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Laura Gonzalez, l’archi pressée

Laura Gonzales

Laura Gonzalez est la jeune décoratrice dont on parle. Passionnée par son travail, la jeune femme, très speed, ne compte pas ses heures mais a quand même trouvé un petit créneau pour Glamour.com. Rencontre.

Le Blackberry de Laura Gonzalez sonne sans arrêt. Des appels professionnels surtout. Cette grande brune au visage doux est un bourreau de travail. Trois ans qu’elle n’est pas vraiment partie en vacances. Son travail la retient H24. Et lorsqu’elle s’autorise quelques très courtes escapades hors de Paris (notamment en Scandinavie), c’est pour nourrir son inspiration d’architecte et de décoratrice d’intérieur. Tout s’est accéléré pour elle en 2010 suite à la rénovation du Bus Palladium, célèbre boite de nuit du 9e arrondissement parisien. Le timing était serré : trois mois pour tout repenser de fond en comble et passer à l’exécution. Un sacré défi qu’elle a su relever en travaillant "à temps plein ". "Ca me stimule de bosser dans l’urgence", précise-t-elle au rythme d’une mitraillette. Les retours sont bons. Elle a conçu le lieu, sur une idée originale : "à la manière d’un appartement - salle à manger, salle de bain, le garage du père au rez-de-chaussée où se trouve le dancefloor ! – habité par une  famille Tenenbaum  imaginaire, aussi excentrique que celle du film du réalisateur Wes Anderson".

Il y a trois ans, alors qu’elle est encore étudiante à l’école nationale d’architecture Paris - Malaquais, elle créé sa propre agence qu’elle baptise Pravda Arkitect ("un nom qui passe aussi à l’international"). Et commence modestement par rendre service à des amis en échange d’iPod et autres petits cadeaux. Visiblement son univers rétro, aux antipodes du bling bling, plaît. Le bouche à oreille fait le reste. Avec pas moins de 70 projets depuis sa création, la petite entreprise, située rue Saint-Martin (3e), ne connaît pas la crise. Laura s’entoure de trois jeunes gens de confiance. "Ca reste une petite agence", confie-t-elle. Mais les efforts payent. Et son nom  commence à circuler dans le milieu, la presse spécialisée lui tresse des lauriers.

"Pas facile d’en imposer sur les chantiers, quand on est une femme et jeune par-dessus le marché. Au début, il fallait se justifier sans arrêt. Maintenant, j’ai plus de légitimité. Mais Il faut parfois crier pour que ça avance ", dit-elle en caressant avec douceur son chien "Hibou" qui la suit dans tous ses déplacements. Cette vraie "workaholic" jongle d’un contrat à l’autre avec aisance : ici le restaurant Sum (1er), là un magasin multimarques dans le 6e, plusieurs adresses appartenant à la chaîne Jour,  de nombreux appartements à Paris et en province, des boulangeries mais aussi une boite de nuit en Ukraine, deux boutiques à Saint-Pétersbourg … Les projets se bousculent.  Chacun d’entre eux fait l’objet "d’analyses et d’une documentation poussées". Son rêve ? "Un hôtel". Elle participe justement à une compétition internationale en vue d’en créer un en Russie, mais "les chances sont minces". Qu’importe, elle aime bien les challenges. Autre grande idée qui lui tient à cœur : l’ouverture d’un concept-store dans le Marais qui s’appellera "l’officine de Pravda". Le magasin proposera une sélection de mobiliers - à la fois de récup, des antiquités, ou venant de designers peu connus. "L’ambiance changera tous les mois. Et les prix seront tout à fait abordables".

Enfant, elle a appris à travailler vite et de manière autonome. La formation dispensée à la maison d’éducation de la légion d’honneur (son grand père a été distingué par cette récompense, ce qui lui a donné un droit d’accès) à Saint-Denis lui a transmis une belle rigueur.  Car ce pensionnat de filles avec un taux de réussite au baccalauréat proche de 100% est soucieux de la formation artistique (peinture, sculpture…) de ses ouailles. Elle fait une terminale E.S. "J’étais une vraie pipelette", se rappelle-t-elle. Et une fois en archi, se met sérieusement aux maths. "En 6 ans d’études, on a le temps d’apprendre". Ses parents, intellos, élèvent leur fille unique dans la culture et le goût des belles choses. Très proche d’eux, elle ne refuse jamais un coup de main de leur part pour liquider "les tâches administratives". "En archi, on  nous enseigne à concevoir plus qu’à réaliser. On n’a  pas de cours de gestion", regrette-t-elle.

Les week-ends, Laura court les brocantes, vides-grenier, chine aux puces et surfe sur eBay à la recherche de pièces vintage qui viendront habiller l’un des nombreux établissements qu’elle relooke. Tout en mettant frénétiquement la main dans ses cheveux : "Avec le temps, j’ai appris à me détendre. Avant je répondais au téléphone à toute heure de la nuit et du jour. Jusqu’au moment où j’ai compris que la terre n’allait pas s’arrêter de tourner ". Dans tout ça, Laura trouve quand même le temps de faire la fiesta. " J’aime aller au Baron et au Schmuck, un bar très cool dans le 8e que je viens de refaire". Pour se détendre, la belle a un truc imparable : "faire les courses et la cuisine, organiser des dîners entre amis". Elle aime recevoir dans son nouvel appartement du 3e arrondissement qu’elle loue. La propriétaire de l’immeuble (classé) est la nièce de Le Corbusier. Cette dernière n’aura probablement pas été insensible à cet argument au moment de choisir l’occupant. Laura a eu carte blanche pour refaire toute la déco à sa sauce. Son appartement est la quintessence du style Gonzalez. Avec 8 papiers peints différents (dominante de "motifs fleuris"), le recours à ses matériaux fétiches – laiton et de marbre blanc présents par petites touches - et un mobilier "old school"… A noter aussi, un goût certain pour la taxidermie (surtout des papillons). Elle vénère le design des années 30 et 50, notamment celui de feu Ludwig Mies van der Rohe connu pour son mobilier. Et se dit  "fascinée par la créativité de Starck". Question décoration d’intérieur, le travail du cabinet d’architecte Gilles & Boissier et d’un David Hicks l’intéresse.

A seulement 27 ans, Laura en impose avec son style de fille cool, branchée, bien dans ses baskets et sûre d’elle. Pas besoin de passer des heures dans la salle de bain le matin, tout en étant coquette la demoiselle est belle au naturel. Un énième coup de fil, cette fois elle décroche en s’excusant platement d’être en retard. "Il faut être très réactif ", conclut-elle. Sa voiture est garée juste en bas. Laura doit filer, le devoir l’appelle.

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Audrey Khalifa
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