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Exclusif : les candidats répondent à vos questions !

Nicolas Sarkozy, UMP François Hollande, PS Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche Eva Joly, Europe Ecologie - Les Verts 10

Le mois dernier, Glamour publiait vos 40 questions au futur Président. Moins de trois semaines avant le premier tour de l'élection présidentielle, les candidats s'adressent à vous.

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Nicolas Sarkozy, UMP

Nicolas Sarkozy, UMP

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"La jeunesse française, comme le reste du pays, a pris conscience de la terrible crise qui s’abat sur le monde et sur l’Europe depuis trois ans. Elle en ressent les effets et elle en craint les conséquences pour son avenir. Non seulement c’est normal mais c’est le signe d’une très grande lucidité. De ce point de vue, la jeunesse française fait certainement preuve d’une plus grande maturité que les générations précédentes. Ce que je trouve très  rassurant dans votre sondage c’est la formidable confiance que cette jeunesse place en elle-même ; crise oblige, ils sont pessimistes sur l’avenir de la société à 78% mais se disent optimistes à 70% sur leur avenir personnel."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Enseignement. "J’ai consacré une partie de mon premier quinquennat à la réforme de l’université. L’enseignement scolaire sera au cœur de mon second mandat si les Français m’accordent leur confiance. Je veux des enseignants qui restent dans les établissements une fois leurs cours terminés pour accompagner les élèves et suivre leurs parcours."

Alternance. "Il est préoccupant que 42% des jeunes que vous avez interrogés estiment que leurs études ne les ont pas préparés au marché du travail. Il est préoccupant qu’Annaëlle (p.8 du livret) ait fait plus de sept ans d’études pour se rendre compte aujourd’hui qu’elle est dans une impasse professionnelle. Il est préoccupant que Nancy (p.20 du livret) qui, à trente ans, est encore doctorante en géographie attende un logement social alors que son niveau d’étude devrait lui permettre de devenir professeur ou de trouver un emploi rémunérateur. C’est aussi pour cette raison que je veux généraliser l’alternance qui est l’un des meilleurs moyens de créer un lien direct entre la formation théorique et le marché du travail. J’ai d’ailleurs pris la décision de sanctionner lourdement les entreprises qui refusent d’accueillir des étudiants en alternance. L’alternance sera obligatoire en dernière année de CAP et de BAC Pro. Chez nos voisins allemands, la formation en alternance est générale, elle se pratique aussi bien dans la banque ou dans les assurances que dans l’industrie ou la restauration. La formation en alternance doit devenir la règle commune en France."

