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Job : les nouvelles expats

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Elles ont entre 25 et 30 ans et ont décidé de partir au bout du monde. A l'âge où beaucoup de femmes s'installent et construisent leur carrière, elles ont fait le choix de l'inconnu, du nouveau départ et de l'aventure.

Peut-on vraiment changer de vie ? Si,  la question fait souvent la couverture des magazines pour les femmes de 40 ans et plus, on la pose rarement à de jeunes femmes de 20/30 ans. Elles ont, dit-on, la jeunesse, la vie devant elles, pas d'engagement. Pourtant, pas évident de quitter sa famille, sortir du schéma post-diplôme tout tracé pour aller tenter quelque chose de nouveau à l'étranger.

Partir à 25/30 ans, c'est sûr, ce n'est pas laisser derrière soi une maison, un mari, des enfants éplorés et un poste à responsabilité. C'est plutôt un coup de poker. Quitter le confort, les contacts pro, les amies qui vont se marier ou avoir un bébé. Et aller voir pour de vrai cet ailleurs dont on ne fait que rêver par temps de crise ou de déprime saisonnière. Certaines se plantent et rentrent, vaccinées,  au bout de deux mois. Et puis, il y a les amies à Johannesburg, à Séoul, à Mexico, dont les profils Facebook déclinent le mot " bonheur " en 350 statuts et photos différentes.

Comment se sont-elles décidées ? Et comment se sentent-elles dans leur nouvelle vie ?
Rencontre avec trois jeunes femmes heureuses d'avoir relancé les dés.

" J'ai appris plus en deux mois qu'en deux ans "

Noémie, 28 ans, correspondante au Pakistan depuis deux mois.

Pourquoi j'ai tout plaqué
" Après une école de journalisme et deux ans à travailler pour la télé à Paris et à Saint-Pierre-et-Miquelon, j'ai eu envie de partir comme correspondante à l'étranger. En France, je commençais à me lasser au bout d'à peine deux ans dans le métier. Je voulais un nouveau souffle et surtout ne pas m'enliser dans un confort. J'avais déjà beaucoup voyagé en Asie et au Proche-Orient. Mon choix s'est arrêté sur la région du Pakistan, une zone capitale en matière d'enjeux géopolitiques. Un ami m'a parlé d'une compagnie de productions télé qui couvrait ces deux pays pour une chaîne française. J'ai eu six mois pour faire ce choix, pour me demander si j'étais prête. J'ai fait un stage pour journalistes au Centre National d'Entraînement Commando de l'armée française. J'ai lu énormément sur la région. En tant que journaliste, je me posais la question : le Pakistan est le 6e pays le plus peuplé au monde avec 188 millions d'habitants, il ne peut pas y avoir 188 millions de terroristes ? J'avais envie de voir. C'était le moment. J'étais célibataire, sans enfant. J'étais libre, c'était simple."

Mes premiers pas dans ma nouvelle vie
" Je sens bien qu'il me faudra au moins six mois pour me construire une nouvelle vie. Bien sûr, ce n'est pas parce que je suis au Pakistan que ma vie s'arrête ... même si c'est dur de rencontrer des gens ici, à part les expats occidentaux dans les clubs ou les jeunes Pakistanais des classes aisées.  Le plus dur, c'est de ne pas glisser les préjugés qu'on a dans les reportages qu'on fait. Les Pakistanais ne sont pas tous anti-américains, les religieux tous des fanatiques. Islamabad est une ville moderne, la plupart des Pakistanais que je rencontre sont chaleureux, compréhensifs, même quand je fais des bourdes comme serrer la main à un homme... C'est sans doute le plus grand paradoxe : au quotidien, le Pakistan n'est pas dur à vivre. Même s'il ne faut pas l'oublier, en tant que journalistes, on nous observe. "

Le moment où j'ai compris que c'était pour de bon
" J'ai déjà commencé à apprendre l'ourdou pour pouvoir vraiment parler avec les Pakistanais. Je compte rentrer en France régulièrement, tous les quatre mois, car, inévitablement, la vie occidentale va me manquer. "

Des regrets
" Aucun. Quand je vois mes amis en couple, les photos des bébés qui grandissent, je me dis, « bon,  j'ai vraiment choisi ma carrière ». Mais, encore une fois, je ne quittais rien en France. Le schéma maison-mari-enfant, ça ne m'intéresse pas...pour l'instant en tout cas. Je suis je dois être. J'ai appris plus en deux mois qu'en deux ans. "

Je rentrerais si...
" Si je ne fais pas un bon boulot. Dans l'idéal, il faudrait que je reste deux ans minimum. C'est le temps qu'il faut pour bien comprendre le pays, être une bonne analyste. Je ne veux pas renoncer à la première difficulté. "

" Ça m'a poussé à être plus audacieuse au quotidien "

