• covfefe-GLAM-snippet-LVV

Actuellement en kiosque !

GL cover mag Septembre 2017 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
Inboard

#StealthFreedom : Masih Alinejad lève le voile sur la condition féminine en Iran

Iranienne

Depuis qu’elle a invité ses concitoyennes à publier des photos d’elles sans voile sur Facebook en mai dernier, la journaliste iranienne Masih Alinejad est victime d’un lynchage médiatique. Retour sur le phénomène "Stealthy Freedoms of Iranian Women".

#StealthFredoom, une initiative Facebook

Un véritable vent de liberté souffle sur la République Islamique Iranienne depuis la création le 3 mai dernier de la page Facebook "Stealthy Freedoms of Iranian Women" ("furtifs instants de liberté des femmes iraniennes"). À l’origine de cet engouement, une femme, Masih Alinejad, journaliste iranienne exilée à Londres depuis 2005 pour avoir révélé un scandale de bonus au Parlement. Elle a défié la loi islamique en postant sur son compte Facebook une photo d’elle prise dans sa voiture sans hijab (voile islamique) avec le mot-dièse #آزادÛ?Û?Ù?اشکÛ? (ou #stealthfreedom, "liberté furtive"). Rapidement, s’en est suivi une page Facebook avec des centaines de clichés d’Iraniennes tombant le voile et près de 500 000 "j’aime". Une embolie non-négligeable dans un pays où les réseaux sociaux sont officiellement interdits par le gouvernement. 

 Masih Alinejad a déclaré ne pas être opposée au port du hijab. Elle souhaite juste ques les femmes aient la liberté de choisir. Crédits : Facebook.  

“Je sais que beaucoup de femmes enlèvent leurs voiles quand elles sont en privé. Je leur ai demandé de m’envoyer des selfies de ces furtifs moments de liberté où elles sont elles-mêmes. Quand j’étais en Iran, j’enlevais mon voile quand je me trouvais à la campagne ou dans un espace privé. Je me suis demandé combien d’Iraniennes ressentaient les mêmes choses que moi. La réponse est : beaucoup plus que ce j’avais imaginé.” a confié Masih Alinejad aux Inrocks. Et en effet, des centaines de femmes lui ont envoyé des clichés d'elles dévoilées :

Depuis, la journaliste iranienne est en proie à un déferlement médiatique agressif de la part des chaînes télévisées étatiques de son pays.

Lever le voile, un acte interdit

Car montrer ses cheveux est formellement interdit par la loi du pays. En effet, depuis la Révolution iranienne de 1979, le port du hijab est obligatoire dans les espaces publics. Une autre loi de 1983 stipule par ailleurs que quiconque dérogerait à la règle se verrait sanctionner de 60 jours de prison et de 70 coups de fouet.

La création de la page Facebook "Stealthy Freedoms of Iranian Women" vaut désormais à Masih Alinejad d'être la cible d’un véritable acharnement médiatique, relayé en boucle par les télévisions d’État. Menaces de mort, rumeurs et autres fausses accusations rythment le quotidien de la jeune femme. Un journaliste d’une des chaînes nationales iraniennes est allé jusqu’à affirmer que Masih Alinejad était une accro à la drogue, qui aurait été violée sous les yeux de son fils.###Twitter###"Des agences de presse très conservatrices iraniennes comme Fars New, m’ont traité d’anti-révolutionnaire" ajoute-t-elle. Rien de surprenant car même si le nouveau président iranien, Hassan Rohani, un modéré élu en juin 2013, a promis d’améliorer la condition féminine, il se doit néanmoins de respecter le Guide suprême ayatollah Ali Khamenei et les ultraconservateurs religieux avec qui il partage le pouvoir.

Des accusations que l’Iranienne s’est aussitôt empressée de nier en postant un film sur sa page Facebook : "La vengeance la plus terrible est de recourir à ce dont les extrémistes redoutent le plus : une vidéo de moi en train de chanter dans le métro londonien, sans voile". Masih Alinejad ajoute à France 24 : "Ils veulent simplement me déshonorer et porter atteinte à ma réputation. Dans un pays comme le nôtre, lorsque vous avez une mauvaise réputation, toute votre famille en pâtit. Cela fait trente ans maintenant qu’ils utilisent ces méthodes pour discréditer les journalistes et dissuader les activistes d’opposition"

À travers une longue tribune publiée le 4 juin dans le Times.com, Masih Alinejad revient sur les conséquences du phénomène "Stealthy Freedoms of Iranian Women" : "La semaine dernière, l'ancien candidat à la présidence Haddad Adel (...) a déclaré que le gouvernement était en train de perdre le contrôle sur la question du voile. C'est à partir de là que les extrémistes ont créé un climat d'anxiété, d'abord avec l'invention d'une fausse histoire de viol", puis avec les déclarations de Vahid Yaminpour d'un célèbre présentateur télé, . "Masih Alinejad est une "pute", et non une hérétique comme certains le prétendent" a-t-il écrit sur sa page Facebook. Mais la journaliste ne compte pas se laisser faire : "J'ai longuement réfléchi à la façon dont j'allais leur répondre. Par principe, je vais les poursuivre pour dommages et intérêts et déposer une plainte officielle contre la télévision nationale".

Depuis les actions entamées par Masih Alinejad, la police religieuse se montre de plus en plus sévère à l'encontre des Iraniennes, notamment avec l'arrivée du printemps. Les conservateurs ont même organisé de vastes campagnes de sensibilisation, comparant les femmes légérêment vêtues à des pistaches sans coquille ou à des voitures de luxe sans couverture de protection. 

ATTENTION : L’IMAGE CI-DESSOUS PEUT CHOQUER.

Récemment, la photo d'une jeune femme ensanglantée a circulé par SMS dans tout le pays. Accompagnée d'un texte expliquant qu'elle aurait été violée parce qu'elle ne portait pas le voile, l'image sert à avertir les Iraniennes du sort qu'elles encourent si elles enfreignent la loi. Un journaliste de Tasnim News Agency a en effet déclaré qu'un homme avait le droit de violer une femme sans hijab.  

La répression ne décourage néanmoins pas Masih Alinejad qui continuent à croire en la promesse de jours meilleurs : "Quand l'Iran s'est qualifié pour la Coupe du Monde en juin dernier, toute la rue s'est mise à fêter le titre, hommes et femmes se mélangeaient librement face à des policiers démunis" se souvient-elle avec nostalgie.

LIRE LA SUITE
Maïlys Derville
Inread
Loginnn

Vous possédez un compte Glamour ? Gagnez du temps !

se connecter
Mme M.

JE SOUHAITE RECEVOIR

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.