Autonomie et logement. "Au-delà de l’enseignement, nous devons aider les jeunes à gagner leur autonomie. Cela ne veut pas dire qu’ils doivent être assistés. Je me refuse à considérer, comme le font certains, que la jeunesse serait une sorte de handicap social qu’il faudrait en permanence accompagner et assister. On ne commence pas sa vie en attendant tout de la société. Votre étude montre d’ailleurs que ce n’est pas du tout ce qu’attendent les jeunes Français. L’autonomie, c’est le logement. C’est pour cette raison que nous avons construit ou rénové 45 000 chambres d’étudiants en cinq ans et créé le passeport étudiant qui se porte caution pour les étudiants à la recherche d’un logement. C’est aussi pour créer des logements que j’ai augmenté de 30% les droits à construire. L’autonomie, c’est également le transport et la mobilité, surtout pour ceux qui habitent dans les zones rurales ou de grande banlieue. J’ai soutenu à cet égard plusieurs initiatives comme le permis à 1 euro par jour ou l’opération 10 000 permis pour réussir afin d’éviter que le coût du permis ne devienne discriminatoire."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
"La France est une démocratie représentative. Pour se faire entendre il faut voter. Dans tous mes déplacements comme dans tous mes meetings de campagne, je vois des jeunes extrêmement engagés qui, croyez-moi, prennent toute leur place dans la vie publique. Cela étant, l’engagement des jeunes prend aussi aujourd’hui d’autres formes que le militantisme politique traditionnel. Les jeunes s’engagent directement dans des projets concrets qu’ils ont, à raison, le sentiment de mieux contrôler. C’est le cas par exemple de Bastien (p.15 du livret), ce très jeune chef d’entreprise de 23 ans qui a créé une association qui met en relation les grandes entreprises et les élèves des quartiers prioritaires. Par ailleurs, il suffit de fréquenter les réseaux sociaux ou de constater le rôle que Twitter joue aujourd’hui dans la campagne pour se rendre compte que la jeunesse participe pleinement, et avec des moyens qu’elle maîtrise à la perfection, au débat politique. Enfin, je veux répondre directement si vous me le permettez à Justine qui est très engagée auprès des « indignés » et qui souhaite que les responsables politiques "agissent comme des représentants plutôt que comme des dirigeants". Je veux lui dire que, s’il y a quelques mois, nous n’avions pas agi, Madame Merkel et moi-même, comme des dirigeants politiques et pris les décisions qui s’imposaient et que nous assumons, l’Europe serait aujourd’hui livrée au chaos économique. Un élu est élu pour décider, aux électeurs ensuite de décider si ces décisions sont conformes à leurs attentes. La meilleure garantie d’avenir pour la jeunesse de ce pays, c’est qu’elle puisse s’épanouir dans une France forte. Une France endettée, une France assistée, une France qui ne valorise pas le travail, une France qui regarde les recettes du passé au lieu de regarder les enjeux de l’avenir, c’est la pire des hypothèques que l’on pourrait faire peser, dès demain, sur la jeunesse de ce pays."

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François Hollande, PS

François Hollande, PS

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Je suis frappé par le contraste entre, d'une part, le pessimisme collectif de la jeunesse et de l'autre, sa confiance dans son avenir personnel. J'y vois les symptômes d'un certain désenchantement : la jeune génération actuelle, qui a toujours connu la « crise », semble s'être faite à l'idée que, pour elle, la vie sera plus difficile qu'elle ne le fut pour leurs parents. Pour un nombre croissant de jeunes, trouver un emploi stable, se loger correctement, et même se soigner devient en effet de plus en plus compliqué. Notre pays ne laisse pas à la jeunesse la place qui devrait être la sienne. C'est d'ailleurs ce que 39% des 18-24 ans que vous avez interrogés vous disent. Je veux redonner à la jeunesse une espérance : celle d'avoir une vie meilleure que la nôtre, au niveau individuel mais aussi collectif."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Autonomie. "Je veux donner à chaque jeune les moyens de réaliser son projet professionnel et lui permettre d'accéder à une véritable autonomie. Car les jeunes ne veulent pas être assistés, ils veulent être autonomes."

Cumul des mandats. "Nous devons aussi, collectivement, faire évoluer nos mentalités et nos façons de faire de la politique. L'âge moyen des députés en France est par exemple l'un des plus élevés d'Europe : la place aux jeunes, c'est aussi sur les bancs de l'Assemblée nationale que nous devons la faire ! C'est aussi pour cela que je me suis engagé à faire voter une loi interdisant le cumul des mandats."

Accès à l’emploi. "La priorité absolue, c'est l'emploi. Dans notre pays, le taux de chômage des 15-24 ans atteint 25 % : je ne peux l'accepter. J'engagerai donc dès l'été la création des emplois d'avenir qui permettront à 150 000 jeunes de mettre le pied à l'étrier, pour une large part dans les quartiers populaires et les zones rurales défavorisés. Je lancerai le contrat de génération, qui favorisera l’embauche en CDI d’un jeune tout en œuvrant au maintien d’un senior dans l’emploi. J'augmenterai les cotisations pour les entreprises abusant des contrats précaires, et j'encadrerai strictement les stages."

Education. "Enfin j'engagerai une profonde refondation de notre école avec un unique objectif : assurer la réussite de tous les élèves."

