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Décryptage : c'est quoi un Bitcoin ?

Pour utiliser les Bitcoins, il suffit de télécharger et d

On en entend parler sans trop savoir comment s'en servir. Moyen de paiement simple, rapide, anonyme, le Bitcoin reste pourtant associé au trafic de drogue et blanchiment d'argent. On fait le point.

Qu'est-ce que le Bitcoin ?

La définition est assez simple, c'est "la monnaie d'Internet", une monnaie virtuelle conçue en 2009 à la suite de la crise financière mondiale, par un développeur anonyme répondant au pseudonyme Satoshi Nakamoto. Système de paiement électronique, le Bitcoin fonctionne en réseau "peer-to-peer" et est décentralisé. Il permet d'acheter en ligne, faire des transferts, recevoir des versements de Bitcoins tout comme n'importe quelle autre devise, à la différence près qu'il est virtuel et ne dépend d'aucune administration, avec tous les avantages que cela peut offrir.

Si l'on en entend autant parler en ce moment, c'est parce que de plus en plus d’entreprises l'utilisent comme moyen de paiement. C'est le cas de WordPress, par exemple. En 2013, pour la première fois un site français a accepté la rémunération en Bitcoins, achatnet.pro. La chaîne de supermarché française Monoprix voudrait aussi s’y mettre avant la fin 2014. "Cette monnaie virtuelle a une valeur et s'échange. On peut donc faire travailler de la trésorerie en Bitcoins de la même façon qu'en euros", a expliqué le directeur e-commerce de la chaîne Patrick Oualid au site le Journal du Net. Aujourd'hui, la valeur d'un Bitcoin est égale à environ 300 euros.

Cela dit, le Bitcoin reste un concept encore assez mystérieux dans l’imaginaire des gens. Il est regardé avec une certaine méfiance en France et est bien souvent associé au blanchiment d’argent et au trafic de drogues. Et ce n’est pas forcément un tort : les frères Winklevoss, ennemis historiques du créateur de Facebook, Mark Zuckerberg, ont investi 1,5 millions de dollars dans une plateforme d’échange de la monnaie, "Bitinstant". Le PDG de cette plateforme, Charlie Shrem, a été arrêté et inculpé pour blanchiment d’argent dans une affaire liée au site "Silk Roads", un marché noir de l’Internet fermé par le FBI en octobre 2013 qui permettait d’acheter des produits illicites et des armes. D’où la méfiance qui entoure cette monnaie virtuelle. Le 29 juillet 2013, la Thaïlande a été le premier pays à interdire l'utilisation du Bitcoin sur son territoire. La Chine et la Russie l’ont rejoint. La France ainsi que les États-Unis cherchent également à la rendre illicite.

Les avantages du Bitcoin

Pourtant, le Bitcoin présente pas mal d’avantages. Il fonctionne en réseau et ne passe donc par aucune banque ni autorité centrale. Il est utilisable dans tous les pays du monde. Il n’y a pas de taxe, pas de régulation, pas de commission. On peut acheter en ligne avec cet argent virtuel ou faire des transactions vers l’étranger, en envoyant ses Bitcoins au destinataire qui peut les convertir à la devise de son pays, tout ça sans avoir à donner ses informations personnelles comme son nom, son adresse, ou son numéro de carte bancaire.

Dans le futur, le Bitcoin pourrait aussi gérer des testaments, par exemple, en programmant des versements vers des destinataires comme l’a expliqué Philippe Herlin, docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, à la rédaction du Journal du Net. "Les potentialités sont énormes. Un peu comme avec Internet en 1995, on perçoit mal tout ce qu'on pourrait faire avec le Bitcoin", a-t-il ajouté.

Comment se servir des Bitcoins ?

Sur le papier, c'est ultra-facile : il suffit de télécharger et d'installer le "porte-monnaie" sur ordinateur ou smartphone. Ce logiciel permet de stocker les Bitcoins, d’en envoyer aux autres utilisateurs de ce porte-monnaie en saisissant le destinataire (souvent par QR code) et le montant du paiement, ou bien d’en recevoir. Attention, les opérations sont irréversibles et ce n’est pas parce que c’est virtuel qu’on peut faire "ctrl Z".

On peut acheter des Bitcoins, en gagner (très peu) via certains sites (Bitcoin4you, Dailybitcoins, Bitcoinaddict) ou bien en gagner (beaucoup) par le "minage". Pour faire simple, un "mineur" est celui qui va sécuriser les paiements et s’assurer qu’un même Bitcoin ne sera pas utilisé plusieurs fois. Derrière son ordinateur, il va confirmer les transactions des utilisateurs en résolvant un problème cryptographique afin d’éviter les fraudes. S’il y parvient avant les autres "mineurs", il reçoit des Bitcoins. Une activité très complexe mais indispensable pour chaque opération. Elle se révèle aussi très lucrative, certains "mineurs" peuvent gagner jusqu'à l'équivalent de 750 euros par mois.

Les risques du Bitcoin

Évidemment il y a des risques, et ils nourrissent la crainte des autorités vis-à-vis des Bitcoins. Issu d'une économie jeune, sa valeur est totalement flottante. À ses débuts, il valait moins d’un dollar, alors qu'après divers pics, il en vaut aujourd’hui près de 420. À la suite de la crise en Chypre, en 2013, les Chypriotes se sont tournés vers cette monnaie et sa valeur a bondi, dépassant le milliard de dollars.

Aussi, cet argent reste virtuel, et n’étant pas centralisé, il n’y a aucun moyen de déposer une réclamation. S’il y a perte ou vol, les Bitcoins sont irrécupérables pour les utilisateurs. C'est ce qui est arrivé à ceux qui avaient placé leur argent sur "MtGox", un site d'échange de Bitcoins qui s'est déclaré en faillite fin février dernier et a ruiné ses milliers d'utilisateurs.

C'est pourquoi fin 2013, la Banque de France a publié une note mettant en garde sur "le risque financier certain pour les acteurs qui le détiennent". Mais ceux-ci sont tout de même très peu nombreux, le Bitcoin restant encore une monnaie de "geeks". L’agence de notation Fitch a relativisé son impact sur l’économie, estimant qu’il reste maigre comparé à celui des systèmes de paiement traditionnels. En 2013, Western Union et PayPal ont brassé respectivement 225 millions et 492 millions de dollars en volume de transaction par jour. En février 2014, les transactions de Bitcoins n’ont représenté que 68 millions de dollars par jour en moyenne.

Toujours est-il que les internautes sont de plus en plus nombreux à être séduits par la simplicité et les avantages de cette monnaie virtuelle. Certains y voient d'ailleurs l'économie du futur. Rue89 relate l'histoire de ce trader qui aurait tout lâché pour se consacrer au Bitcoin, écrivant pour des revues dédiées et travaillant pour des start-ups. Selon Forbes, la monnaire virtuelle pourrait totalement transformer l'industrie des services financiers à l'échelle internationale. Elle pourrait libérer les économies les plus pauvres exclues du système financier mondial et faire augmenter le niveau de vie de tous. Le prestigieux magazine économique new-yorkais ne voit qu'une seule limite à l'énorme potentiel des Bitcoins : Washington et les agents de régulation.

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Anne-Yasmine Machet
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