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Zoom sur les FEMEN, ces féministes "sextrémistes"

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Le mouvement FEMEN n'existe que depuis 2008, mais déjà il s'érige comme le mouvement féministe militant le plus prometteur. Qui sont ces filles seins nus qui cherchent des noises à Poutine, au pape, et qui hurlent "In GAY we trust" aux manifs ?

Vous avez sans doute vu leurs actions-happening spectaculaires lors des manifestations de soutien des Pussy Riot, l'Euro 2012 ou encore récemment lors de leur violente altercation avec Civitas pendant les manifestations anti mariage pour tous. Nous sommes allées voir les membres du FEMEN France, à leur camp d'entraînement au Lavoir Moderne, à Paris.
Depuis peu, une antenne de ce mouvement créé en 2008 en Ukraine par Anna Hutsol s'est installée dans la capitale, sous l'impulsion d'une militante engagée depuis le début, Inna Shevchenko. Depuis qu'Inna, sous l'égide du FEMEN, a tronçonné une croix en Ukraine en soutien aux Pussy Riot, elle est en état d'arrestation dans son pays et s'est donc enfuie en France. Comme les quatre autres membres fondateurs du FEMEN, Inna vit aujourd'hui grâce aux dons et aux ventes des produits dérivés de l'association.

Un camp d'entraînement pour FEMENistes
Au FEMEN, pour manifester contre la venue de Poutine à Bruxelles ou perturber le discours du pape (qui depuis a démissionné...) avec des slogans comme "Homophobe shut up", il faut plus qu'être topless. Si la nudité est une "liberté" mais aussi une condition "sine qua none" pour les militantes "sextrémistes" du FEMEN, être topless "redonne au corps féminin sa puissance et permet de réinvestir la ville, c'est notre uniforme d'activistes", nous explique l'un des membres, Julia Javel. Et il faut surtout savoir se défendre : "Sans entraînement, les policiers nous arrêtent en 10 secondes et le message ne se délivre pas. C'est pour cela qu'on s'entraîne à échapper aux prises des policiers, à pouvoir crier même sous la contrainte… Et quand on est topless, à terre, avec quatre policiers pour nous contenir, seins contre le bitume, l'image est forte et le message passe."

Avec leur nudité pour seule armure, les corps peints de slogans et des couronnes fleuries du costume traditionnel ukrainien sur la tête, les activistes du FEMEN doivent faire face aux arrestations et aux réactions parfois violentes de certaines personnes (on se souvient du passage à tabac de Civitas sur les membres du FEMEN lors de la manifestation contre le mariage pour tous…) mais aussi plus globalement de leur entourage. "Le problème, nous dit Julia, c'est qu'en France, les journalistes et les gens avec qui l'on discute nous disent souvent que le FEMEN, c'est super efficace pour l'Ukraine, mais qu'en France on n'en a pas tellement besoin. En fait, ici l'atmosphère est viciée, parce que c'est une société patriarcale qui ne se dit pas, en tous cas pas comme en Ukraine où la seule place pour les femmes c'est d'être prostituées, ou femmes de ménage et que du coup le féminisme semble une réponse évidente. Moi j'ai voulu m'engager lorsque j'ai vu le FEMEN faire une action devant le domicile de DSK, avec des slogans à même leur corps." Julia a donc contacté le FEMEN et milite activement parce que, nous explique-t-elle, le FEMEN montre les femmes telles qu'elles ne sont pas censées être : nues, avec un message précis et engagé, dans la rue, ensemble contre toutes les formes du patriarcat, qu'il soit religieux, sociétal ou plus précis, comme le cas de l'affaire DSK et de la déferlante de propos sexistes sur l'acceptable "troussage de domestique".

Le FEMEN en 10 dates :

2008 : Fondation du FEMEN à Kiev. Sa fondatrice Anna Hutsol déclare que le FEMEN a inventé "une façon unique de s'exprimer, basée sur la créativité, le courage, l’humour, l’efficacité, sans hésiter à choquer. Les gens ne s’intéresseraient pas à notre message si nous n’étions pas habillées de cette façon. Pour la cause, nous n’avons pas peur de nous mettre seins nus ou de porter des bikinis". Au départ, les seins nus symbolisaient la place de la femme dans la société ukrainienne : pauvre, vulnérable et seulement propriétaire de son corps.

Mars 2010 : Les militantes du FEMEN appellent à faire une grève du sexe en Ukraine pour protester contre l'absence de femmes dans le nouveau gouvernement. A l'époque, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov déclare que "la situation dans le pays est difficile, et on a pris dans le gouvernement des gens capables de travailler 16-18 heures par jour et de mener à bien les réformes. Ce n'est pas une affaire de femmes que de réaliser des réformes."