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Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche

Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Beaucoup de jeunes vivent dans la peur du lendemain. Le fléau de la précarité touche toutes les catégories sociales et envahit toutes les dimensions de la vie : emploi, santé, logement, etc. Cette précarité est le fruit de l’évolution contemporaine du capitalisme : la financiarisation a enchainé l’économie au court terme et poussé à la marchandisation de toute activité humaine. Ce nouvel âge du capitalisme élimine toute régulation collective et toute solidarité. L'état d'urgence sociale est aggravé par les politiques d’austérité menées dans toute l’Europe et désormais gravées dans le marbre par les nouveaux traités européens Merkozy. A cette logique dépressive de l'austérité, le Front de Gauche oppose une autre cohérence : celle de la relance de l’activité par le partage des richesses et la planification écologique. L'ambition du Front de Gauche est d’abolir la précarité pour en finir avec la peur du lendemain dans l'emploi, le logement, la santé."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Fonction publique. "L’une des premières mesures que je prendrais en tant que président de la République sera la titularisation des 800 000 précaires de la Fonction publique."

Accès à l’emploi. "Nous interdirons les contrats précaires au-delà de 5% des effectifs dans les grandes entreprises et de 10% dans les PME. Nous referons du CDI la norme du contrat de travail."

Logement. "Face au mal logement, nous encadrerons les loyers pour les faire baisser."

Santé. "Contre les renoncements à se soigner, nous garantirons un remboursement à 100 % des dépenses de santé couvertes par la sécurité sociale."

Enseignement. "Nous rétablirons aussi la gratuité effective de l'Education nationale jusqu'à l'université. Nous étendrons la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans, afin d'élever le niveau de qualification de tous. Nous abrogerons la loi LRU (loi d’autonomie des universités, NDLR) qui appauvrit les universités en les mettant en concurrence. Et nous ferons de l'insertion professionnelle une mission à part entière du service public d'éducation."

Autonomie. "Plus largement nous défendons la création d'un statut social pour tous les jeunes permettant leur autonomie, grâce notamment à un système d'allocations de formation et à la sécurité sociale professionnelle."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
"Beaucoup disent que les jeunes d’aujourd’hui se désintéressent de la politique. Peut être sont-ils désabusés devant l’absence de mesures fortes et ambitieuses de la part de certains candidats. Mais, La campagne du Front de Gauche accueille un nombre massif et croissant de jeunes jusque là non engagés en politique. C'est le signe d'une immense disponibilité de la jeunesse pour participer à la révolution citoyenne qui a commencé."

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Eva Joly, Europe Ecologie - Les Verts

Eva Joly, Europe Ecologie - Les Verts

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Les jeunes ont des raisons légitimes d'être inquiets : ils font partie des membres de notre société qui font face à la plus grande précarité, qui ont le plus de mal à se loger et à trouver un emploi stable en enchaînant stages et petits boulots, qui renoncent le plus souvent aux dépenses de santé... Ils sont les premières victimes de cette accumulation de crises (économiques, sociales, environnementales...) qui témoigne que c'est tout un modèle de développement qui doit être repensé.

En même temps, cette génération me bluffe par son optimisme, par sa créativité, par sa capacité à faire fi de ces difficultés pour revendiquer son autonomie. Je la côtoie énormément au cours de cette campagne, dans mes déplacements mais aussi dans mon équipe dont la moyenne d'âge avoisine les 25-30 ans. Cela me pousse à me battre pour défendre les solutions de l'écologie, les seules à porter une véritable promesse de qualité de vie et à penser à l'avenir de notre société et de notre environnement."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Formation et autonomie. "Avant tout, il faut mettre un terme à cette situation où tant de jeunes sortent de l'école sans projet, sans solution, et se retrouvent relégués sur le bord de la route. Je souhaite ainsi développer pour chacun la possibilité de mener son propre parcours en développant les formations professionnelles, les projets de mobilité, de service civique, les possibilités de retour aux études, l'amélioration de l'accès aux études supérieures. Pour accompagner cela, chaque jeune sera doté d'un revenu d'autonomie."

