Actuellement en kiosque !

GL cover mag Novembre 2017 header maxi Alt 2

Edition papier

Découvrir

Edition numérique

Découvrir
HautHab__Leaderboard - skin
Inboard

Le selfie est-il la nouvelle thérapie ?

Passer trois heures à faire le parfait selfie… Très peu pour elles ! De plus en plus d'internautes partagent leur spleen à coups de hashtags et d'autoportraits sans fards. La fin de la mise en scène de soi sur les réseaux sociaux ?

"Je ne sais pas du tout pourquoi je fais ça, mais les gens ont besoin de savoir la vérité". Fissurant un peu son identité numérique bien lisse, Amber Smith a partagé en avril dernier une autre facette de son quotidien. La jeune Britannique a posté sur Facebook un montage photo aux ambiances très différentes : l’une d’elle, toute pimpante, dans la salle de bains, puis, une autre, dans laquelle elle affiche une expression angoissée. "Au dessus, il y a ce que je montre au monde sur les réseaux sociaux. Sur mon 31, maquillée, des filtres à gogo. La deuxième a été prise après une crise de panique. C’est aussi le côté ‘normal’ que beaucoup de gens ne voient pas’’, explique-t-elle.

Le post, partagé plus de 38 000 fois, a rapidement fait le tour du web. La raison de cette viralité est évidente à la lecture des commentaires : beaucoup d’internautes se sont reconnus dans ces propos déculpabilisants. Les sceptiques y verront sans doute un coup de publicité comparable à celui d’Essena O'neill, l’Instagrameuse qui a quitté, en novembre 2015, les réseaux sociaux avec fracas. Pourtant, la jeune femme est loin d’être une star du web, habituée à partager les moindres détails de sa vie privée.

Quand le selfie devient un confessionnal

Sur les réseaux sociaux, où la règle est de montrer la facette la plus positive de sa vie, à coups de food porn dans des restaurants branchés et de clichés dans des coins paradisiaques, de plus en plus d’internautes osent parler de leur spleen ouvertement. Elles partagent leur expérience dans le confort de l’anonymat à travers des hashtags comme #Whatmydepressionlookslike ou expriment leur mélancolie dans des selfies empreints de morosité. 

Car l’autoportrait numérique, autrefois signe de vanité, est de plus en plus utilisé comme un outil cathartique, quitte à montrer un aspect plus sombre de son existence. "C’est comme un lieu de confession dans lequel on cherche à provoquer le rapport à l’autre. Ces commentaires et ces likes viennent renforcer l’estime de soi, fournir un ego-trip", explique Pauline Escande-Gauquié, maître de conférences et auteure de Tous selfie. Un constat fait également par la blogueuse Sandra Charron, selfie queen autoproclamée, qui considère cette activité comme un moyen de renouer avec le monde (même quand on n'a pas la force de socialiser). Pour la journaliste EJ Dickinson, qui s’est prise en photo chaque jour pendant un mois, la métamorphose va plus loin. "Cela ne m’a pas rendu plus heureuse, mais j’ai ressenti autre chose : l’impression d’avoir un but dans ma vie. Même si le but était de me lever, de mettre de l’eye-liner et un soutien-gorge. Pour moi, ça vaut plus que les likes, les favoris, les RTs, les médecins, la thérapie", explique-t-elle sur le site Mic.com.

Les codes du "depressiongram"

Serait-ce la fin de l’ère des faux-semblants sur les réseaux sociaux ? Sans doute pas… Si ces internautes dévoilent leur intimité la plus profonde, celle-ci fait aussi l’objet d’une mise en scène entre portraits sous-exposés, photos de pilules et instantanés de la banalité du quotidien. "Comme le cliché du brunch ensoleillé, le depressiongram a une esthétique reconnaissable. Je prends surtout des photos en pleine nuit, avec un flou graineux qui est aussi épais et impénétrable que ce que je ressens", explique Jamie Lauren Keiles sur Medium. "J’appelle ça le bio-selfie. Derrière cette apparente démarche de transparence, il y a toujours un choix de filtre, d’angle, de travail de l’image", indique Pauline Escande-Gauquié. L’objectif sous-jacent ? "Susciter l’empathie", confirme Elsa Godart, auteure de Je Selfie donc je suis. "On se confronte à l’autre, mais c’est une alterité sans visage, à la fois abstraite et réelle. Ce ne sont pas de clichés qui suscitent de la jalousie, mais plutôt de la bienveillance", poursuit-elle. A moins d’être une Lena Dunham avec des millions d'abonnés (et un bon nombre de trolls), cette bouteille lancée dans un océan de virtualité a donc peu de chances de revenir comme un boomerang. 

LIRE LA SUITE
Norine Raja
Inread
Loginnn
__5574__FR-New-Glamour__Impact__Interstitiel - interstitiel

Vous possédez un compte Glamour ? Gagnez du temps !

se connecter
Mme M.

JE SOUHAITE RECEVOIR

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies pour disposer de services fonctionnels et d’offres adaptées à vos centres d’intérêt, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée. Cliquez ici pour en savoir plus.