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"DanielGate", ou le scandale du pédophile gracié qui secoue le Maroc

"DanielGate", ou le scandale du pédophile gracié qui secoue le Maroc

Un retraité espagnol condamné pour des actes pédophiles s'est vu gracié par Mohammed VI, roi du Maroc. Depuis, le Cabinet royal a fait machine arrière face à l'indignation de l'opinion publique, profondément choquée par cette décision.

Retour sur le "DanielGate"
Daniel Galvan Fina (ou Daniel Fina Galvan, selon les sources...) est un retraité espagnol de 63 ans d'origine irakienne, mais surtout un pédophile multirécidiviste, condamné pour des actes de pédophilie sur onze enfants âgés de 2 à 14 ans. Le scandale a éclaté quand le roi du Maroc, Mohammed VI, a décidé d'accorder sa grâce au citoyen espagnol désormais appelé "le violeur d'enfants de Kenitra", alors que ce dernier avait été condamné en 2011 à une peine de 30 ans d'emprisonnement pour avoir violé les onze enfants.

Portrait du violeur d'enfants de Kenitra, Daniel Galvan


Ainsi, après seulement dix-huit mois de prison, le roi Mohammed VI l'a gracié, comme 47 autres détenus compatriotes, lors de la 14ème Fête du Trône, le 30 juillet, une fête nationale qui célèbre l'intronisation du souverain. C'est là que le scandale a éclaté dans l'opinion publique, profondément choquée par cette décision.

Un tollé populaire
Alors que la bloggeuse du blog la-version-marocaine.com s'indigne de la justice de son pays, où ce genre de crimes peuvent être commis… en toute impunité ("A tous les pédophiles de la terre, venez défoncer le c** de nos enfants, venez vous offrir des petits marocains, dans le plus beau pays du monde, c'est permis, c'est gratuit, c'est joli" s'indigne-t-elle dans un message dont la crudité n'a d'égal que la violence de la nouvelle), le reste du pays aussi se soulève. A la confirmation de la grâce royale, vendredi soir, des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de la capitale, près du Parlement de Rabat, mais aussi à Tanger, Tétouan, et à Agadir samedi après-midi. Et si l'intervention plutôt musclée de la police anti-émeute marocaine a fait plusieurs dizaines de blessés, les manifestants ne décolèrent pas face à cette décision qui leur semblait abjecte et absurde : une page Facebook créée par les contestataires réunissait ainsi plus de 25 000 personnes dimanche midi, toujours aussi déterminés à se rassembler pour dénoncer la remise en liberté de Daniel Galvan Fina.

Face aux contestations, le ministère de la Justice et des libertés s'est contenté vendredi d'un communiqué pour expliquer que la grâce de Daniel Galvan Fina "entre dans le cadre des relations stratégiques qui lient les deux pays amis", rapporte le media indépendant marocain Lakome. Le ministère précise que la grâce a été décidée "lors de la récente visite du souverain espagnol dans notre pays dans un échange de bons procédés telle que le veut la coutume dans pareilles circonstances". Amère, la bloggeuse de la-version-marocaine ajoute : "Quand j'entendais le ministre de la justice dire qu'il avait prévenu le cabinet royal de la présence du nom du pédophile dans la liste à gracier, mais qu'il a simplement reçu l'ordre "d'exécuter" les directives du cabinet royal, j'avais envie de lui dire : "Sinon, toi ça va? Comment tu te sens ? Tu n'as pas envie de te suicider là tout de suite ? Je veux dire, ta fierté, ta dignité en tant que responsable politique, en tant qu'être humain, en tant que marocain, tu vois de quoi je parle ? ou c'est un truc que votre gouvernement a définitivement perdu depuis que vous avez baissé votre froc jusqu'aux chevilles."

Le recul du roi
Or, samedi 3 août au soir, le cabinet royal de Mohammed VI a lu sur la chaîne télé Al Aoula un communiqué au sujet de la libération de Fina : "A la suite de la libération, ces derniers jours, du dénommé Daniel Galvan Fina de nationalité espagnole, condamné par la justice marocaine, le cabinet royal tient à apporter à la connaissance de l'Opinion publique les éléments d'information et les précisions suivantes:

1. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné.