Stages. "L'autre chantier urgent pour les jeunes est de mettre un terme à la situation de précarité qui s'installe pour beaucoup d'entre eux, à travers notamment l'accumulation de stages. Ils seront régulés par le droit du travail, l'ouverture des droits de la protection sociale, et une obligation de rémunération minimale portée à 50% du SMIC."

Contraception et IVG. "Le troisième chantier qui me semble fondamental pour la jeunesse est de défendre la liberté et le droit des femmes à disposer de leurs corps. Les nombreuses fermetures de centres IVG tout comme la résurgence de discours moralisateurs, tels que celui porté récemment par Marine Le Pen, m'alertent sur le fait que le droit à la contraception doit absolument être défendu et garanti. Je m'engage à garantir l'accessibilité et la gratuité des moyens de contraception et de l'IVG."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
Je comprends très bien cette défiance lorsque je me rends compte que cela fait trente ans que l'on voit les mêmes têtes aux responsabilités. Le fait que notre démocratie reflète très peu la société est un sérieux problème, auquel je souhaite m'attaquer en proposant une VIème République plus démocratique et participative. Je propose ainsi de généraliser la proportionnelle, de reconnaître le vol blanc, de faciliter les référendums citoyens, de mettre fin au cumul des mandats, de mettre les moyens pour faire respecter la parité hommes-femmes. L'égal accès des femmes à la politique doit en effet devenir une réalité, et non plus l'objectif de façade de la plupart des partis : j'entends supprimer les subventions publiques pour les partis qui ne respectent pas la parité dans les faits, tout comme pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité des salaires."

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François Bayrou, MoDem

François Bayrou, MoDem

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Votre enquête montre deux choses. Les jeunes sont inquiets mais ils débordent d’énergie et d’envie de faire. La crise, ils la connaissent car ils ont toujours un peu vécu dedans, une succession de mauvaises nouvelles, des difficultés de plus en plus grandes pour trouver un vrai travail, pour se loger, pour se construire une vie dans l’avenir. Ils ont besoin, non pas qu’on leur raconte toujours la même histoire et les mêmes promesses qui ne sont jamais tenues. Ils ont besoin d’abord que l’on brise ce mur de verre qui s’est installé entre eux et le reste de la société. Une société qui ne fait pas confiance à sa jeunesse est une société qui a démissionné et qui perdu confiance en elle-même."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Enseignement. "Ce qui me frappe dans votre enquête, c’est qu’en majorité les jeunes misent d’abord sur eux-mêmes, sur leurs réseaux, pour trouver du travail, avant de miser sur leurs diplômes. Ce manque de confiance dans la valeur des diplômes est pour moi signe que notre école, notre système d’enseignement supérieur doit être, non pas chamboulé, mais conforté. Pour l’école d’abord, je propose trois pistes : une refonte de l’orientation afin de prendre mieux en compte la diversité des aptitudes ; un tutorat étudiant pour superviser les devoirs ; le développement de l’alternance. Pour l’enseignement supérieur, l'enjeu est d'élever la qualité de l'enseignement supérieur et non de quelques campus privilégiés, réservés à une élite sociale, de rapprocher encore les universités et les grandes écoles, bref de faire de notre diversité une force."

Accès à l’emploi. "87% des jeunes considèrent que les entreprises ne font pas assez de place aux jeunes. Et c’est sur l’accès à un premier emploi stable qu’il faut concentrer les efforts avec deux mesures simples : la possibilité de recruter un emploi sans charge, pendant deux ans, ouvertes à toutes les PME ; la création d'un contrat de travail unique, un CDI, avec constitution de droits progressifs, pour limiter le recours excessif aux CDD et aux stages."

