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Nili, révélation de Lilly Wood and the Prick

Nili au pays des merveilles

Nili Hadida a des raisons d’être sur un petit nuage. Son groupe Lilly Wood and the prick vient d’être élu révélation du public aux Victoires de la musique. Nous avions fait sa connaissance lors du concert donné à la Cigale le 7 février.

 " J’ai peur, on kiffe " répète-t-elle en boucle telle une petite fille aux musiciens qui l’entourent backstage. Une manière de dompter son stress dans les quelques minutes qui précèdent le grand rendez- vous avec le public de la Cigale. " C’est un truc de dingue ce qui nous arrive ", lance Nili en arrivant sur scène face à une salle archibondée. Elle-même peine à y croire, tout est allé si vite pour la jeune femme et le duo qu’elle forme avec Benjamin Cotto depuis 2006 (dès le lendemain de leur rencontre, ils composaient trois morceaux !). Il y a eu d’abord de petits, puis de très gros festivals comme Rock en Seine en 2009, 50 000 disques vendus - ce qui leur vaut d’être disque d’or ! - depuis la sortie du premier album en mai dernier, et  pour couronner le tout cette récompense inattendue aux Victoires de la musique dans la catégorie révélation du public suscitant un gros buzz sur la toile. " C’est génial mais ce n’est pas ma came ", tranche Nili Hadida direct. " C’est un film, on est conscient de la chance qu’on a ". Du haut de ses 24 printemps, Nili affiche déjà une belle maturité sous des airs innocents. Mutine, un peu rebelle, tatouée sur le bras droit, elle a la moue d’une rock star qui ne se prendrait pas au sérieux. La jeune femme avoue, en effet, ne pas avoir confiance en elle. " Je ne me trouve pas gracieuse, je n’ai pas beaucoup de prestance ", regrette-t-elle sans fards. " C’est toujours difficile pour moi de monter sur scène, d’être prise en photo. "  Le miroir qu’on lui tend lui déplait : sur scène elle n’est plus Nili mais Lilly Wood, le personnage qu’elle s’est créée, qui n’est pas sans rappeler une Alice aux pays des merveilles revisitée par Tim Burton.

Les photos du concert à la Cigale ici

Le  teint pâle, la chevelure brune et effilée, l’œil charbonneux, son  allure fait écho au personnage imaginé par Lewis Carroll en nettement plus dark. Le nom du groupe, Lilly Wood and the prick, lui, sonne  un peu comme le titre d’un conte, en un peu moins poétique (prick veut dire petit branleur en français !) " et plus sombre ". Mais ça en jette. Et les deux petits personnages, l’un hibou, l’autre chat, devenus " leur signature ", apparaissent sur la pochette de l’album Invincible Friends, mais aussi dans le clip Down the drain qui emprunte à une imagerie mi-fantastique mi-animale.
Le monde de Lilly Wood n’est pas peuplé que de monstres gentils. La mélancolie, la noirceur, le désespoir même qui transparait dans certaines paroles, l’emportent sur le côté faussement enjoué et ingénu de ses titres aux sonorités pop/rock et folk. C’est elle qui écrit ses textes, " largement autobiographiques ". Des histoires d’amour qui finissent forcément mal, une vision assez pessimiste du monde dans Hopeless kids par exemple (" here we are and we are not saving the planet, here we are dreaming about better days ") en attendant des jours meilleurs. A-t-elle peur de son ombre ? Elle le laisse entendre dans le titre Cover my face.

" J’ai un côté un peu autodestructeur ", confesse-t-elle en essayant de nouvelles Ray Ban aux verres fumés. Elle les emportera dans quelques jours à L.A., où  va se tourner le clip de l’entêtant et magique This is a love song. Un tube présent dans le premier EP  Lilly Who and The What ?  (en bonus sur la nouvelle édition de l’album), repris par Guerlain dans la pub du parfum  Idylle. Beaucoup sont tombés sous le charme de Lilly Wood ainsi, à travers ce refrain d’une grande sensualité. Cette voix chaude et un brin éraillée est un don, découvert sur le tard par la jeune femme. Dans le souci de prendre soin de ce bel organe, si précieux, elle vient d’ailleurs d’entamer des cours de chant " pour ne pas se péter la voix ".
Sa rencontre avec la musique date de la fin de l’adolescence, pour conjurer l’ennui dans l’appartement de son père en Californie. Elle découvre que est un exutoire : " Je n’étais pas très épanouie ni très sociable, je passais mes journées à écouter des morceaux. " Une enfance passée entre Israël où elle est née, l’Angleterre (en pension) et les Etats-Unis d’où sa parfaite maîtrise de la langue de Shakespeare. " Chanter en anglais est plus facile pour moi. Si je me lance en français, je risque de saccager la langue ". Ce qui ne l’empêche pas de se sentir chez elle à Paris. Mais il est rare, depuis le début de sa tournée en février 2010, qu’elle ne passe plus de deux jours d’affilée dans son joli cocon de Ménilmontant. Nili court tout le temps.

 Sa carrière a démarré sur les chapeaux de roue alors qu’elle est tombée dans le chaudron de la musique, un peu " par hasard " finalement. " Je n’avais pas une grande culture musicale, mes parents ne sont pas mélomanes pour un sous. A la maison, il y avait juste une cassette qui traînait avec de la variété française (Daho, Lio…) ". Aujourd’hui, ses références se nomment Fiona Apple ou Etta James. Et, côté français, les Rita Mitsouko ont toute son admiration. Elle ne se reflète pas, en revanche, dans les duos de sa génération - comme The do ou Cocoon - qui composent comme elle en anglais.
La jolie Nili, qui a bien saisi l’importance de l’image, a développé une vraie sensibilité mode. Dans une autre vie, elle a été attachée de presse. Pour ses tenues de scène, elle s’en remet à Maxime Simoëns, figure montante, qui sait mettre en valeur ses formes avec des silhouettes noires, graphiques, qui l’affinent et l’ancrent dans son univers fantasmatique. Ce dernier est très influencé par le monde de la musique : Lilly Wood and the prick a été choisi par le jeune créateur pour réaliser en live la bande son de son dernier défilé.  L’élégante Nili a plus d’un tour dans son sac pour happer son auditoire.

Les photos du concert à la Cigale ici.

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Audrey Khalifa
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