2. Il est évident que jamais le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable.

3. Sa Majesté le Roi, en tant que premier protecteur des droits des victimes, de surcroît enfants, et de leurs familles, ne ménagera aucun effort pour continuer à les entourer de sa sollicitude. (…). Pour toutes ces considérations, Sa Majesté le Roi a décidé, dès qu'il a été informé des éléments du dossier, qu'une enquête approfondie soit diligentée en vue de déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération et d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires."


Ainsi, le roi, pour apaiser la colère du peuple, retire sa grâce dès le dimanche et ouvre une enquête quant aux conditions d'attribution de la grâce royale : "Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, a décidé de procéder au retrait de la grâce précédemment accordée au dénommé Daniel Galvan Fina de nationalité espagnole. Ce retrait à caractère exceptionnel est décidé par Sa Majesté le Roi, Que Dieu l'assiste, en considération des défaillances qui ont marqué la procédure, de la gravité des crimes commis et du respect du droit des victimes. En conséquence de cette décision, le Souverain a donné ses Hautes instructions au ministre de la justice à l'effet d'examiner avec son homologue Espagnol les suites à donner au retrait de cette grâce".

En effet, comment a-t-il pu ignorer la gravité des crimes ? Le site Lakome retient, lui, que le roi "ne présente pas d'excuses aux familles des victimes de Daniel Galvan ni à l'ensemble de la population marocaine" et qu'"il ne revient pas non plus sur la violente répression du sit-in organisé vendredi soir à Rabat". Surtout qu'il semblerait, sans que cela soit encore confirmé, que l'ancien détenu Daniel Galvan Fina ait déjà regagné l'Espagne...

Daniel Galvan Fina, un ex-agent irakien ?
Enfin, le multirécidiviste Galvan Fina est soupçonné d'être un ex-agent irakien. Toujours selon le site Lakome, Daniel Galvan Fina aurait confié à son avocat qu'il était un ancien agent des services de renseignement irakiens, qui, après sa participation au renversement de Saddam Hussein, s'est vu récompensé d'une nouvelle identité et une nouvelle nationalité, en l'occurrence espagnole. Le quotidien d'Espagne El Pais émet la même hypothèse, faute d'avoir retrouvé des traces de Daniel Galvan Fina dans l'université espagnole où ce dernier affirme avoir enseigné. "L'attitude du pédophile telle qu'elle ressort du dossier d'instruction est justement celle d'un homme qui commettait ses crimes sans craintes des conséquences, comme s'il bénéficiait d'une protection particulière", commente encore Lakome.

Pour finir, la seule et maigre consolation pour les familles des victimes et les associations qui s'étaient constituées partie civile, c'est que l'Espagnol n'est désormais plus autorisé à revenir sur le territoire marocain.

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Mise à jour du 06/08/2013 :

Daniel Galvan a été arrêté à Murcie, dans le sud-est de l'Espagne ce lundi 5 août, a annoncé le ministère de l'Intérieur espagnol. Galvan sera mis à disposition du tribunal madrilène de l'Audience nationale. Mohammed VI a par ailleurs révoqué lundi le directeur de l'administration pénitentiaire du Maroc, apparemment responsable de l'erreur ayant abouti à la grâce de Galvan : "L'enquête a conclu que ladite administration, lorsqu'elle a été sollicitée par le Cabinet Royal, a transmis par inadvertance des informations erronées de la situation pénale de l'intéressé", explique un communiqué officiel. En effet, il semblerait qu'il s'agisse d'une erreur de listes des condamnés. D’après une source proche du dossier, le pédophile espagnol faisait partie d'une liste de prisonniers dont l'Espagne a demandé le transfert sur son territoire. Selon cette même source, le gouvernement espagnol a proposé au Maroc 48 noms de prisonniers, parmi lesquels "une liste de 18 prisonniers en demandant à ce qu'ils soient graciés et une autre de 30 noms demandant qu'ils soient transférés en Espagne afin d'y purger leur peine. Galvan figurait dans cette seconde liste." 

Le ministère des Affaires étrangères espagnol souligne, pour sa part, que c'est le Maroc qui a confondu les deux listes...

 

 

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