Logement. "Il y a une autre urgence que votre enquête démontre, qui est celle de l’accès au logement. Je propose de supprimer les cautions avec la mise en place d’une mutuelle pour le logement, d’initiative publique, chargée de couvrir les risques d’impayés et qui permettrait dans le même temps de mettre fin au système de caution qui pèse lourdement dans le budget des jeunes et de leurs parents."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
"Manque d’intérêt pour la politique mais pas pour l’engagement au service de causes comme la lutte contre la pauvreté, l’action humanitaire. C’est cela que je veux d’abord retenir. La deuxième chose, c’est effectivement la grande défiance à l’égard de la politique traditionnelle. En tout cas celle qui passe sa vie à cliver, qui met en scène l’affrontement, les petites phrases et même, parfois, les insultes. Et le spectacle offert par la campagne présidentielle n’est pas fait pour leur donner envie ! Ces combats de coqs sont d’autant plus désespérants qu’ils ont pour objectif d’éluder les vrais sujets.

Alors que faire ? La politique pour intéresser,  c’est d’abord affaire de comportement : la démocratie c’est le dialogue et le respect, c’est aussi dire la vérité. Je crois aussi que la parité permettra de changer la manière de faire et de s’exprimer. Plus il y aura de femmes, plus il y aura de jeunes, moins il y aura de ces attitudes dignes des cours d’école. Il y a encore autre chose de plus profond : aujourd’hui la politique est perçue comme quelque chose de « pas bien », de traficotage loin de la défense de l’intérêt général. Tout le contraire de ce qu’elle devrait être. Là encore, il y a une chose simple à faire : élu, je demanderai aux Français, dès le 10 juin, le premier tour de l’élection législative, de décider la parité, la diminution du nombre de députés, la fin du cumul des mandats, une loi électorale qui introduira un quart de proportionnelle pour que tous les courants de pensée soient représentés à l’Assemblée nationale. Parité et proportionnelle, ce sera plus de femmes et plus de jeunes et cela changera forcément notre manière de faire de la politique."

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Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République

Nicolas Dupont-Aignan, Debout la République

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"61% s’attendent à connaître plusieurs périodes de chômages et que 49% pensent qu’ils pourraient basculer dans la précarité. Je trouve ces chiffres parlants. Ces jeunes ont grandi dans un monde qui n’a jamais connu le plein emploi et dans lequel la précarité s’est banalisée. Et aujourd’hui, ils savent qu’ils vont faire les frais d’une crise dont ils ne sont pas responsables ! Pourtant ce sont eux qui changeront les choses. Parce que, malgré tout, ils restent très confiants en leur avenir, parce qu’ils sont combattifs, qu’ils n’ont pas peur des difficultés (ils s’y sont même préparés)! Ils feront une génération d’adultes entreprenant et refusant les statu quo et qui, j’en suis convaincu, permettront de grandes avancées."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
"Toutes mes propositions ont pour but d’améliorer le fonctionnement de notre société (notre modèle économique en particulier). Il s’agit de prendre les décisions nécessaires pour construire le monde dans lequel les jeunes et enfants d’aujourd’hui devront pouvoir s’épanouir en tant qu’adultes. La jeunesse, c’est donc un cap, un point de repère qui doit nous rappeler sans cesse qu’elles doivent être nos priorités. A savoir, inscrire notre société dans l’intérêt général, un modèle juste et durable."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
"Et ils ont raison ! Aujourd’hui, le système est verrouillé pour les jeunes, ainsi que pour tout profil différent d’ailleurs. Il est avant tout prioritaire pour les grands partis de sauver un système qui les maintient au pouvoir. Ils ont donc tout intérêt à empêcher le renouvellement d’idées ou de personnes! Les jeunes et leur envie de changement ne sont donc pas les bienvenus. Quant à ma manière de faire de la politique, je vous invite à rencontrer mon équipe de campagne. Les jeunes y sont omniprésents et dans des rôles clés. Je suis tous les jours à leur contact et leur demande constamment de s’exprimer et de donner leur avis pour nourrir ma réflexion."

