Actuellement en kiosque !

GL cover mag Novembre 2017 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
HautHab__Leaderboard - skin
Inboard

Les confessions d'une ex-Femen

Les confessions d

Eloïse Bouton a fait partie des premières Françaises à rejoindre les militantes “sextremistes“ en 2012. Dans son livre, “Confession d’une ex-Femen“, elle raconte cette expérience intense, et pourquoi elle a choisi de quitter le mouvement. Rencontre.

Quand Eloïse Bouton découvre les Femen en 2012, comme beaucoup d’autres jeunes féministes en quête d’un mouvement qui leur ressemble, elle est fascinée. Elle le raconte dans les premières pages de son livre sorti fin janvier, Confession d'une ex-Femen : “Ce pop féminisme incarné par une jeune génération de femmes jetait les débats féministes dans la rue et remettait l’activisme à l’ordre du jour en France (...) À mes yeux, les Femen provoquantes incarnaient ce néo-féminisme, à mi-chemin entre Marcel Duchamp et Lady Gaga.
Avant d’intégrer le mouvement, Eloïse, journaliste de profession, a roulé sa bosse de militante. Elle est passée par les collectifs La Barbe et Osez Le Féminisme. Mais il y a dans ce nouveau mouvement, qu’elle a découvert sur internet et dans les médias, quelque chose qui l’intrigue et l’attire. Cette nouvelle recrue va pourtant rapidement déchanter. “Dès le début, j’avais des doutes, et des questions auxquelles personne ne me répondait vraiment, notamment, sur le financement et l'organisation de Femen.“ Les guerres d’égo, la jalousie, les manigances pour briller auprès d’Inna Shevchenko (la charismatique Ukrainienne leader de l'organisation) auront également raison de son engagement : “Au fur et à mesure, alors que les actions comportaient beaucoup de second degré et d’humour au départ, le mouvement est devenu plus sérieux et guerrier, moins fun. Cet aspect petit soldat me correspondait moins.
La plupart des militantes deviennent Femen à 100% quand elles rejoignent le clan. Eloïse, malgré le rôle important que veux lui confier Inna, a toujours gardé un pied à l'extérieur. Un réflexe salutaire. “J’avais besoin de continuer à travailler, de voir ma famille et mes amis, d’entendre des critiques aussi, et de pouvoir débattre après-coup de nos actions avec d’autres personnes extérieures au mouvement.“

Une bonne dose de courage (et un peu d'inconscience)

Eloïse participe à plusieurs actions pendant ses deux années aux côtés des Femen, des happenings musclés dont elles imaginent les slogans et le déroulement (quand tout se passe bien). Tout est organisé “à l’arrache“, mais cette jolie rousse l’avoue volontiers, elle devient rapidement accro à l’adrénaline que cela lui procure. On découvre aussi au fil de son témoignage que pour ne pas se dégonfler une fois sur place, il faut une bonne dose de courage (et sûrement un peu d’inconscience). Autre impératif : ne craindre ni le froid, ni les insultes et les coups. Défier les militants d’extrême droite de Civitas, se faire poursuivre par la police, et tout donner pendant ces happenings sextremistes fait partie de leur quotidien. “Tu as envie de repousser tes limites, comme une drogue, il te faut ta dose d’endorphine. J’aimais beaucoup ce côté bande de copines qui fait les 400 coups ensemble...


À plusieurs reprises, Eloïse est arrêtée et placée en garde à vue. Une de ses dernières actions (en décembre 2013 dans l'Eglise de la Madeleine à Paris), et visant à dénoncer les déclarations de certains responsables espagnols désireux de réformer la loi contre l’avortement dans leur pays, va même la conduire devant les tribunaux. En décembre dernier, elle a été reconnue coupable d’exhibition sexuelle par le tribunal de grande instance de Paris et condamnée à un mois de prison avec sursis. Eloïse devra également verser à l’Eglise 2 000 euros pour préjudice moral, et 1 500 euros de frais de justice. Elle a bien sûr fait appel. Les Femen (qui n’ont pas voulu répondre à nos questions) ont continué de la soutenir en public, malgré son départ. “C’est une action Femen pour laquelle j’ai été jugée, elles ne pouvaient pas être absentes. Du verdict de mon procès dépend aussi l’avenir de leur mouvement… Et puis c’est un moyen d’être présentes dans les médias.“

Eloïse Bouton, au tribunal, entourée de ses avocats. Crédit AFP.

Quand Eloïse Bouton décide d’écrire un livre sur cet épisode marquant de sa vie, son entourage tente de la dissuader. Mais, comme on le devine à son regard franc et son ton affirmé, la jeune femme est du genre à n’en faire qu’à sa tête. Elle écrit son livre à chaud, en septembre dernier. “C’est une thérapie pour moi, mais aussi une façon de dire, 'Regardez je suis journaliste, je sais faire autre chose que des actions topless dans la rue'.“ L'occasion également pour elle de rétablir la vérité sur le mouvement : “Il y a plein d’inexactitudes qui ont été dites sur Femen et qui n’ont jamais été contredites, par personne. Même pas par elles !

Confession d'une ex-Femen d'Eloïse Bouton, aux éditions du moment. (11€, disponible.)

LIRE LA SUITE
Céline Puertas
Inread
Loginnn
__5574__FR-New-Glamour__Impact__Interstitiel - interstitiel

Vous possédez un compte Glamour ? Gagnez du temps !

se connecter
Mme M.

JE SOUHAITE RECEVOIR

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.