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Pourquoi on sera toutes végétariennes demain ?

Miranda Kerr est végétarienne

Flexitariens, néo-végétariens ou vegans, les Français sont de plus en plus nombreux à renoncer à la viande. Pourquoi un tel engouement ?

Ces images ont provoqué une onde de choc. Le 25 mai dernier, L214 publie une vidéo montrant les conditions déplorables d’un élevage géant de poulets dans l’Ain.  L’association a fait de ces coups médiatiques sa spécialité, maîtrisant l’art de rendre viraux les coulisses des abattoirs français. Des méthodes coup de poing qui semblent faire leur effet, si on se fie aux commentaires d'internautes. Si ces opérations sont autant relayées, c’est que les mentalités sur le sujet tendent à évoluer. La démarche engagée du végétarien, jadis considéré comme un baba cool, trouve désormais un écho fort dans la société française. Selon une enquête dévoilée en janvier dernier par Terra Eco, 3% des Français seraient végétariens, mais 10% songeraient à le devenir. A défaut d’être quantifié par des études, le flexitarisme, soit le fait d’osciller entre régimes végétarien et omnivore, est entré dans le langage courant. Ceux qui souhaitent baisser leur consommation de viande, sans pour autant tirer un trait de temps en temps sur un steak de qualité, choisi avec soin chez le boucher, peuvent désormais rejoindre cette tribu grandissante. Rien qu’entre 2008 et 2010, la consommation de viande a d'ailleurs chuté de 15% dans l’Hexagone, affirme le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie).

Un vrai déclic

Comment expliquer ce revirement ? D’après le sondage de Terra Eco, les considérations éthiques sur la souffrance animale prévalent sur le reste. " En novembre dernier, j’ai regardé le documentaire 'L’animal est une personne' de Franz-Olivier Giesbert à la télévision avec mon compagnon. Cela a été un vrai déclic : j'ai dû quitter la pièce à un moment tant les images étaient insoutenables. Ce jour-là, j'ai réalisé à quel point j'étais en incohérence : d'un côté, je suis aux petits soins de mon chien et de mes trois chevaux, je dis adorer les animaux et, de l'autre, je mange certains animaux qui sont tués dans des conditions terribles (je le savais, mais j'avais refusé d'y penser jusque-là)", confirme Margaux, 30 ans, néo-flexitarienne. Pour Arthur aussi, le cheminement s’est fait au gré des visionnages et des lectures, qu’il s’agisse de son abonnement à Terra Eco (avant que le magazine ne s'arrête en mars dernier) ou à la newsletter de "La Ruche qui dit oui". Par contre, ses motivations sont différentes : "Je suis très urbain. La souffrance animale, je m’en fiche, je m’inquiète plus du gaspillage d’eau et d’énergie provoquée par la production de viande", affirme-t-il.

 

 

Une photo publiée par Gisele Bündchen (@gisele) le

 

Le boom de la cuisine veggie

Changement majeur expliquant ces conversions grandissantes au végétarisme, il n’a jamais été aussi simple de manger green. "Cette plus grande acceptation sociale résulte de trois faits : une plus grande diffusion sociale des connaissances diététiques, un travail régulier de vulgarisation des promoteurs du végétarisme et enfin une transformation de l’offre alimentaire, qui contribue à rendre plus praticable le végétarisme en France", confirme Arouna Ouedraogo, sociologue à l'INRALes restaurants healthy fleurissent dans les grandes villes, Carrefour a lancé en octobre dernier une marque végétarienne qui cartonne, tandis que les ouvrages de recettes font un tabac. Parmi les meilleures ventes food sur Amazon figurent notamment Cuisine végétarienne – 1001 recettes, Healthy vegan de Marie Laforêt, ainsi que Ma petite boucherie vegan de Sébastien Kardinal. "Il y a 15 ans, c’était un mouvement minoritaire avec une image vieillotte. Mais, depuis cinq ans, il y a un vrai changement, c’est presque devenu tendance. On a des incarnations du végétarisme qui sont jeunes et branchées, une vraie gastronomie qui se développe", affirme Elodie Vieille Blanchard, présidente de l’AVF (Association végétarienne française). Et même les vegans cherchent à bousculer les idées reçues en montrant que ce lifestyle peut-être cool et fun. Du 16 au 18 septembre prochain se tiendra au Parc de la villette le SMMMILE, un festival Vegan Pop mêlant cuisine et musique. "Le but est de faire découvrir ce mode de vie aux curieux, que les gens viennent pour la musique et mangent vegan sans s’en rendre compte", explique Nicolas Dhers, co-organisateur de l’événement.

Tous convertis d'ici 2050 ?

Si le végétarisme est aujourd’hui très courant, il est encore objet de curiosité. "Il y a toujours des gens qui voient ça comme une manie de bobo ou juste une passade. Quand je suis au restaurant, j’ai l’impression que mes amis me surveillent du coin de l’œil pour voir si je ne vais pas craquer", indique Chloé. "Le premier Noël vegan n’a pas été évident. Certains se demandent même si vous n’êtes pas dans une secte. Mais ça permet de débattre", confirme Nicolas. Les végétariens seraient-ils précurseurs ? Selon l’Institut international d’étude de l’eau de Stockholm, nous serons tous obligés d’adopter la diet' green d’ici 2050 pour palier la pénurie de ressources à venir. Elodie Vieille Blanchard tempère : "C’est difficile à présager. Le végétarisme représente encore une niche dans beaucoup de pays. Il est possible que cela devienne complètement banal dans le monde entier, comme cela l’est déjà aux Etats-Unis ou en Angleterre. A moins qu’avec le temps, tuer des animaux soit aussi inacceptable que d’être raciste." Une chose est sûre, le militantisme soft des végétariens, prompts à diffuser leurs idéaux, ainsi que les discours relayés par les médias, ont de grandes de chances de faire de nouveaux adeptes. 

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Norine Raja

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