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Mon bénévolat à moi

 Gwenaëlle, 30 ans, architecte Pascale, 32 ans, gestionnaire de carrières Nassima, 16 ans, lycéenne 5

Comme tout le monde, elles ont à peine du temps pour elles. Et pourtant, un jour, elles en ont trouvé pour les autres. Richesse des échanges, découvertes, équilibre personnel, joie simple d'aider...Quatre jeunes femmes nous racontent comment le bénévolat a changé leur vie.

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Ceci n'est pas une commande du Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale (si,si, il y en a un). Ni une tentative de trouver des thérapies alternatives contre la déprime saisonnière (bien que fauchées, nous sommes contre).
Tout a commencé le matin où - alors que temps pluvieux, teint terne, boulot en retard - notre jeune collègue s'est mise à nous raconter dans un immense sourire comment elle avait passé son dimanche à papoter avec Babette, 85 ans, de l'époque où elle chantait avec son accordéon les jours de marché pour payer son loyer. On s'est dit qu'il y avait peut-être autre chose à faire le dimanche que boulotter du chocolat et des épisodes de Modern Family sous la couette.

14 millions de personnes en France sont bénévoles. Nous avons rencontré quatre d'entre elles : Nassima, Judicaëlle, Gwenaëlle et Pascale. Une à trois fois par semaine, elles se rendent dans des associations pour s'occuper des sans-abris, des enfants, des personnes âgées isolées ou des étrangers qui ont besoin d'apprendre le français.

Des super-héroïnes, des saintes ? Pas vraiment. Elles parlent de quelque chose de "naturel" et refusent de se poser en donneuses de leçon. Ces quatre femmes sont surtout heureuses et intarissables sur leur association et leurs bénéficiaires. Elles nous ont dit "il faut essayer, c'est tout !". Depuis, on y pense tout le temps. Ça tombe bien, les associations  manquent encore cruellement de bénévoles.

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Gwenaëlle, 30 ans, architecte

Gwenaëlle, 30 ans, architecte

Bénévole au Secours Populaire depuis quatre ans.
Donne des cours de FLE (Français Langue Etrangère) à des étrangers.

"Être avec eux, ça enrichit le quotidien"

Comment je me suis décidée
"Quand j'étais étudiante à Nancy, j'avais envie de faire du bénévolat. Mais avec mes études d'architecte, je n'en avais ni le temps, ni les moyens financiers. Quand je suis arrivée à Paris, j'ai voulu faire du soutien scolaire mais vu mes horaires – pas libre avant 19 heures- on m'a orientée vers les cours de FLE. Tant mieux ! Depuis mon année Erasmus en Allemagne, où je ne parlais pas du tout la langue, je m'étais rendue compte comment c'était frustrant et handicapant de ne pas pouvoir communiquer dans un pays étranger. Maîtriser une langue c'est la base de tout. Se faire comprendre dans une administration, se déplacer, résoudre un problème du quotidien. Dès le premier cours, j'ai tout de suite accroché avec les apprenants et j'ai su que j'allais continuer."

Ce que j'y gagne
"Ça me calme, ça me rend plus humble, ça me donne de l'énergie aussi. De voir que j'arrive à leur faire assimiler l'orthographe, la prononciation, ça me rend fière. Je serais hypocrite si je disais le contraire. C'est une fierté partagée. Je me souviens à la fête de fin d'année quand un monsieur est venu nous présenter sa fille, bonne élève au collège, et comment il était fier de lui montrer que lui aussi, à 40 ans, il apprenait le français. Mais plus que transmettre, ce qui me plaît, c'est d'être avec eux dans ce groupe. Je ne le fais pas pour me donner bonne conscience, je m'en fiche. Je ne vais pas non plus dire que je découvre les vrais gens. Je n'ai pas rangé mon sac Chanel pour venir ici. C'est simplement qu'être avec eux, ici, ça enrichit le quotidien."

