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Sophie Bramly, entre hip-hop et point G

Sophie Bramly expo

A l’occasion de son exposition à la galerie 12MAIL sur les débuts du hip-hop dans le Bronx, l’ambassadrice du porno bienveillant nous donne les clefs de son histoire et de son parcours. De l'underground années 80 au sexe 2.0.

"Quand j’écoute du rap le matin au réveil, je suis en forme pour toute la journée !” En ce moment, Sophie Bramly passe ses journées entre le sexe et le photo. Second sexe, le site du porno revu et corrigé au féminin, et 1981&+, son expo sur l’éclosion du hip-hop new-yorkais dans les années 80. Arrivée pile à l’heure à notre rendez-vous dans ce café tranquille du 4ème arrondissement de Paris, elle sait tout de suite à l’aise, parle de lunettes, évoque les siennes comme un écran entre elle et la réalité. Une réalité qu’elle percute pourtant de plein fouet en bousculant sans cesse les mécanismes.

Sophie naît en 1959 en Tunisie d’un père pharmacien et d’une mère éditrice. Elle en gardera un goût prononcé pour les fricassés et l’indolence locale. Pour le reste, elle voulait devenir avocat. Problème : il faut défendre tout le monde, même les méchants. Trop peu pour elle. Qu’à cela ne tienne, elle défendra les opprimés en passant par la case dessin, en faisant des études d’arts graphiques. Lors d’un entretien d’embauche, photos et book en poche, elle se trompe d’étage et finit chez le rédacteur en chef. Devant ses clichés, il l’envoie chez Paris Match et sa carrière de photographe est lancée. “J’ai toujours été à l’écoute de la chance, du hasard.” En 1981, elle débarque alors à New York, direction le Bronx, le vrai, ca craint et découvre le hip-hop, mouvement encore méconnu en Europe. Cotoyant les plus grands, elle mettra son goût pour la musique au service de la chaine MTV Europe, qu’elle monte en 1987.

En 1991, Sophie Bramly devient Directrice Marketing chez Polygram et tisse sa toile sur le net encore inexistant. Elle fait exploser tous les compteurs en développant en 1996 le premier site d'Universal pour le label Barclay et sera primée au Japon. Cette boulimique de travail crée en 1999 le département "nouveaux médias", dans lequel elle lance environ 200 sites, dont E-Compil, toute première plateforme de téléchargement légal en Europe. “Je ne suis pas une pionnière, je suis une intuitive.” Si elle ne pensait pas rester, l’aventure durera en tout quinze ans : “Je crois que j’avais trop d’espace libre." Parce que Sophie, ce qu’elle aime avant tout, c’est le début des histoires. Etre celle qui découvre. On le sent bien quand on entre dans la galerie 12 mail, elle était là-bas avant tout le monde.

Ses clichés en noir et blanc sont puissants. Elle capte l’intime, le off de la naissance d’un des plus grands courants musicaux de notre ère. Elle devient un témoin qui se fond dans la masse. "Je me sentais comme une enquêteuse. J’ai toujours voulu porter un regard sincère, authentique." Futura, Afrika Bambaataa, Kurtis Blow ou Crazy Legs, ils sont tous . Libres, bruts et en pleine effervescence. Et puis il y eu la révélation. "Pour la musique, j’étais au service des autres et pour internet, au service de la technologie... Avec SecondSexe, c’était enfin moi.”

SecondSexe, c’est quoi au juste ?
Alors que le porno “de dominants” a envahi le net et la planète, 2007 sera l’année de la contre offensive grâce à la création d’un site qui propose un point de vue différent sur la chose. En bref, une vision du sexe adaptée aux femmes. “J’aime voir le côté positif des choses.” Débats, vidéos, conseils de médecins, nouvelles érotiques, e-shop d’objets coquins, témoignages... SecondSexe, ou comme si Doctissimo croisait Carrie Bradshaw et Marc Dorcel. Très vite, le site fait un carton et continue d’être LA référence en matière de sexe au féminin. Dans la foulée, elle écrira même L’orgasme on s’en fout aux éditions Grasset.
Tout ça ne serait-il pas en train de tourner au délire féministe extrémiste ? “Je n’aime pas ce mot, il appartient au passé. Il crée trop d’énervement de parts et d’autres.
Clin d’œil au livre Le deuxième sexe, de son idole Simone de Beauvoir, SecondSexe est un écho à l’émancipation des femmes : "Une fois acquis leur indépendance sociale, vient l’indépendance économique. Et logiquement, se pose la question du désir. Avant tout, SecondSexe est un acte politique.” Politique d’accord, mais quand dans la cour de récré les copains demande à ses deux enfants de 11 et 14 ans : elle fait quoi ta maman comme métier ? il se peut que ça coince... L’intéréssée réfute : “A certains, ils répondent que je suis dans la sexualité.” Mignon. “Et à la maison, on discute de tout. Je ne suis pas devenue pour autant la psychologue du sexe. Avec SecondSexe, j’ai découvert des choses sur moi-même. J’ai entrouvert des portes.”

Revendiquant une sexualité libre, Sophie est séparée de son ancien compagnon, et vit la garde alternée comme une bénédiction. “Je la souhaite à toutes les femmes.” Une semaine “femme”, une semaine “mère”. Malgré nos deux ordinateurs par personne, les enfants ont interdiction d’aller sur les sites pour adultes, même pas sur le mien ! A chaque âge correspond son plaisir. » Sophie Bramly découvre le sexe à 13 ans avec sa première expérience sexuelle, beaucoup trop tôt de son propre juge. Elle préfère apprendre la patience à ses enfants et aime, tard le soir, retrouver son endroit préféré : son lit. Elle aime se réveiller à 6h du matin pour y faire une heure de grasse mat'. Et puisqu’elle déteste les habitudes, pas de journée type. Chef d’entreprise, artiste, productrice, Sophie Bramly est épanouie et ça se voit.  Fan de musique noire américaine et de Mad Men, elle cite facilement Françoise Héritier qu’elle décrit comme aussi révolutionnaire que Simone de Beauvoir. “Moi révolutionnaire ? Je suis bien trop bourgeoise pour ça.” Celle qui aimerait voter pour une femme aux prochaines élections, “mais pas pour la coquille vide de Ségolène”, n’arrive pas à se prendre au sérieux.

Sophie Bramly, un électron libre ? “Non, je me vois plutôt comme un trait d’union.”

Retrouvez les photos de Sophie Bramly à l'expo 1981 & + à la galerie 12MAIL, 12 rue du Mail, 75002 Paris, du 17 juin au 2 septembre.

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Nicolas Béguin
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