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Les Antigones déclarent la guerre aux Femen

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Vêtues de blanc et arborant calme et sourire pour se démarquer de l'approche plus violente des sextrémistes Femen, voici les Antigones, mouvement contre-féministe qui bourgeonne en ce "Printemps Français".

Antigones versus Femen : la guerre est déclarée ?
"Je suis née pour partager l'amour et non la haine." Antigone (Sophocle)
Qui sont les Antigones, ces jeunes filles souriantes vêtues de blanc qui citent avec amour sur la homepage de leur site officiel Antigones.fr l'héroïne belle et rebelle de Sophocle, Antigone ? Les Antigones contre-attaquent le mouvement des Femen, avec des citations antiques et des tenues de vestales en renfort. "Nous sommes les Antigones. Un rassemblement et non un énième mouvement. Nous sommes venues aujourd'hui parler au Femen". Après que les forces de l'ordre les aient empêché de faire bloc devant le Lavoir-Moderne, QG où s'entraînent les Femen, le 26 mai dernier, les Antigones ont fait du grabuge avec une vidéo-manifeste qui a fait avec plus de 110 000 vues :



Ce néo-mouvement de femmes qui se définit pourtant simplement comme un "rassemblement" apolitique déclare la guerre ou presque, aux militantes du Femen : "Femen est un mouvement liberticide. Car il porte atteinte à la liberté d’expression en interdisant le dialogue. Car il porte atteinte à la liberté de culte, qui est pourtant un droit fondamental dans notre pays. Femen porte également atteinte à la dignité de la femme en voulant faire croire que c’est dénudées que nous nous exprimons le mieux."


Décidées à faire front aux tétons avec sourire et robes blanches, et déçues du barrage de CRS qui les ont empêchées d'approcher les Femen pour enfin se faire entendre et discuter avec elles, les Antigones ne lésinent pas quant à leurs résolutions : elles réclament donc le retour des militantes dans leur pays et la fins des subventions. Elles concluent ainsi en ces termes leur vidéo : "L'instrumentalisation de la femme, c'est terminé. Nous demandons donc le retour d'Inna et d'Oksana en Ukraine, l'arrêt des subventions directes ou indirectes à leur mouvement et la fin de l'immunité pour ces femmes qui se revendiquent comme des terroristes mais que la justice de notre pays n'a jamais placée ne serait-ce qu'en garde à vue pour toutes leurs actions. Femen, Femen, Antigones est devant toi !"

Iseul ou de l'infiltration sans scoop
Iseul
, 21 ans, a choisi ce nom d'emprunt pour pénétrer anonymement le mouvement des Femen, afin de mieux le critiquer et l'anéantir. Pourtant, à la lecture de son témoignage en vidéo et par la suite sur Valeurs Actuelles, c'est sans véritable scoop que l'on apprend les démarches de cette inflitrée au sein du mouvement des sextrémistes. Entrainements le samedi, flou quant aux prochaines actions à venir, facilité d'approche... Iseul, qui décrit le Femen comme "une secte", n'a pourtant rencontré aucune difficulté à adhérer le mouvement, mais aussi à en sortir. De son côté, Inna Chevtchenko, figure de prou du mouvement Femen en France déclare, avec son pragmatisme légendaire (propos recueillis par Les Inrocks) : “Nous acceptons tout le monde. Il y a beaucoup de jeunes femmes comme ça de 20 ans environ qui veulent devenir Femen. J’ai aussi vécu des situations similaires. Plusieurs personnes ont déjà essayé de le faire [s'infiltrer - ndlr], dont des journalistes. (…) Nous n’avons rien à cacher, sauf nos plans d’action, que nous ne communiquons pas aux nouvelles activistes”.

Le Printemps Français au féminin
Quelle affiliation politique pour les Antigones ? Apparemment aucune : "Nous sommes indépendantes de toute affiliation politique ou confessionnelle, même si pour beaucoup d’entre nous, la spiritualité est une voie d’accomplissement de soi. Nous nous sommes retrouvées surtout par bouche-à-oreille, de copine en copine. Aujourd’hui nous sommes rejointes par un nombre impressionnant de femmes qui nous écrivent de partout, nous allons pour répondre à ces demandes, monter des antennes régionales pour organiser la suite de nos actions."
Pourtant, des tweets de Fabrice Robert (président du Bloc identitaire, mouvement politique français créé en 2003, affilié à l'extrême droite de l'échiquier politique) relaie l'action des Antigones, ainsi que le site officiel de Bloc identitaire, sans parler du manifeste du mouvement qui se définit de la même façon que les Antigones : "Le Bloc identitaire n’est pas un énième mouvement…"
 