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Jacques Cheminade, Solidarité et Progrès

Jacques Cheminade, Solidarité et Progrès

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Ce qui me frappe le plus dans votre enquête, c’est que 64 % des jeunes font de l’accès à l’emploi leur sujet de préoccupation majeur, que 49 % d’entre eux pensent qu’ils pourraient basculer dans la précarité et que 96 % estiment pourtant que s’épanouir dans son travail est essentiel pour être heureux. Je pense que les jeunes veulent rentrer dans le monde, en particulier dans le monde du travail, et que le monde ne les accueille pas. Il faut donc changer la règle du monde. Pour cela, il faut créer une économie de l’avenir, voire avec les yeux du futur. Il faut d’abord du crédit public, en mettant en place une banque d’investissement qui doit pouvoir financer tout ce qui est susceptible d’attirer les jeunes dans des domaines créateurs. Je suis également favorable à la création d’une allocation d’insertion pour les jeunes qui cherchent un premier emploi et qui poursuivent leurs études. En soutenant directement les jeunes, ces mesures sont susceptibles de leur assurer un avenir quelle que soit leur situation familiale."

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
"La politique actuelle est faite par des gens qui ne sont pas très loin de la retraite et qui surtout laissent se développer un chômage et une précarité insupportables. On parle de "jeunesse" mais les responsables politiques n’ont pas une réelle intention d’aller au devant de ce dont les jeunes ont besoin, de ce qui veulent. Dans les partis, il n’y a pas non plus de réelle volonté d’insérer les jeunes. Les vieux dinosaures en place ne sont pas spécialement ouverts à l’influence des jeunes. Le résultat est que la jeunesse sent que le monde est régi par le pouvoir de l’argent et que les responsables politiques n’y peuvent rien. Au contraire, je crois qu’on y peut vraiment quelque chose, à condition que l’on se mobilise."

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Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière

Nathalie Arthaud, Lutte Ouvrière

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
"Je veux d’abord dire aux jeunes qu’ils ont raison d’être révoltés par cette société capitaliste. Cette société fonctionne à l’envers et elle est condamnée à disparaître. Mais elle ne disparaîtra pas toute seule. Alors il faut des jeunes conscients des combats à mener. Il faut des jeunes, des femmes et des hommes qui ne s’arrêtent pas aux différences de religion, de sexe, d’origine, de couleur de peau, aux différences de métiers, différences parce que les uns sont au chômage, alors que d’autres sont encore au travail et sont conscients de partager un sort commun. Je leur dis : "Au lieu de l’individualisme de la société actuelle, au lieu du chacun pour soi, il y a la solidarité, la force collective des travailleurs et de tous les exploités." A tous ceux qui ne se résignent pas, je dis qu’il y a un autre avenir, celui d’une société débarrassée des inégalités de classe et réorganisée sur des bases communistes."

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Emploi. "Concernant le chômage, je pense qu’il faut aujourd’hui interdire les licenciements et répartir le travail entre tous avec  maintien du salaire. Il faut aussi que l’Etat embauche dans les services publics au lieu de supprimer des emplois par dizaines de milliers dans l’Education, la Poste, ou les hôpitaux. Ce serait la seule façon d’arrêter l’hémorragie des emplois, dans une période où il y a 1 000 chômeurs de plus par jour, et un taux de chômage de 10 %."

Niveau de vie. "Il faut bien sûr augmenter les salaires. Il faut aussi arrêter toutes les formes de précarité : CDD, emplois à temps partiel imposés, stages non rémunérés ou insuffisamment payés, quand ce n’est pas payé du tout. Je ne suis pas contre une allocation d’autonomie pour les étudiants de familles pauvres et modestes car pour eux cela est souvent vital."

Education. "Au-delà du manque de moyens de l’Education nationale, la transmission des savoirs et de la culture se heurte aux limites propres à toute société de classe. Cette culture ne peut en effet être acquise par les enfants des classes populaires que grâce à l’école. Il faut donc se battre pour que l’éducation vise à compenser un tant soit peu les inégalités. La politique de suppression des postes dans l’Education nationale menée depuis cinq ans conduit à sacrifier l’éducation de la jeunesse défavorisée. Il faut donc recruter et former correctement  des enseignants. Les postes d’enseignants spécialisés pour l’aide aux enfants en difficulté doivent être rétablis. Tout cela est à l’exact opposé de la politique menée par le gouvernement."

