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#kahkaha : le hashtag qui combat la misogynie du vice-Premier ministre turc à coups d’éclats de rire

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Depuis le 28 juillet, les sourires féminins inondent les réseaux sociaux pour combattre les dernières déclarations sexistes du vice-Premier ministre turc Bülent Arinç. Ce dernier a en effet récemment invité les femmes à cesser de rire... en public. LOL.

Le rire devient communicatif 

"Une femme doit conserver une droiture morale, elle ne doit pas rire fort en public" a affirmé le vice-Premier ministre turc, Bülent Arinç, à l'occasion d’un discours sur la "corruption morale" lundi 28 juillet. Une déclaration misogyne de la part du cofondateur de l’AKP (parti pour la Justice et le Développement actuellement au pouvoir) qui a aussitôt provoqué un tsunami de contestations sur les réseaux sociaux. Aussi bien en Turquie que dans le reste du monde, des centaines de femmes ont posté des clichés d’elles riant aux éclats sur Instagram et Twitter avec les hashtags #kahkaha (rire) et #direnkahkaha (rire pour résister) :

Malheureusement, demander aux femmes de s’abstenir de s’éclaffer est loin d’être le seul propos réactionnaire que Bülent Arinç compte à son actif. 

Toujours le mot pour rire 

Considérant que ses remarques avaient été sorties de leur contexte, le vice-Premier ministre a proposé au cours d’une émission télévisée mercredi 30 juillet de réfléchir aux "principes généraux de morale".

M. Arinç a alors affirmé : "Il y a des femmes qui partent en vacances sans leur mari et d’autres qui n’arrivent pas à se retenir de grimper sur une barre verticale (allusion à la pole dance, ndlr). Chacun vit comme il veut. Je ne suis pas en colère contre vous, mais j’ai de la pitié pour vous". Une réflexion des plus réactionnaires qui lui aurait été inspirée par le post Instagram de l’épouse du footballer turc Caner Erkin. La jeune femme avait publié (puis supprimé) une photo d’elle en train de danser avec le commentaire suivant : "Lorsque je vois une barre verticale, je ne peux pas résister". Depuis les internautes, plus déterminés que jamais, inondent les réseaux sociaux d’images montrant leurs animaux favoris grimpant sur des barres verticales ou des drapeaux s’envolant de leurs bâtons. 

Une polémique qui survient une dizaine de jours seulement avant le premier tour des élections présidentielles nationales prévu le 10 août prochain et pour lesquelles le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis 2002, est pressenti grand favori. Ses principaux opposants ont ainsi cherché à récupérer l’affaire pour tentant de déstabiliser ce dernier. Elmeleddin Ihsanoglu, Secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a énoncé sur Twitter "Nous avons vraiment besoin d’entendre le rire gai des femmes" tandis que Melda Onur, du parti d’opposition CHP, a lui tweeté que les propos du vice-premier ministre identifiait le rire à un "acte de déshonneur" et qu’ils "pouvaient exposer les femmes à des réactions violentes"

Bülent Arinç, misogyne récidiviste

Au fil de ces dernières années, M. Arinç  a impulsé des mesures restrictives à l’encontre des femmes. En 2010, l’homme politique a réintégré le port du voile dans la sphère publique en autorisant les étudiantes à l’arborer à l’Université alors que le fondateur de la Turquie moderne, Atatürk, l’avait relégué à la sphère privée. En 2011, il transforme subitement le ministère de la Femme en ministère de la Famille et des Politiques sociales avant d’appeler les Turques à avoir "au minimum trois enfants pour soutenir la nation" l’année suivante. Les tentatives pour interdire l'avortement ont été également nombreuses, le Premier ministre Erdogan ayant notamment proposé un projet de loi afin de réduire le délai de grossesse autorisé pour une IVG de 10 à 4 semaines. Des prérogatives qui ont poussé la population à manifester à l’été 2013 - les Indignés de la place Taksim, très violemment traités par la police - contre la "dérive autoritaire" et "islamiste" du régime du Premier ministre. Enfin, c'est sans surprise qu'on remarque que c'est ce même gouvernement AKP de centre-droit qui avait d'ailleurs tenté d’interdire l’accès à Twitter en mars dernier pour des raisons de "sécurité".

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Maïlys Derville
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