27 juillet 2012 : Une activiste du FEMEN topless, arborant sur son dos nu les mots “Kill Kirill”, se jette sur le patriarche de l’Église orthodoxe russe Kirill Ier à sa descente de l’avion en terre ukrainienne – ce même Kirill que les Pussy Riot ont apostrophé le 21 février dans la cathédrale moscovite du Christ Saint-Sauveur.

17 août 2012 : Le jour du verdict du procès des Pussy Riot, Inna Shevchenko abat à la tronçonneuse une immense croix. Depuis, Inna est en exil à Paris pour échapper aux autorités ukrainiennes.

18 novembre 2012 : La journaliste Caroline Fourest et des membres du FEMEN sont très violemment agressées par Civitas. Selon Fourest, "alors que les militantes du FEMEN venaient d'arriver coiffées comme des nonnes (…) certains membres du service d'ordre et des militants catholiques les ont rouées de coups en hurlant "on hait les gouines". Un photographe de l'AFP a également rapporté que des photographes avaient également été "molestés".

20 décembre 2012 : La bloggeuse égyptienne Aliaa Magda Elmahdy pose avec le FEMEN devant l'ambassade d'Egypte à Stockholm avec peint sur le corps : "Sharia is not a constitution".

21 décembre 2012 : Manifestation à Bruxelles du FEMEN contre l'arrivée de Poutine. "Les policiers nous attendaient de pied ferme à la gare, ils étaient une quinzaine", nous raconte Julia Javel.

13 janvier 2013 : Quatre militantes en faveur du droit des femmes et des homosexuels se déshabillent place Saint-Pierre à Rome pendant que le pape récitait l’Angelus, avant d‘être interpellées par la police.

31 janvier 2013 : Le FEMEN France organise sa première soirée de soutien : la FEMEN PARTY au Lavoir Moderne Parisien (Paris 18ème).

8 mars 2013 : Calmann-Lévy, en collaboration avec le FEMEN, sortira le premier livre qui retrace l'histoire du mouvement des sextrémistes à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

--> www.femen.org

Un féminisme international
Celles à qui l'on peut reprocher de montrer leur corps pour se donner de l'importance et buzzer avec de jolies filles venues de l'Est (sic) jouent justement de leur nudité comme d'un moyen de visibilité très efficace et admettent que "seul le temps montrera si l'on a réussi à faire revivre quelque chose considéré comme désuet. En France, être féministe est presque une insulte et beaucoup de femmes s'en défendent violemment." Lorsque le FEMEN a été créé en Ukraine, il n'y avait aucune forme de féminisme dans ce pays. En quatre ans, le FEMEN est devenu un mouvement international, aux messages très clairs, qui a une antenne au Brésil, en France (une cinquantaine de membres) et récemment en Allemagne, sans compter la branche FEMEN Egypte créée avec la bloggeuse en exil à Stockholm depuis qu'elle a posé nue sur son blog, Aliaa Magda Elmahdy.

Un activisme hystérique ?
Les membres du FEMEN ne manquent pas d'humour, ont le goût de la provoc' et sont prêtes à tout pour se donner les moyens de changer la "situation dramatique" des femmes dans la société. Récemment, une vidéo postée par le FEMEN a fait le tour de la toile : on y voit du "boobs art", ou comment créer des œuvres facilement commercialisables avec de la peinture et... une paire de seins.

Ces produits dérivés, comme aussi les T-shirt, permettent donc à certains membres de vivre (même si la plupart sont bénévoles), de se rendre pour protester partout à travers l'Europe, d'avoir des locaux… Ces considérations financières, au départ, Julia Javel n'y pensait pas, mais lorsqu'elle a commencé à militer activement, cela a posé problème dans son travail : "Je suis photographe de mode, et après notre altercation avec Civitas, il y a eu beaucoup de photos de nous dans les journaux. Certains clients m'ont reconnue et j'ai perdu des contrats. Leurs propos étaient très violents : on ne veut pas être associé à cet "activisme hystérique", ce "féminisme satanique"..." L'une des fondatrices du FEMEN, Alexandra Shevchenko, martèle pourtant le point de vue du mouvement à l'égard des religions : “Nous n’avons rien contre ces gens qui prient et ont besoin de croire en quelque chose. Simplement, nous en avons après tout ce qui entrave les droits des femmes, à savoir l’islam, le catholicisme, l’orthodoxie ou le judaïsme. Nous menons une guerre contre la religion qui implique que la femme soit l’esclave de l’homme.”

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Bethsabée Krivoshey
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