Logement. "Face à la crise permanente du manque de logements accessibles au plus grand nombre, il faut déjà stopper toutes les expulsions locatives et geler les loyers. Il faut  réquisitionner, parmi les 2,3 millions de logements vides, ceux qui sont immédiatement habitables. Enfin, il faut que l’Etat prenne en charge lui-même la construction massive de logements sociaux. Il faut créer un service public du logement qui se fixe comme objectif la construction de 500 000 logements par an à prix coûtant et sans générer de profit. Ce ne sont pas les travailleurs au chômage qui manquent, ni les jeunes diplômés, architectes et ingénieurs à la recherche d’emploi. Si on laisse la construction de logement aux mains des intérêts privés, jamais la crise du logement ne sera résolue."

Crise financière. "Les jeunes comme la majorité de la population n’ont pas à payer pour une crise née de la spéculation et de l’irresponsabilité des banques, qui elles ont largement  été renflouées par les gouvernements. Dans la mesure où les dirigeants politiques n’ont pas la volonté de s’attaquer au système capitaliste dont les crises sont cycliques ils continueront à essayer de faire payer la population par des mesures d’austérité. Seules des luttes puissantes menées par le monde du travail pourraient inverser le cours des choses. Pour empêcher les financiers de nuire, il faudrait exproprier les banquiers et regrouper toutes les banques en une seule banque publique, fonctionnant sous le contrôle des travailleurs et de la population."

9 /10

Philippe Poutou, NPA

Philippe Poutou, NPA

Quelle est votre réaction à notre enquête sur la situation des 18-30 ans ?
« La jeunesse est plus vue aujourd'hui comme un problème que comme une priorité. Les politiques menées vers elle permettent de tester les réformes libérales qui s'appliqueront au reste de la société.

Ce sont les jeunes qui occupent le plus les contrats précaires : intérim, CDD, alternance, stage. C'est un véritable bizutage social que la jeunesse subit en cumulant les statuts précaires ou les contrats payés en dessous du SMIC. Les jeunes vivent une oppression spécifique. On ne leur laisse pas faire leurs propres choix. Comme ils n'ont pas leur autonomie financière, les choix des jeunes sont réprimés que ce soit par leurs parents ou par la société : choix d'étude, choix quant à leur orientation sexuelle, chance de réussir selon son milieu social, son origine, son quartier...

Il n'y a pas d'avenir pour la jeunesse dans la société qui lui est proposée : les stages sous-payés ou l'alternance sont une véritable aubaine pour les patrons. On augmente l'âge de départ à la retraite alors que les jeunes rentrent de plus en plus tard sur le marché du travail. On dégrade la valeur des diplômes en les individualisant, alors que c'est une garantie de salaires et de statut dans le monde du travail. Tout cela dans une société ou le chômage augmente sans cesse tout comme le coût de la vie. Et pour compléter le tableau, on laisse aux jeunes le risque de connaître une crise écologique sans précédent, qu'elle soit liée au nucléaire ou au CO2. Il n'y a certes pas de quoi se réjouir.

