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Tribune anti-féministe : mais comment peut-on être autant à la masse ?

Catherine et nous, c

Pendant que les élites américaines célébraient des Golden Globes sous le signe de l’égalité femme-homme, en France, 100 femmes (dont une poignée de célébrités) planchaient sur une tribune anti #metoo. Son titre : "Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle"... L'avez vous lue ? Nous oui... On a tenté de trouver des excuses aux signataires.

#1 Parce que personne ne leur a dit qu’on était en 2018

L’actrice Catherine Deneuve, l’écrivaine Catherine Millet, l’animatrice Brigitte Lahaie… Toutes ont signé une tribune dénonçant le climat post-affaire Weinstein, publiée dans Le Monde mardi 9 janvier. De l’an de grâce 1462 ? Que nenni : de 2018 ! Mais cette fine équipe n’a pas reçu le mémo et a l’impression, comme elle l'explique dans cette tribune, de vivre "au bon vieux temps de la sorcellerie", où les femmes sont enfermées dans un statut de "pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons". Ce matin, en vous habillant comme vous l’entendiez, pour exercer le métier que vous avez choisi et gagner votre argent, avant de le dépenser dans un bar avec votre plan cul Tinder, vous n’avez certainement pas réalisé que vous étiez totalement oppressée par le féminisme contemporain, cette doctrine digne des heures les plus sombres du Moyen Âge. Naïve que vous êtes.

#2 Parce qu’elles ne se baladent qu’en Uber Berline

Le grand cheval de bataille de Cathoche et ses copines ? Défendre la "liberté d’importuner". C’est-à-dire que si un homme veut vous siffler dans la rue, il peut, car ce genre de comportement est "indispensable à la liberté sexuelle". Bien au chaud dans leurs voitures avec chauffeur, les signataires ont certainement pris le temps de se mettre à la place de l’usagère des transports en commun lambda, ou de l’arpenteuse de trottoirs ordinaire. Comme l’auteure de ces lignes par exemple, qui en décembre dernier a subi "la liberté d’importuner" d’un frotteur du métro en érection. Puis, deux jours plus tard, d’un harceleur de rue, qui a qualifié ses parties génitales de "schneck pourrie" quand elle a tenté de lui expliquer qu’il était déplaisant d’être draguée lourdement quand on veut juste rentrer chez soi. La prochaine fois, il faudra prendre de la hauteur et, comme ces dames, voir dans de tels comportements "l’expression d’une grande misère sexuelle". Ou bien s’acheter une BMW avec sièges en cuir (chauffants, hein, les sièges).

#3 Parce que personne ne les harcèle

Breaking news : les personnes qui redoutent le plus d’être emmerdées dans les transports sont… les jeunes filles. Et en France, 82% des femmes affirment avoir été victimes de harcèlement de rue avant d'avoir 17 ans. De là à penser que Catherine Millet (69 ans), Catherine Deneuve (74 ans), Ingrid Caven (79 ans), Catherine Robbe-Grillet (87 ans) ont oublié cette peur en avançant en âge, il n’y a qu’un pas, qu’on vous laisse libre de franchir. A moins que le statut privilégié des signataires (connues, reconnues et/ou riches, Blanches pour la grande majorité) ne leur ait permis de mieux vivre les attaques du patriarcat ? En tout cas, il les aura autorisées à publier leur pamphlet qui fait pschitt dans un grand quotidien. Et vous qui pensiez "qu’on ne pouvait plus rien dire"


#4 Parce que ces temps-ci, elles étaient busy


Si Catherine et ses copines ont signé cette tribune lunaire et déplacée, c’est que ces dernières années, elles étaient trop occupées pour sortir la tête de leur derrière. En 2017, Deneuve défendait Roman Polanski, artiste qui a dû fuir les US et compter sur la prescription pour ne pas être condamné pour pédophilie. En 2015, la philosophe Peggy Sastre publiait La domination masculine n'existe pas, un bouquin expliquant que si les femmes étaient dominées par les hommes, c’est qu’elles étaient bien d’accord. En 2005, Catherine Millet signait une pétition des Inrocks pour soutenir Jean-Claude Brisseau, réal’ condamné quelques mois plus tard pour harcèlement sexuel à l’encontre de plusieurs actrices. A la place, cette fine équipe aurait pu s’engager aux côtés des femmes ordinaires, celles qui tweetent des #metoo et des #balancetonporc, mouvements imparfaits comme toutes les révolutions. Ou elles auraient pu se taire. Il n’est pas trop tard pour commencer.



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Coline Clavaud-Mégevand
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