Là où c'est dur
"Ce n'est pas toujours évident de se faire comprendre face à des Égyptiens, des Indiens, des Pakistanais, des Nigériens, dont on ignore complètement la langue. Je ne peux pas arrêter mon explication. Je dois insister jusqu'à ce qu'on me comprenne. Alors, je fais le clown, je mime tout."

J'arrêterais si
"Ce n'est pas prévu. D'ailleurs, quand j'ai commencé mon nouveau job l'année dernière, je leur ai dit dès l'entretien qu'une fois par semaine, je devais impérativement partir à 18 heures. Aujourd'hui, j'envisage même de m'inscrire à une formation pour acquérir des compétences en pédagogie. "

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Pascale, 32 ans, gestionnaire de carrières

Pascale, 32 ans, gestionnaire de carrières

Bénévole à L'armée du salut depuis un an.
Distribue des repas chauds trois fois par semaine dans le 19e, à Paris.

"Si je pleurais tous les soirs, je ne viendrais plus "

Comment je me suis décidée
"C'est mon caractère. Je finis à 17h30, j'ai du temps à consacrer et je me suis dit "Pourquoi ne pas le consacrer aux autres?". Rendre service, ça me plaît. A 16 ans, j'ai vu un reportage sur une association qui aidait les personnes dans une grande précarité. Ça m'a beaucoup touchée. J'ai été voir des associations pour être bénévole, mais tous m'ont dit que j'étais trop jeune. Plus tard, j'ai fait de la collecte de vêtements et de la distribution de repas à Noël pour le Secours Populaire. Puis, je suis partie au Kenya, travailler pour des associations locales. Depuis juillet 2010, je distribue des repas chauds trois fois par semaine de 18h30 à 20 heures. Je viens ici en sortant du boulot et ça me laisse largement le temps de retrouver des amis après ou de faire d'autres activités."

Ce que j'y gagne
"Faire du bénévolat, ça évite de s'apitoyer sur soi-même. Il y a aussi la satisfaction de pouvoir aider quelqu'un même si c'est qu'une seule personne et que je ne vais pas sauver le monde. Ce qui me fait plaisir quand je sers les bénéficiaires, c'est de reconnaître les mêmes gens. Je sais qu'ils vont bien, c'est rassurant. Ça arrive parfois de ne pas voir quelqu'un pendant plusieurs semaines et d'apprendre qu'il lui est arrivé quelque chose, qu'il était malade."

Là où c'est dur
"Pour le moment, je supporte. Je me dis que je ne peux pas les aider plus, je fais tout ce que je peux. Et après, il fait faire une coupure et reprendre sa vie de tous les jours."

J'arrêterais si
"Si émotionnellement, je ne pouvais plus. Si je pleurais tous les soirs, je ne viendrais plus. Pour le moment, je supporte bien. Un jour, j'aimerais bien être bénévole dans une association qui fait de l'alphabétisation."

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Nassima, 16 ans, lycéenne

Nassima, 16 ans, lycéenne

Bénévole pour ADOS (Association pour le Dialogue et l'Orientation Scolaire) depuis deux ans.
Aide les enfants de CM2 et 6e à faire leurs devoirs deux fois par semaine.

"Un enfant me montre ses bonnes notes et tout va mieux"

Comment je me suis décidée
"L'association est dans mon quartier. J'ai commencé à venir ici en 4e, au début pour qu'on m'aide à faire mes devoirs. Il y a deux ans, le directeur de l'association nous a proposé de donner des cours aux plus petits. Ça m'a tout de suite donné envie. Aider les plus jeunes, c'est aussi une façon de rendre ce qu'on a reçu avant. J'ai essayé avec les CP-CM1 mais je manquais de patience pour leur apprendre à écrire ou à compter. Les CM2-6e, c'est plus facile pour moi. Aujourd'hui, je m'occupe d'un petit groupe d'enfants que j'aime beaucoup."