Quelles sont vos priorités pour la jeunesse ?
Autonomie
. « Il faut un statut social pour les jeunes. Ils ne sont plus des enfants mais ils ne sont pas encore totalement intégrés au monde du travail. Ils subissent encore l'oppression, sont considérés comme inférieurs car moins expérimentés... Le NPA milite pour une allocation d'autonomie à hauteur du SMIC pour tous les jeunes jusqu'à leur premier emploi stable, pour pouvoir s'investir pleinement dans leurs études et pouvoir faire leurs propres choix de vie, sans accepter les conditions de travail dégradantes qui leur sont aujourd'hui imposées. »

Emploi. « Il faut interdire tous les contrats précaires, les transformer en CDI pour tous et toutes. Le NPA revendique l'augmentation de tous les salaires de 300 euros et pas un revenu en dessous de 1600 euros nets par mois, y compris pour les stagiaires et apprentis et la prise en compte des périodes d'études, de formation et de chômage dans le calcul des annuités de retraite. »

Education nationale. « Pour se former et obtenir des diplômes de qualité, reconnus dans le monde du travail, il faut abroger les réformes libérales de l'Education. Il faut un budget 100 % public et à hauteur des besoins, la restitution des 80 000 postes supprimés dans l'Éducation et une embauche massive de personnels et d'enseignants. »

Logement. Il faut appliquer la loi de réquisition des logements vides et construire des logements sociaux ainsi que plafonner les loyers.

Citoyenneté. Un statut pour les jeunes, cela signifie reconnaître leurs droits et pas seulement leur imposer des devoirs. Nous sommes pour le droit de vote dès 16 ans, puisque c'est l'âge où l'on peut arrêter l'école, travailler et même aller en prison. Il faut reconnaître le droit de grève aux lycéens et aux étudiants.

Sécurité, immigration et société. Les jeunes n'ont pas besoin de plus de répression : il faut abolir les lois sécuritaires, cesser d'envoyer la police dans les quartiers populaires, les lycées et les universités. Il faut également cesser de criminaliser les consommateurs de drogues et au contraire leur venir en aide. La légalisation est la seule mesure sérieuse en termes de santé publique.

Il faut cesser la chasse aux immigrés. Une carte de lycéen ou d'étudiant doit donner droit d'office à un titre de séjour.

La liberté de circuler, de s'informer, de se cultiver doit être garantie par la gratuité des transports, la baisse des prix pour les produits culturels et l'arrêt du flicage sur Internet.

Enfin, l'autonomie de la jeunesse passe par sa liberté sexuelle. L'avortement et la contraception doivent être libres, gratuits et accessibles. Les jeunes en rupture familiale, notamment les femmes victimes de violences, les lesbiennes, gays, bi, trans et intersexués doivent avoir des structures d'accueil, des foyers autogérés par des associations féministes et LGBTI.

87 % des 18-30 ans estiment que les responsables politiques ne se préoccupent pas d’eux. Cela vous paraît-il alarmant ?
Ils ont raison ! Aujourd'hui, tous les candidats sont des professionnels de la politique, qui viennent d'un milieu social aisé, majoritairement des hommes, blancs, âgés et hétérosexuels. Loin donc de représenter la diversité de la société et notamment la jeunesse. Pourtant les jeunes font de la politique, ils se mobilisent massivement, comme ces dernières années, dans les lycées avec les différents mouvements contre la réforme Chatel, la réforme des retraites ou les suppressions de postes, dans les universités contre la réforme des retraites, la masterisation ou la LRU. Il existe également des luttes de jeunes précaires, dans la restauration rapide par exemple, ou de nouvelles formes de lutte, visibles à travers les mouvements des indignés ou pour la « démocratie réelle ». Il y a de quoi, lorsque l'on est jeune en particulier, être dégoûté par le monde des politiciens. Au NPA, nous faisons le choix de présenter à chaque élection des salariés, des gens comme les autres, qui bossent, sont jeunes ou précaires. C'est le cas à l'élection présidentielle. Philippe Poutou, ouvrier de l'automobile, continue de travailler à l'usine. La politique doit être l'affaire de tous. Elle doit être prise en main par tous ceux d'en bas. Si ce n'est pas nous qui nous battons pour imposer nos choix, pour défendre nos intérêts, alors les professionnels de la politique d'en haut continueront leurs promesses pour obtenir des voix, sans que la politique ne change vraiment en notre faveur.

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Marine Le Pen, Front National

Marine Le Pen, Front National

Marine Le Pen n’a pas répondu à notre demande d’interview.

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