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Décryptage : le phénomène "Normcore"

Décryptage : le phénomène "Normcore"

Le 19 novembre 2013 dans un communiqué, le cabinet de tendances K-Hole évoquait pour la première fois le mot "Normcore". Grâce à un article du "New York Mag", c'est devenu le nouveau phénomène de société à suivre. Le mot d'ordre ? Normalité. Décryptage.

Qui sont les normcore ?

Ils sont habillés en jean droit taille haute, basket, polaire, col roulé et se fichent royalement de leur apparence. Leur but ? Ils cherchent à tout prix à être normal, banal et à se fondre dans la masse. Et contrairement aux hispters sur-lookés qui portent des marques made in Japan ou suédoises, les normcore n'aspirent pas à être ultra originaux, mais veulent au contraire que leur look - proche de celui des années 90 - soit le plus minimaliste et impersonnel possible. Exit les boutiques hors de prix et la recherche de la pièce unique, les normcore s'affranchissent de toute référence vestimentaire et délaissent les endroits branchés pour bruncher, préférant de loin un bistrot du coin. Jeremy Lewis, styliste et fondateur du magazine Garmento, définit le normcore comme le choix d’un look "ostensiblement sans prétention, voire même d’une maladresse attachante."
En clair, le normcore, c'est l'absence de style, c'est Monsieur et Madame tout-le-monde. Pourtant, c'est malgré tout une mode : le phénomène normcore suit les traces du mouvement hipster et est souvent suivi par les branchés eux-mêmes, avides d'une nouvelle tendance à suivre, peu craintifs de l'ironie de la chose. Mais aussi, le terme "normcore" - ajouté sur Wikipédia le 4 mars dernier - est représentatif d'un véritable mode de vie : soyez vous-même et restez cool, osez mettre vos baskets démodées à scratch et votre parka Quechua bien chaude, vous serez perçu pour ce que vous êtes et non pour ce que vous portez. C'est un dépassement du mouvement hipster, une nouvelle manière de se distinguer encore plus forte que les branchés à casquette et à petite moustache que l'on a finalement trop vus.
Apparemment, même les people succombent au normcore : certains magazines en ligne ont même publié des classement des personnalités les plus normcore, Mark Zuckerberg et feu Steve Jobs en chefs de file. D'un autre côté, les créateurs de mode s'emparent ou ont pressenti le phénomène ; la marque Jacquemus a fait du normcore son style et Chanel, pour présenter sa dernière collection haute couture automne-hiver 2014-2015 a fait défiler ses tops... dans un supermaché. Il est loin le temps des décors somptueux.

Pour W Magazine, Barack Obama faisant son shopping chez GAP est un signe que le normcore gagne du terrain. Un article "Obama est-il trop normcore pour vaincre Poutine ?" a même été écrit par le site Gawker.

Traduction : "Dans les news mode, le président Obama fait son shopping chez GAP, amenant le normcore à un autre niveau."

Normal + Hardcore = Normcore

À l'origine, le concept du normcore a été lancé par K-Hole, un cabinet de tendance new-yorkais, le 19 novembre 2013 dans un communiqué intitulé "La mode jeune : rapport sur la liberté". "Il fût une époque où il était possible d'être spécial, différent. Mais internet et la globalisation a rendu tout cela impossible pour qui que ce soit. (...) Vous êtes tellement spécial que personne ne vous comprend. (...) La chose la plus différenciable à faire est de refuser d'être différent tous ensemble. Être normcore, c'est s'adapter." peut-on lire dans leur communiqué précurseur. K-Hole faisait du normcore un état d'esprit avant tout. Mais c’est la journaliste Fiona Duncan qui a fait connaître le mot au grand public dans son article intitulé "Normcore : Fashion for Those Who Realize They’re One in 7 Billion" ("Normcore : la mode pour ceux qui réalisent qu’ils sont un parmi 7 millions"), publié le 27 février dans le New York Mag. Duncan y décrit sa surprise, voyant qu'elle ne pouvait plus distinguer ses potes branchés de Soho du touriste moyen qui arpente New York en sandales. L'un de ses amis artiste lui a alors expliqué :"lol, normcore." Pour la journaliste, "cet art du non-style n’a aucun signe distinctif, c’est une façon savante de choisir les bonnes pièces qui n’ont l’air de rien, mais qui vont composer le bon "non-look"." Pourtant, Vincent Glad souligne dans un article sur le site d'informations Slate que le terme "normcore" de K-Hole n'était pas destiné à parler d'une mode vestimentaire, et que Fiona Duncan aurait, selon lui, dû parler de "acting basing" pour décrire le phénomène. Tout l'engouement pour le normcore tel qu'on le connaît proviendrait donc d'un malentendu..? Peu importe, la mode a englobé le terme.

Les réactions de la Toile

Les internautes se sont très vite emballés, et un hashtag #normcore a même été créé dans les trois jours suivant la publication de l'article du New York Mag. En France, si certains internautes prennent ça avec beaucoup de sérieux, d'autres ont pris l'arrivée du phénomène normcore avec humour. Certains déclarent que François Hollande (le président "normal") est par ailleurs le grand initiateur du mouvement...

D'autres s'amusent de cet engouement pour cette extrême simplicité et indiquent avoir lancé la mode bien avant tout le monde.


Les marques, elles, n'ont pas attendu pour surfer sur la mode du normcore. ASOS par exemple propose à ses followers de tout leur expliquer sur le nouveau phénomène, tandis que GAP se vante d'être normcore depuis 1969.

Les sites de rencontres n'ont pas raté le coche non plus :

Mais le plus insolant reste le Tumblr We Are Normcore - Retraite de Style, qui s'amuse à faire une liste des phrases les plus représentatives du mouvement.



Dans les médias

Le journaliste Luke Zaleski du GQ américain a émis un avis mitigé envers le nouveau phénomène : "Je suis ici pour vous dire que ceci n'est pas un look. Nous avons atteint le fond. Il est impossible d'essayer de ressembler à une personne normal. Vous êtes une personne normale ou vous ne l'êtes pas." Le magazine a même dressé la liste des dix différences existant entre le normcore et l'authentique et réelle "normalité". Par exemple : "Le mec normcore est déjà sur normcore. Le mec normal a seulement entendu parler de normcore", ou "le mec normcore a un blog, un Tumblr et est sur Tinder. Le mec normal a la goutte, des hémorroïdes et un traitement anti-cholestérol." Dans un autre article, GQ a repertorié "les 10 articles essentiels normcore que chaque homme devrait avoir", tout comme la romancière Susan Sontag dans Notes of Camp qui a fait une énumération des objets représentatifs du normcore. Les polaires Décathlon, les chaussettes de sport, les pizzas surgelées, les piscines municipales ou encore les jeans mal coupés sont ainsi des symboles du phénomène.

Le Telegraph, lui, a listé les cinq personnalités les plus normcore : l'homme politique britannique Nick Clegg, l'aventurier et écrivain Bear Grylls, l'épouse de David Cameron Samantha Cameron, l'auteur Ben Fogle et la britannique Zara Tindall, fille de la princesse royale Anna.
Beaucoup de médias comme Libération et Biba mettent en avant le paradoxe du mouvement : cette volonté de "normalitude" est un enième phénomène de mode, et donc, une enième manière de se distinguer. Quant au Elle US, il n'hésite pas à parler de "fraude" car pour eux, le "normcore n'est pas nouveau."
Quoi qu'il en soit, avis aux hipsters en mal de nouvelles inspirations, vous pouvez troquer vos imprimés pour un bon vieux t-shirt gris !

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Mélanie Caous
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