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Viol à Steubenville : la honte de l'Amérique

Steubenville viol

L'affaire d'une adolescente inconsciente de 16 ans violée par deux golden boy de l'équipe de football locale, les Big Reds, met à mal l'Amérique.

En août dernier, deux membres de l'équipe de football américain du collège de Steubenville, dans l'Ohio, Ma’lik Richmond et Trent Mays, ont profité d'une étudiante de 16 ans en coma éthylique pour la violer et lui faire subir d'autres humiliations. Ils l'ont emmenée, inconsciente, de fête en fête durant plusieurs heures, la violant à plusieurs reprises et devant témoins, sans que personne n'intervienne. Selon des témoignages, les violeurs présumés auraient aussi uriné sur leur victime. En même temps, des photos et vidéos ont été publiées sur les réseaux sociaux, avec des légendes qui plaisantaient sur le viol... Certains ont même twitté la scène en direct avec le hashtag #rape. Au départ, les habitants de cette petite ville de l'Ohio, incrédules que des membres de leur équipe favorite aient participé à cela, ont essayé d'étouffer l'affaire ; les Anonymous s'en sont alors mêlé, divulguant une vidéo et promettant des représailles au coach de l'équipe et aux autorités de l'école si les violeurs n'étaient pas présentés devant la justice.



La suite de l'histoire est tellement choquante que ça frise la mauvaise blague. Alors que s'est déroulé le procès des deux garçons il y a deux jours, une journaliste de CNN a versé quelques larmes, s'apitoyant sur le sort des deux adolescents violeurs aux "destins brisés". Ma’lik Richmond, 16 ans, a été condamné à un minimum d’un an dans un centre de détention pour mineurs et son co-accusé de 17 ans, Trent Mays, a écopé d’une sentence d’un an de plus, également reconnu coupable d’avoir diffusé des photos indécentes d’une mineure.

Si l'on peut mettre ces agissement sur le compte d'une jeunesse inconsciente (au départ, les garçons avaient nié les faits), ou une pression collective aveugle, c'est sans compter les réactions de l'opinion publique américaine ; des "elle n'avait qu'à pas boire" et autres messages de haine font massivement porter à la jeune fille le chapeau. Comme le rappelle la bloggeuse Valérie de CrepeGeorgette dans son papier intitulé "Comprendre la culture du viol", c’est étrangement toujours à la femme qu'incombe la responsabilité ; que ce soit sur la longueur de sa jupe, ses promenades nocturnes ou son débit de boisson, jamais on n'entend l'inverse : ils n'avaient qu'à pas sortir tard ; qu'à pas boire ; qu'à pas violer. "Ce fait-divers nous montre, dans toute son horreur, ce qu’est la culture du viol, ce qu’est une société où non seulement l’on viole, mais où l’on encourage, entraîne, pousse à trouver le viol normal, inévitable, naturel et au fond drôle."


Cette fois encore, Twitter se montre le reflet de la vox populi la plus lamentable. La preuve avec ces nombreux tweets haineux du Tumblr Public Shaming, qui recense sans fautes les tweets qui défendent les violeurs plutôt que la victime.

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Bethsabée Krivoshey
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