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Sexisme au travail : le guide de survie anti-machos au boulot

Sexisme au travail : le guide de survie anti-machos au boulot

Blagues graveleuses ou mépris affiché, le sexisme sévit encore souvent en entreprise. Selon une étude du CSEP (Conseil supérieur de l'égalité professionnelle), 80% des femmes y ont déjà été confrontées. On vous donne quelques conseils pour riposter.


En entretien d'embauche

Aussi agréable que l'oral d'un examen, la session de recrutement est aussi une bonne démonstration du sexisme qui règne en entreprise. Des remarques sur le physique aux interrogations très intimes... Certains employeurs dépassent clairement les limites. En juin dernier, le cabinet britannique Thomas Mansfield a demandé à des femmes de relater les questions les plus sexistes qui leur ont été posées. Florilège : "Est-ce que vous pouvez porter davantage de maquillage la prochaine fois ?" ou encore "êtes-vous opposée à l'idée de sortir avec un collègue ?" Il n'est pas inhabituel non plus qu'un RH s'intéresse plus à votre utérus qu'à vos compétences. "J'ai eu droit à la fameuse question exclusivement posée aux femmes : quand comptez-vous faire des enfants ?", confirme Elsa, 30 ans, assistante d'un expert en art.

Que faire ?
Rappeler que les questions sur la vie privée sont illégales. L’article L.1221-6 du Code du travail stipule que les sujets abordés lors d’un entretien d’embauche "doivent présenter un lien direct et nécessaire avec l’emploi proposé ou avec l’évaluation des aptitudes professionnelles". "On est dans la discrimination avérée et facilement prouvable, rappelle Brigitte Grésy, auteure de Petit traité contre le sexisme ordinaire et de La Vie en rose (Albin Michel). Si la candidate veut absolument le poste, elle devra faire profil bas, mais j'en connais qui n'ont pas hésité à dire: je ne veux pas travailler dans une entreprise comme ça". Bref, si vous avez le choix, fuyez !

A la pause déjeuner

Même au milieu d'un repas, le sexiste est là pour plomber l'ambiance. "Nous déjeunons tous dans une petite cuisine.Tous les midis, ma collègue et moi avons droit aux mêmes blagues : on a des femmes à table, laissez-les s'occuper de la vaisselle", relate Paula, salariée dans un cabinet d'expertise comptable. Comme le déplorait Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Facebook, dans une tribune du New York Times, les femmes sont constamment cantonnées à l'office housework. A croire que leur ADN les prédisposerait à répondre au téléphone, prendre des notes en réunion ou ramener les cupcackes pour le goûter. "Quand je suis arrivée dans la boîte, ma collègue était la seule à accueillir les clients et à leur servir le café. Pourtant, elle a la même ancienneté et les mêmes qualifications que les autres. Un jour, je lui ai fait la remarque et elle m'a répondu: "Si je ne le fais pas, les clients restent à la porte". C'est une coutume qui s'est mise en place progressivement", explique Paula. A l'opposé des hommes, enclins à se charger de missions qui les valorisent, les femmes assument ces corvées dans l'ombre et au détriment de projets pouvant booster leur carrière.

Que faire ?
Difficile d'opposer un refus frontal sous peine d'être mal vue par le reste de l'équipe. Par contre, vous gagnerez à militer pour une meilleure répartition des tâches. Pourquoi ne pas instaurer un planning avec des roulements, par exemple ?


À la machine à café

Le dragueur lourd, ça ose tout et c'est à ça qu'on le reconnaît. Sauf que, en plus d'instaurer une ambiance de travail déplorable, cette fausse séduction renforce les inégalités. "Un matin, je buvais tranquillement mon expresso, quand mon supérieur m'a lancé : 'joli décolleté' en me déshabillant complètement du regard “, raconte Samia, 27 ans, secrétaire. Selon l'enquête réalisée par le CSEP (Conseil supérieur de l'égalité professionnelle) en 2013, 42% des femmes ont reçu des compliments sur leur tenue qui les ont mises mal à l'aise. Un sexisme insidieux, donc difficilement identifiable, qui tourne parfois au harcèlement. "Un de mes collègues n'arrêtait pas de faire des allusions sexuelles. Un matin en salle des professeurs, avant de partir en cours, il m'a même lancé : "tu as vraiment un beau petit cul dans ton jean". Ses yeux étaient fixés sur mon fessier", explique Anne, 31 ans, enseignante.

Que faire ?
En cas de remarque sexiste, il y a trois choses à éviter : "s'énerver, pleurer ou fuir. L'humour est une bonne manière de contre-attaquer, mais on trouve rarement la bonne répartie sur le moment. Le mieux est de laisser passer la nuit et, après avoir pris conseil autour de soi, de confronter la personne. Parler au "je" permet d'exprimer son ressenti sans être dans l'attaque", estime Brigitte Grésy. Si les réflexions sont récurrentes, une plainte pour harcèlement sexuel s'impose.

En réunion

Vous avez déjà dû assister à cette scène : une femme fait une présentation, mais est systématiquement coupée par un collègue. Le magazine Time a baptisé ce phénomène le Manterrupting, soit la tendance qu'ont les hommes à interrompre leurs consœurs. En France, six femmes sur dix se seraient déjà senties marginalisées lors d'une réunion. 30% disent même avoir vu leur opinion "récupérée par un homme et dès lors chaudement applaudi", indique le rapport du CSEP. Une expérience qu'a aussi vécue Hélène, game designer : "Mon rôle était de proposer des analyses et des solutions à mettre en place pour régler différents problèmes dans la communication du studio et dans sa gestion de communautés. Mais je n'étais pas prise au sérieux dans mes recommandations ou mes requêtes. Un jour, un collègue a proposé un outil très important que j'avais demandé pendant des mois. C'est devenu son idée, et son projet, sur lequel je n'ai pas pu intervenir alors qu'il était au cœur de mon organisation", explique-t-elle. A force de ne pas être écoutées, certaines professionnelles s'autocensurent et n'osent plus s'exprimer. "Elles ont tendance à intérioriser et à anticiper cette exclusion. Le sexisme provoque un sentiment d'infériorité", explique Brigitte Grésy.

Que faire ?
Il n'existe pas de solution miracle, mais s'entraîner à la prise de parole aide. Le magazine Time donne quelques conseils pour combattre le Manterrupting : s'exprimer avec assurance, soigner son langage corporel, reprendre ceux qui vous coupent la parole. En cas de problème persistant, la meilleure solution reste d'en parler à la personne concernée.

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Norine Raja
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