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“Sorry syndrome“ : pourquoi les femmes s'excusent-elles tout le temps ?

Sorry Syndrome : pourquoi les femmes s

Les femmes s’excusent, souvent, même quand elles n’ont rien à se reprocher. Que signifie ce tic de langage? Excès de politesse ou tendance à l’auto-flagellation? Pour le savoir, on a testé la “sorry détox“.

Plus de 50 000 téléchargements en deux semaines. Lancé début janvier, le plug-in Gmail Just Not Sorry est déjà un hit. Disponible sur Chrome – en anglais pour l’instant –, ce logiciel gratuit imaginé par deux jeunes Américaines, la business woman Tami Reiss et la linguiste Deborah Tannen, s’adresse spécialement aux femmes actives qui s’excusent trop par e-mail (“Désolée, je te dérange, pardon j’aurais dû te répondre plus tôt… “). Just Not Sorry souligne en rouge ces mots interdits et propose des alternatives. L’objectif ? Ecrire de façon plus directe et gommer cette tendance à se dénigrer.
Si ce gadget, a priori girl power, semble infantilisant, son succès prouve qu’il appuie sur une faille narcissique bien réelle. Ce n’est pas la géniale Amy Schumer qui dira le contraire. Partagé des milliers de fois, son sketch “I’m Sorry“ dénonce cette culture très féminine de l’ultra-excuse. On y voit l’actrice américaine, entourée d’autres femmes, dans le rôle de spécialistes, invitées à s’exprimer lors d’un colloque. Mais le débat capote rapidement, aucune n’osant interrompre les autres.

Êtes-vous atteinte du sorry syndrome ?

Comme beaucoup de femmes, je suis une désolée chronique. Qu’on me bouscule à la caisse du supermarché, me double dans la queue du poulet-frites à la cantine, ou que je percute une porte vitrée, je dégaine dans un réflexe quasi pavlovien un “pardon“ doublé d’un sourire gêné. Un tic de langage que j’ai longtemps attribué à ma bonne éducation. Vraiment ? Certains spécialistes voient dans cette “pardonnite aiguë“ une pathologie baptisée sorry syndrome. Et selon une étude canadienne publiée en 2010, les femmes seraient les plus concernées. La raison ? Un seuil de tolérance face à une situation embarrassante plus bas que celui des hommes. Mon cas n’a pas l’air irrécupérable avec une moyenne de quinze “pardons“ quotidiens – certaines flirtent avec les 40 –, ma semaine de détox se fera, pardon d’être cavalière, les doigts dans le nez.

Crédit : Getty

La fille (trop) polie de l’open space

Premier constat. Je m’excuse majoritairement pour masquer une gêne, si j’estime avoir empiété sur l’espace vital de quelqu’un par exemple. Au boulot, je les distribue à la pelle comme une formule de politesse. Et si je dois demander à un collègue de mettre le turbo pour pourvoir avancer dans mes tâches, je me flagelle allègrement : “Désolée de te déranger, mais tu comprends, la boss me stresse, mais surtout je ne voudrais que tu aies l’impression que je te mets la pression, hein…“ Et je ne suis pas la seule. La plupart des femmes au travail vivent chaque mini-dérangement ou demande comme un trauma et ce, même à responsabilité élevée.

Léonie, 31 ans, est chef de projet dans une agence de pub : “Prendre des pincettes me donne l’impression d’être moins agressive et autoritaire aux yeux de ma stagiaire, et pas trop menaçante vis-à-vis de ma boss. Je glisse souvent des smileys dans mes e-mails quand je propose une idée ou exprime un souhait, pour faire passer la pilule en douceur.“ Etre la fille sympa de l’open space peut sembler judicieux pour avoir la cote. Mais d’après Mika Brzezinski, gourou des working girls américaines et spécialiste de la question, c’est une mauvaise idée : “Commencer une phrase en s’excusant place d’emblée en situation de désavantage. D’autant que ces quelques mots s’accompagnent souvent d’une posture physique maladroite, le regard fuyant et les épaules voûtées, comme pour se protéger de la réaction
de l’autre
.“

Crédit : Getty

Parce qu’on leur a appris à être plus dociles que grandes gueules, les femmes ont du mal à s’imposer (même quand les lauriers sont mérités). Selon le rapport Women in Management, publié en 2013 par le Chartered Management Institute
en Angleterre, dire pardon trop souvent peut être un frein à une carrière. Pour Helen Calcraft, l’une des auteures de l’étude, “les femmes se sentent obligées de se justifier : pourquoi elles ont fait tel choix, pourquoi elles ont besoin de s’échapper plus tôt, laissant apparaître leur manque de confiance. Pourtant rien ne les oblige à le faire !“

Le pouvoir du “merci“

Pour se désintoxiquer, chacune a sa technique. Jen Clarke, trentenaire installée à Memphis, glisse un dollar à chaque fois qu’elle s’excuse sans raison valable dans sa tirelire baptisée apology jar. Dans mon cas, après une semaine d’auto-censure, et quelques ratés, les résultats commencent à payer. Je me suis d’abord fendue de sourires niaiseux quand un “pardon“ me brûlait les lèvres. En suivant les conseils de Mika Brzezinski, j’ai bossé pour éliminer ce sentiment de culpabilité jusque dans mon body langage : “Se tenir droite quand on s’adresse aux autres, toujours les regarder dans les yeux.“ Autre méthode testée et approuvée par plusieurs psys : dire “merci“ à la place de “pardon“, comme louer les qualités d’écoute de sa collègue au lieu de se lamenter d’être une zéro…

Un résultat gagnant-gagnant : une estime de soi dopée tandis que les autres se sentent flattés. Après dix jours, le verdict : dans ma bouche, ce mot a repris tout son sens. Je l’utilise lorsque j’ai vraiment l’impression d’avoir blessé quelqu’un (et pas seulement la porte vitrée). Une expérience quasiment grisante. Mais attention à utiliser votre bel ego tout neuf à bon escient. Oui, les femmes qui s’excusent trop nuisent à leur karma, mais pas autant que les bulldozers qui piétinent les autres sans vergogne.

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Céline Puertas
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