Florence, 26 ans, ambassade de France en Nouvelle-Zélande

Pourquoi j'ai tout plaqué

" Je suis partie aux États-Unis dans le cadre de mes études en année d'échange universitaire. C'est ainsi que j'ai attrapé le "virus" d'une vie expatriée. A mon retour en France, ma vie estudiantine n'avait plus exactement la même saveur. A l'issue de mes études, j'ai pris la décision de retourner à New York et de m'accrocher à cette nouvelle expérience afin d'en faire un tremplin pour ma carrière. J'ai d'abord travaillé dans une agence artistique et littéraire: je négociais des contrats pour des artistes et auteurs français pour les marchés américain et anglais. J'y ai noué des contacts avec les services culturels de l'Ambassade de France à New York et travaille avec eux, notamment sur la numérisation des contenus culturels. C'était une expérience très stimulante et après 15 mois,  j'ai eu envie d'explorer de nouveaux horizons, de respirer un air plus austral et... pacifique. Je décroche un contrat de deux ans à l'Ambassade de France en Nouvelle-Zélande. J'emballe ma vie new-yorkaise en deux valises et repars pour l'inconnu. "

Mes premiers pas dans ma nouvelle vie
 " Découvrir un pays, aller vers les autres, rencontrer l'adversité, c'est toujours un peu se mettre à l'épreuve et en position d'humilité. Cela implique une passion pour l'autre, ce qui est différent, et bien entendu un goût pour l'aventure. Ça m'a poussée à être plus audacieuse au quotidien, à relativiser les petits tracas et savourer les moments simples d'une nouvelle amitié ou d'une brève connivence avec un inconnu. "

Le moment où j'ai compris que c'était pour de bon
«A chaque fois que je rentre en France pour les vacances et que je me sens comme une touriste: c'est l'impression que je préfère, où l'on savoure absolument chaque instant et j'aimerais que cela reste ainsi. »

Des regrets ?
" Aucun, chaque étape a été indispensable à la suivante. Après, on pourra louer autant que possible les moyens modernes de communication: le téléphone, les e-mails, Skype, Facebook, cela ne remplacera jamais sa présence à des moments aussi importants qu'anodins: un anniversaire, un mariage, un coup dur d'un proche qu'on aimerait soutenir, les doux moments de complicité avec une sœur, un café en terrasse avec une amie d'enfance. "

Je rentrerais si....
  " Si... j'avais la certitude que je repartirais ailleurs. "

"A Dubaï, je travaille avec des gens de toutes les origines. Ça change de Levallois ! "

Hanane, 31 ans, manager de projets "Lifestyle" à Dubaï

Pourquoi j'ai tout plaqué

" C'était il y a neuf ans. Je terminais mon école de commerce et je venais de commencer mon stage de fin d'études sous-payé avec peu de débouchés dans une boite de com' à Paris. A la fin du stage, il aurait fallu que je me mette à la recherche d'un vrai boulot, ce qui, à Paris, me semblait difficile. J'avais envoyé des CV à l' étranger et miraculeusement ça a marché. Je me souviens encore du jour où j'ai reçu cet appel d'une grande entreprise qui allait changer ma vie. Ils m'ont proposé un poste de chargé d'affaires et m'ont dit «vous avez deux jours pour vous décider et huit jours pour débarquer». A l'époque, Dubaï n'était pas du tout à la mode et je ne savais absolument pas à quoi m'attendre. Je n'ai pas réfléchi longtemps : on m'offrait un salaire que jamais je n'aurai imaginé en tant que débutante. J'étais jeune, ce n'était que pour quelques mois et puis, j'allais pouvoir rembourser mon prêt étudiant plus rapidement. Alors, why not ? "

Mes premiers pas dans ma nouvelle vie
" Je suis arrivée avec une valise. Sans connaitre les mœurs, la ville, rien. La pure aventure. J'ai commencé à travailler immédiatement. Mon niveau d'anglais était déjà bon, donc je n'ai pas eu trop de difficulté. J'étais surtout ravie de me retrouver dans un environnement si multiculturel, des Indiens, des Européens, des Arabes, tous dans le même bureau....Ça changeait de Levallois ! Mon boss de l'époque s'est occupé de mon insertion sociale et m'a introduite dans des cercles sociaux. Comme je suis une fille plutôt sympa et pas très timide, je me suis rapidement fait des amis. Après, c'est sûr que beaucoup de choses auxquelles on est habitué nous manquent : la musique française, le cinéma, le théâtre. Difficile de rester connecté. Il faut apprendre à compenser. "

j'ai compris que je restais pour de bon
" Je pensais rester six mois, ça va faire neuf ans en décembre. Depuis, j'ai changé complètement de job pour travailler dans la gestion et le marketing de projets d'hôtels et de clubs dans la région. Je connais tout le monde ici et j'ai de très bons amis à qui je tiens énormément. Je me sens comme à la maison. Seul mauvais point : je consacre ma vie au travail et cela créé de la solitude. Pas de petit copain, ni de vie de famille. Ça peut paraître superficiel pour certains, mais c'est la vie que j'ai pour le moment et je ne vais pas attendre de m'accomplir à travers un homme ou en couple. Si ca ne vient pas,  alors je m'épanouis dans ce que je sais faire de mieux : travailler. "

Des regrets ? 
" Aucun. J'aurais aimé pouvoir passer plus de temps auprès de mes parents. C'est le prix à payer, je pense. "

Je rentrerais si...
" Je pouvais avoir le même boulot dans les mêmes conditions. Et là, faut pas rêver ! Peut-être qu'un homme pourrait me faire revenir ? Ça dépendrait de l'homme. En même temps, j'ai presque 32 ans, toutes mes copines se marient et font des enfants. J'en suis pas là du tout, mais il faudrait que j'y pense, non? (rires). "

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Gladys Marivat
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