaliste est très prenant. Je grignotais déjà beaucoup sur les loisirs, mais maintenant que je suis papa, je fais plus gaffe."

Gladys Marivat
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