Et si l'on se rend sur le site officiel du Printemps Français, où aussi l'action des Antigones est relayée, dans la catégorie "Lettres ouvertes", celle qui s'adresse à Manuel Valls est signée "Léo (Petit-petit-petit-petit… fils d’Antigone)". La filiation politique semble donc évidente, et le blog anarchiste Noir Gazier récuse la non-politisation des Antigones en identifiant celles qui sont en premier plan sur la photo :



"Les Antigones, apolitiques ? Pourtant, autour de la banderole, on reconnait : - Sixtine Jeay (A), ancienne du Renouveau français, passée chez les nationalistes-révolutionnaires du MAS (Mouvement d’Action Sociale), et qui fricote avec les identitaires toulousains ; Marie Charlotte Beauregard (B) et Jade Reynaud-Fourton (C), militantes chez les Identitaires Cannois, entourées de quelques autres militantes de Génération identitaire; Elodie Jaskolska (D), qui se définit elle-même sur son profil Facebook comme "entièrement européenne, catholique, militante identitaire à Rebeyne & Génération Identitaire" ; Eva Ferré (E), sympathisante identitaire."

Avec une idée essentialiste de l'homme et de la femme, clairement contre la théorie des genres ("Femen, vous revendiquez l’égalité entre les sexes. Nous vous répondons que c’est la complémentarité entre les hommes et les femmes qui fait la richesse de notre société") et un penchant pour ériger l'affiliation comme socle de la société (“Filles de nos pères, épouses de nos maris, mères de nos fils, nous ne rejetons pas les hommes“), les déclarations sensationnalistes des Antigones ne sont pas sans rappeler les arguments des mouvements de lutte contre le mariage pour tous. En effet, les militants Antis posent eux aussi la filiation naturelle comme principe absolu et fondateur de la société : "un enfant, c'est une maman + un papa", se basant sur la biologie pour régir le monde, faisant fi des stériles et autres êtres qui contrarient leur principe de "nature".


La prise de parole des Antigones se révèle, plutôt qu'un mouvement d'émancipation démocratique de la femme et une initiative anti-Femen, être un plaidoyer réactionnaire en faveur du rôle traditionnel de la femme, contre l'étude des théories du genre à l'école ou encore discutant le principe de parité. Pourtant, les Antigones s'en défendent : 
"Certains ont essayé de travestir nos propos. Pourtant, ils sont clairs. Oui, nous avons une vision politique de la question féminine : nous voyons la femme intégrée à la vie de la Cité, pour y prendre une part active. La femme reléguée au placard au balai n’est pas la nôtre : nous ne serons pas spectatrices de notre avenir. Nous entendons tenir notre rôle dans les débats actuels et ne pas laisser le monopole de la parole aux féministes. (…) Si nous sommes vêtues de blanc, élégantes et souriantes, cela ne signifie pas que nous ne combattrons pas pour nos valeurs. Bien au contraire, mais nous le ferons avec les armes des femmes, pas celles des hommes. N’en déplaise à certains, nous affirmons qu’hommes et femmes sont différents et complémentaires. Comme le Yin est indissociable du Yang.

Nous sommes loin d’être soumises, nous sommes rebelles ! N’en déplaise à tous ceux qui ont l’impression d’être à la pointe du progrès et nous croient rétrogrades. En 2013, nous nous élevons contre l’idéologie dominante. Nous ne sommes pas esclaves de la tradition, nous voulons agir conformément à notre féminité, contre vents et marées. Nous ne sommes pas conservatrices, nous voulons bâtir un avenir digne pour nos filles et nos fils. A l’heure où la théorie du genre est imposée dans nos écoles, c’est être révolutionnaires."

C'est l'avis aussi des jeunes femmes du Renouveau Français, organisation nationaliste "contre-révolutionnaire et catholique" qui était au rendez-vous il y a dix avec les Antigones lors de leur action avortée au GQ Femen de la rue Léon. Elles ont ainsi publié sur leur site cette vidéo où elles encouragent les Françaises, plutôt que d'être "Fem'haine", à s'inspirer... de Notre-Dame, la Vierge Marie, car "plus qu'une femme, une sainte". No comment !


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