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"Crowdfunding" : ma meilleure banque, c'est vous !

Crowdfunding : ma meilleure banque, c

Simple effet de mode ou vraie alternative aux banques frappées par la crise ? Popularisé par "Ulule" et "Kiss Kiss Bank Bank", le crowdfunding fait des petits de plus en plus spécialisés.

Que feriez-vous à un banquier qui vous dit "je ne finance pas les projets auxquels je crois, mais les projets dont la rentabilité est garantie" ? Selon nous, il y a deux options. Ou bien, vous retournez son bureau et allez râler sur la crise avec les petites vieilles assises sur le banc en bas de chez vous. Ou bien, vous décidez que votre banquier est un dinosaure dépressif et vous claquez la porte. Quand c'est arrivé à Alicia Birr, manager de créateur qui avait besoin de monter une boutique en ligne, elle a fait ce qu'on devrait toutes faire ; chercher la solution sur Internet.

Certes, la crise, cette fameuse, a rendu les banquiers radins, les boîtes de production et les labels frileux. Mais, il existe des alternatives moins radicales, comme le crowdfunding. Depuis trois ans, tout le monde en parle. Des sites comme "Ulule", "Kiss Kiss Bank Bank", "Tous Coprod" pour le cinéma ou "AlloProd" et "My Major Compagny" pour la musique, permettent d’être financé par le public, en échange d’une contrepartie de votre choix. Moins connu, "Friends Clear" propose d’investir dans un projet d’entreprise et promet jusqu’à 4,5% de taux de rémunération.

Au-delà des success story affichées en première page des sites, peut-on récolter suffisamment d'argent pour réaliser un long-métrage ? Ou doit-on y voir qu’un simple coup de pouce pour se lancer ? Alicia Birr, Iris et Clara, deux jeunes réalisatrices et la chanteuse Luciole nous racontent comment le crowdfunding a boosté leurs projets.

"On a beaucoup travaillé avec des bénévoles" - Iris et Clara, 20 ans, étudiantes en cinéma et réalisatrices de "Terminus"

Le déclic ?
"Pour notre dernier projet, on voulait passer à la vitesse supérieure. Avant, on avait monté deux courts-métrages sans aucun argent. L’université dispose d’un fond pour financer les projets. Ils nous ont donné 1600 €. On a commencé le tournage mais rapidement, on s’est rendu compte que ce n’était pas suffisant pour la post-production et la promo. Autour de nous, on a entendu parler de Touscoprod : un site de crowdfunding et d’accompagnement de projet, spécialisé dans le cinéma."

Ça a marché ?
"Oui. On a récolté 1235 €. Un peu plus que notre objectif de 1100 €. Mais, tout ne repose pas sur cette somme car on a beaucoup travaillé avec des volontaires, des amis ou des camarades de fac, pour le son, les costumes et les décors. C’est devenu le projet de tout le monde. Le dernier week-end, on a terminé le tournage sous la pluie. Touscoprod organise des petits-déjeuners et des conférences où l’on rencontre l’équipe et d’autres réalisateurs qui nous donnent beaucoup de conseils. Ils nous ont encouragé à mettre des photos du tournage et à actualiser notre page pour intéresser le public au-delà de nos amis et de notre famille. C’est le gros avantage du site : il cible une communauté de cinéphiles."

Si c’était à refaire…
"On le referait. Avec ce système, on se sent plus libres qu’avec une boîte de production. Ceux qui nous donnent de l’argent par le crowdfunding nous font totalement confiance sur la réalisation. Pour la suite, on va envoyer le film à des festivals et réfléchir à des projets de courts et de moyens-métrages ensemble."

"Aujourd’hui dans le milieu, si on attend, on risque d’attendre longtemps" - Luciole, 26 ans, chanteuse et productrice

Le déclic ?
"Pendant la préparation de l’EP ("Et en attendant..."), on s’est dit que ça pourrait être une bonne idée de faire un clip pour mettre une des chansons en avant. Comme j’avais déjà mis mes économies personnelles dans la production, il ne me restait pas grand chose. Des amis m’ont parlé de Kiss Kiss Bank Bank."

Ça a marché ?
"Oui. Avec les réalisatrices du clip, on s’est mises d’accord sur 2500 € en 30 jours. Fixer l’objectif, ça a été le plus compliqué. Si on est trop optimiste et qu’on n’atteint pas le montant dans la période prévue, on perd tout. Finalement, on a eu 2800 €, ce qui nous ramène à peu près à l’objectif, en enlevant les taxes et ce qu’on doit reverser au site (8%, ndlr)."

Si  c’était à refaire…
"Pour la suite, j’aimerais que cet EP et ce clip m’aident à trouver un label pour faire un deuxième album. Je n’oserais pas forcément utiliser à nouveau Kiss Kiss Bank Bank de peur d’abuser de la générosité des mêmes personnes. J’ai appris beaucoup de choses à produire seule et à me débrouiller pour financer le clip. C’était une grande aventure qui m’a demandé de tout reconstruire depuis la base alors que, pour le premier album, j’étais très entourée par l’équipe du label. Mais j’ai aimé regarder les choses prendre forme petit à petit. Et puis, aujourd’hui, le milieu est tellement compliqué qu’il faut être débrouillard :  si on attend, on risque d’attendre longtemps…sauf si on est connu."

"90% de mes donateurs font partie de mon réseau" - Alicia, 31 ans, manager de créateurs

Le déclic ?
"J’avais besoin d’argent pour développer ma structure sur le net. J’ai créé une entreprise, "Bureau de mode", qui fait du marketing et du business pour des jeunes créateurs de mode. La suite logique, c’était de monter une boutique en ligne. Et là, impossible de convaincre mon banquier. Il m’a dit: "Je ne finance pas les projets auxquels je crois, mais les projets dont la rentabilité est garantie". Mon petit ami avait eu recours à un site de crowdfunding aux USA, Kickstarter. Je me suis lancée sur Ulule."

Ça a marché ?
"Oui. J’ai récolté les 3000 € que je voulais en moins de trois mois. C’est ce qu’il me fallait pour faire un beau site fonctionnel. Aujourd’hui, je me rends compte qu’il me manque environ 5000 €, pour  développer le trafic sur le site, en achetant des mots-clés sur Google, par exemple."

Du coup, si c’était à refaire…
"Honnêtement, je n’en suis pas sûre. Pendant cette période, je me suis donnée beaucoup de mal pour qu’on parle de mon projet sur les blogs. Au final, 90% des donateurs font partie de mon réseau. Ce sont des amis ou des amis d’amis. Il y a une vraie différence entre la France et les Etats-Unis. Là-bas, il y a un vrai esprit d’entreprise alors qu’ici, les gens ont beaucoup de mal à financer un projet qui n’est pas le leur ou celui d’un proche. Ça dépend peut-être des communautés. Sur Ulule, un projet de traduction d’un langage de code en français a récolté plus de 100 000 €. Mais les informaticiens, c’est connu, sont très solidaires."

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Gladys Marivat
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