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Une nuit à suivre Saskia, photographe de soirées

Saskia Lawaks

Allez dans n’importe quelle soirée branchée à Paris, vous y croiserez forcément Saskia Lawaks, mitraillant à tout va. Car la jeune trentenaire est en passe de devenir la photographe officielle de la hype, qu’elle met en scène sur son blog, Facescoop.

18h15 : Rendez-vous devant le célèbre multimarque de la rue Saint-Honoré pour la Colette music box No 2. Pedro Winter et ses acolytes – DJ Mehdi, Boombass (Cassius), Brodinski et Pilooski - sont aux platines. Ca se passe au sous-sol, dans le « water bar ». Une longue queue s’est formée à l’entrée du magasin. Saskia claque la bise à Guillaume Salmon, RP de Colette, et passe direct. Elle parvient à se frayer un chemin dans la foule, constituée d’ados hystéros. Et mitraille les DJs et leur jeune public avec son inséparable Canon Reflex.

19h15 : On hèle un taxi direction les Abbesses. Le conducteur freine de manière brusque. On a toutes les deux mal au cœur. Dix minutes plus tard, on arrive à bon port mais livides. On reste dehors  pour respirer l’air frais, histoire de reprendre quelques couleurs.

19h35 : Requinquées, on finit par s’engouffrer dans la galerie W située en haut de la rue Lepic (18e arrondissement). On monte au premier. Le lieu, qui accueille une expo de photos noir et blanc, est le cadre de la petite sauterie organisée par le magazine gratuit Keith. Saskia reconnaît pas mal de gens et inversement. « Je suis très physio », lance-t-elle. Elie et Emilie aux looks « punko-gothiques » ont déjà été pris en photo par ses soins, ils se prêtent de nouveau très volontiers à l’exercice. Plus les personnes sont excentriques, plus elles retiennent l’attention de Saskia. Comme Romain, étudiant, legging en cuir, aux cheveux roses fluo (Il change régulièrement de couleur).« C’est un travail de chasse pour capturer la différence », affirme-t-elle. Aux nouvelles têtes, elle demande leur nom - qu’elle tape sur son portable – en vue de les faire figurer sur son site Facescoop. Jamais de photos volées, ce n’est pas la politique maison. L’attachée de presse du Bus Palladium demande à Saskia si elle peut remplacer au pied levé le photographe qui vient de la planter. Celle-ci décline la proposition car elle a d’autres plans en tête. Prochaine étape : le Trianon.

20h45 : On descend la rue Lepic pour rejoindre le boulevard de Rochechouart, non loin de là. Nous prenons enfin le temps de parler d’elle, de ses projets sans qu’elle ait à s’interrompre pour dégainer son appareil. Saskia est lucide, « je fais aussi partie de la scène, je suis à la fois actrice et spectatrice ». « Je ne bois pas, je ne me drogue pas, je ne fume pas », prévient-elle au cas où on en aurait douté… Le secret d’une bonne soirée selon Saskia ? « La découverte d'un lieu fascinant, la scénographie, les personnalités et les personnages qu'on y croise, sans oublier un happening musical !" 

21h15 : Arrivée au Trianon. Le collectif Elegangz organise une grande fête Swing at the top carnival, en clin d’œil au Carnaval de Rio et à mardi gras. On recroise pas mal de gens présents à la galerie W, dont Romain et ses cheveux roses. En prélude au concert de la chanteuse Ebony Bones, les Badger Badger chauffent la salle avec leurs rythmes envoutants. Saskia sort cette fois son petit appareil (un Canon powershot), et se tient prête pour la suite des festivités.

22h30 : La bondissante et haute en couleur Ebony Bones brûle les planches du Trianon. Saskia, positionnée juste devant la scène, bombarde la chanteuse sous toutes les coutures. A côté d’elle, un paparazzi bien connu des soirées parisiennes n’entend lui non plus ne pas louper une miette du spectacle.                    

23H15 : Le show est terminé. Sur scène, des DJs prennent la relève. Saskia tape la discute avec un photographe qu’elle a visiblement l’habitude de croiser, l’ex-attachée de presse d’une marque de jean, un manager dans la musique… Et flashe régulièrement, entre deux conversations, sur des piercés, tatoués et autres gens au look un peu trash. Et de commenter : « Il n’y a pas de physique ingrat ». Elle s’applique, quitte à s’y reprendre vingt fois, jusqu’à obtenir le cliché qui trouvera grâce à ses yeux.

00h30 : On se pose au café La Cigale. Elle me raconte son enfance cosmopolite passée entre la Norvège où elle est née, la Belgique, Nice, Tel Aviv, avant d’atterrir à Paris après la fac (petite précision, la demoiselle maîtrise quatre langues !). Son approche de la mode, du monde de la nuit, de la photo et sa définition de la beauté témoignent d’une bonne compréhension de son époque. Saskia est une visionnaire, ses études de psycho ont sans aucun doute influencé sa manière d’appréhender les choses. Elle a d’abord pratiqué le « street style », qui consiste à capter les tendances de la rue, avant d’ajouter d’autres cordes à son arc comme les soirées, vernissages et défilés lors des fashion weeks (elle est ponctuellement  l’œil de Vogue.com). « Quand tu mets en avant des personnes, tu donnes d’une certaine façon ton avis. Etre à la page, c’est la meilleure manière d’être démodée. Je suis plus orientée sur le style et la sociologie des tendances,  que sur la mode en elle-même car elle est éphémère. Je me suis mise à la photo car c’est un moyen pour moi de communiquer avec les autres ». Autre volet de son travail qu’elle entend approfondir : son intérêt pour les jeunes créateurs. « J’ai envie de les célébrer », lance-t-elle avec enthousiasme, « dénicher des talents et les raconter ».

2h00 : Le café est sur le point de fermer. Chaises et tables sont rangées. On n’attend plus que nous. Elle clôt la conversation par cette phrase : «Dans cet univers, ma force, c'est ma liberté ».A méditer… On  comprend que Saskia poursuit son bonhomme de chemin toute seule, sans rien quémander. C’est elle qui fixe l’ordre du jour. C‘est elle aussi, débrouillarde et un brin culottée, qui s’arrange pour avoir ses entrées grâce au large carnet d’adresses qu’elle s’est constituée. Le jour même, elle couvre la très sélect after party des Césars pour son compte.

http://www.facescoop.com

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Audrey Khalifa
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