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#YesAllWomen : le hashtag qui répond à Elliot Rodger, le tueur misogyne de Santa Barbara

#YesAllWomen : l

Elliot Rodger, 22 ans, déjà surnommé le "tueur de Santa Barbara", a assassiné 6 personnes vendredi soir dernier, avant de se suicider. Il avait posté la veille de ses actes une vidéo, véritable manifeste misogyne.

"J'ai 22 ans, et je suis vierge" : c'est dans sa vidéo postée la veille de ce qu'il appelle son "grand châtiment" que le jeune Elliot Rodger, par ailleurs fils de l'assistant réalisateur du film The Hunger Games Peter Rodger, professe un étrange manifeste filmé : misogyne, il a décidé de se venger de tous ceux qui "font l'amour", "ont une meilleur vie que lui", et de toutes les femmes qui l'ont supposément rejeté, rien que par leurs existences ignorantes de la sienne . "If I can't have you, girls, I will destroy you" : "Si je ne peux pas vous avoir, les filles, je vous détruirai", dit-il encore en se qualifiant de "suprême alpha".



Si les États-unis sont en émoi, beaucoup de voix sont décidées à mettre en lumière ce qui semble bien évident cette fois : cet acte meurtrier n'est pas à mettre simplement sur le compte de la folie mentale, Elliot Rodger était un jeune homme sexiste et haineux envers les femmes qu'il voyait simplement comme des objets sexuels se refusant à lui, et c'est bien ça qui l'a poussé à tuer ses colocataires au couteau, avant de s'attaquer aux filles d'une sororité de son université. Ainsi les garçons retrouvés poignardés dans son appartement, George Chen, 19 ans, Cheng Yuan Hong, 20 ans, Weihan Wang, 20 ans et ensuite celles et ceux tués par balles, Katie Cooper, 22 ans de la maison Alpha Phi, Veronika Weiss, 19 ans et aussi Christopher Michael-Martinez, 20 ans, sont la conséquence de la dérive d'un garçon aux idéaux totalement erronés.

C'est ce que le professeur David J. Leonard, professeur spécialisé dans le genre et la race, de l'Université de Washington, appelle le "White Delusional Disorder", soit le "Trouble la désillusion blanche" : la frustration ressentie face aux divers pouvoirs émergeants, ce que certains Blancs ressentent comme une atteinte à leur personne, comme on a pu le voir notamment sur Twitter lors de la réélection de Barack Obama. Comme David Leonard l'explique dans une tribune publiée sur Ebony en 2012, "Le danger n'est pas seulement des tweets racistes ou des étudiants Blancs qui jettent des pierres, mais la croyance que la roue tourne, que les Blancs sont la minorité, et que le privilège Blanc est un mythe." 

D'autres s'alarment aussi du fait que l'on trouve toujours des raisons expliquant les actes barbares des hommes Blancs, alors que, comme l'explique l'ancienne nageuse et désormais avocate de Women's Sports Foundation Nancy Hogshead-Makar, citée dans un article de Gawker encore signé David Leonard :"Vous aussi, vous pensez que c'est bizarre que des hommes Blancs commettent une majorité écrasante des crimes de masses, mais que les gens n'identifient pas cela comme un facteur causal ? À la place, on parle de maladie mentale ou de régulation des armes. Si c'était des femmes asiatiques ou des hommes Juifs ou des vieux africain-américains, ce serait le sujet numéro un. Mais pas les hommes Blancs. En fait, les médias répondent aux fusillades massives en ré-imaginant parfois l'homme Blanc en victime." Et de déplorer dans le même article, citant l'exemple d'Adam Lanza, 20 ans, l'auteur de la tuerie de Newton (26 victimes) qu'il n'y a toujours pas de "conversation nationale" sur pourquoi les hommes Blancs sont environ 30% de la population américaine, et 70% des auteurs de ce genre de massacres vengeurs.

Cette fois, les femmes ont décidé de répondre à la violence des actes d'Elliot Rodger et de ceux qui ont le même genre d'idéologies destructrices. Car si Elliot Rodger souffrait du syndrome d'Asperger, comme insiste l'avocat de sa famille, il était depuis des années membre assidu du forum en ligne PUAhate, soit Pick Up Artiste Hate (fermé depuis les faits, ainsi que leur compte Twitter), site créé pour "révéler les arnaques, déceptions, et les techniques de marketing trompeuses utilisées par les gourous de la drague pour décevoir les hommes et profiter d'eux"...  La caricature voulant que ce soit une communauté de jeunes hommes "nerds", mal dans leur peau, haters, souffrant en victimes que l'hégémonie de l'homme Blanc ne soit pas plus effective, comme le prouvait leur incapacité à se "faire" des filles.

Dans Writing the Male Character (1982), l'écrivain et poétesse Margaret Atwood met en valeur ce manque clairement de clairvoyance par un exemple frappant  : ‘”Pourquoi les hommes se sentent menacés par les femmes", ai-je demandé à un ami homme. Donc cet ami, qui existe vraiment, m'a commodément fait cette réponse : "Je veux dire, ai-je continué, les hommes sont plus grands, la plupart du temps ils peuvent courir plus vite, ils étranglent mieux, et ils ont en moyenne carrément plus d'argent et de pouvoir". - "Ils ont peur que les femmes se moquent d'eux, m'a-t-il dit. "Qu'elles cassent leur vision du monde". Ensuite, j'ai demandé à des étudiantes femmes, lors d'un court séminaire sur la poésie que je donnais, "Pourquoi les femmes se sentent menacés par les hommes"? "Elles ont peur de se faire tuer", m'ont-elles répondu."

Ainsi, sous le mot-dièse #YesAllWomen, des femmes et des hommes du monde entier, d'abord depuis les États-Unis puis de partout dans le monde, s'expriment sur la Toile pour faire entendre leur indignation et leur refus de cataloguer cet acte comme le crime d'un simple "dément". En voici quelques exemples :

 

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Bethsabée Krivoshey
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