Ce que j'y gagne
"Plein de choses. Quand je suis avec les enfants, je me souviens des profs du collège. Je suis assez nostalgique de cette période où je n'avais pas à préparer le bac. Et puis on rigole beaucoup. J'aide les petits à faire leurs devoirs et après il y a des adultes qui viennent nous aider à réviser. Ensemble, entre bénévoles, on s'apprend beaucoup de choses lors des réunions de fin de trimestre. Et puis, on rencontre toutes sortes de personnes. Il y a un professeur à la retraite, des personnes qui travaillent dans la communication ou le spectacle. Avec nous, ils font un peu les conseillers d'orientation. Je suis toujours contente de venir ici. Parce que ce n'est pas obligatoire comme l'école, mais aussi parce que j'y prends beaucoup de plaisir. Parfois, j'arrive découragée ou triste après le lycée, puis un enfant me montre les bonnes notes qu'il a eues à l'école et tout va mieux, je suis très fière."

Là où c'est dur
"Le premier jour, j'étais timide, je n'arrivais pas à m'imposer. Je manque vraiment d'autorité. Et les maths, c'est dur aussi. Parfois, j'aide les 4e-3e en français, mais pour les maths, c'est impossible. Heureusement, j'ai quatre autres amies de mon âge qui font du bénévolat. Avec elles on parle des enfants comme de nos élèves, on se donne des conseils."

J'arrêterais si
"Quand j'ai trop de devoir, je viens moins souvent. Et je sais que cette année, je dois beaucoup travailler pour le bac de français. Mais, comme j'ambitionne de devenir directrice de l'association, je ne risque pas d'arrêter. "

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Judicaëlle, 32 ans, consultante en communication

Judicaëlle, 32 ans, consultante en communication

Bénévole aux Petits Frères des Pauvres depuis un an.
Visite à domicile des personnes âgées une fois par semaine.

"C'est devenu mon rituel, une question d'équilibre personnel"

Comment je me suis décidée
"Mon job a un côté paillettes, un peu "show off" et futile. Il y a un an, j'ai ressenti le besoin d'être en contact avec de vrais gens. Au départ, je pensais aux Restos du Cœur. Mais quand j'étais plus jeune, je m'étais rendue compte lors d'une mission humanitaire au Sénégal que la position du donneur face à des gens en grande difficulté, qui tendent la main, c'était trop perturbant pour moi. Je suis, de nature, très sensible à la solitude des personnes âgées. On s'imagine soi quand on sera vieille. On pense aussi à ses grands-parents qu'on ne voit pas assez souvent. S'engager aux Petits frères des pauvres c'était une façon de réparer ça. Et puis, avec les personnes âgées, c'est moins lourd. On est dans l'échange, le donnant-donnant. Elles sont contentes de me voir et moi aussi."

Ce que j'y gagne
"Je me repose dans la réalité. C'est ma parenthèse dans un métier où je suis toujours en train de courir. Bien sûr, ça n'a pas été évident avec le travail. A l'époque, j'avais beaucoup de RTT à récupérer, j'ai pris l'habitude de me dégager deux heures de temps libre le vendredi après-midi. J'apprends à savourer le temps aussi. En une heure, on prend le thé, on discute de tout et de rien, on joue au scrabble, on fait un tour dans le jardin. On rigole beaucoup aussi. C'est devenu mon rituel, une question d'équilibre personnel."

Là où c'est dur
"Il y a cette mamie de 99 ans qui est en maison de retraite et n'a plus personne. Elle ne veut jamais sortir de sa chambre, ni pour manger, ni pour faire une promenade. Quand je ferme la porte, je me dis "Voilà! Elle ne verra plus personne jusqu'à la semaine prochaine." C'est profondément triste. Il y a aussi cette dame dont la fille habite à 30 km de chez elle et ne vient jamais la voir. Elle me dit ça en pleurant. Je ne peux rien faire, je n'ai pas le droit de m'immiscer dans les histoires de familles. Je m'attache inévitablement aux personnes âgées, même si je sais qu'elles ne sont pas éternelles. Heureusement, on échange beaucoup avec les autres bénévoles."

J'arrêterais si
"Si j'arrivais plus à gérer en terme de timing. L'avantage, c'est que je peux aller rendre visite à mes personnes âgées quand je veux tant que c'est une fois dans la semaine. En période de rush, j'y vais le week-end."

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