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“Boomerang Kids" : à 30 ans, je suis retournée vivre chez mes parents

Boomerang kids : à 30 ans, je suis retournée vivre chez mes parents

Après des déboires professionnels ou amoureux, elles ont dû retourner chez papa-maman comme 4,5 millions de jeunes adultes aujourd’hui. Comment vit-on ce retour à l'adolescence quand on a été longtemps indépendante ? Témoignages de “Boomerang Kids“.

“Ça fout un coup à l'estime de soi“

Sabrina, 27 ans, avocate

“Je suis partie pendant deux ans et demi faire des études et travailler à Washington. A mon retour en France en 2013, je me suis installée chez mes parents pendant mon stage, étant payée au lance-pierre. J'y suis encore aujourd'hui, le temps de trouver un travail. J'ai toujours eu des relations compliquées avec ma mère donc il y a des hauts et des bas. Par exemple, elle est hyper angoissée et vient dans ma chambre, quasiment tous les jours, pour me demander où j'en suis.
En même temps, je ne suis pas non plus le cliché du Tanguy. Elle sait que je fais de mon mieux pour m'en sortir. Mais c'est une situation difficile à vivre quand tu as été indépendante pendant aussi longtemps. Quand tu décolles, tu imagines que ta vie d'adolescente est définitivement derrière toi. Quand tu as bossé, gagné de l'argent, fait sept ans d'études, c'est frustrant d'être pénalisée par la crise économique. On t'a promis qu'il fallait être une bonne élève, cocher toutes les cases, pour avoir la carrière de tes rêves. Mais en fait, tu as l'impression d'avoir zéro contrôle sur ta vie. Ça fout un coup aussi à l'estime de soi. Je me rends compte que je sortais plus quand j'avais un job de rêves.“

“Je me sens jugée par la génération de mes parents“

Camille, 30 ans, professeure des écoles

“Après mes études, j'ai travaillé dans la communication pendant quatre ans. Mais, j'ai vite réalisé que ce métier ne me plaisait plus. J'avais envie de faire quelque chose d'utile à la société. J'ai donc tout lâché afin de passer les concours pour devenir professeure des écoles. Au moment où je me suis retrouvée au chômage, j'ai aussi eu des soucis de bail au sein de ma colocation. Ce qui m'a amené à me réinstaller pendant plus d'un an, de décembre 2014 à novembre 2015, chez mes parents. Je redoutais un peu le retour, je l'ai vraiment vécu comme une punition, même si je suis me suis toujours bien entendue avec mes parents.
C'était agréable d'avoir leur soutien pendant cette période difficile, mais certains petits détails avaient tendance à m'agacer : ma mère qui lavait mon linge ou venait me raconter sa vie à n'importe quel moment de la journée. Et puis, je n'osais pas inviter mes amis, alors que j'avais l'habitude de vivre dans une maison toujours pleine de monde. Je redoutais aussi la réaction des gens quand ils apprendraient la nouvelle. Pendant un rencard, j'ai passé la soirée à tourner autour du pot avant de lâcher ‘je vis chez mes parents’. En fait, vu le contexte économique, la plupart des personnes de mon âge comprenaient ma situation. J'ai plutôt senti du jugement de la part des gens issus de la génération de mes parents. Ils me voyaient un peu comme une fille gâtée choisissant la solution de facilité.“

Crédit : Getty

“J’ai la chance de ne pas dormir dehors“

Linsay, 31 ans, cadre dans le management environnemental

“Début 2015, j'ai entamé une reconversion professionnelle et mon salaire d'apprenti ne me permettait plus de payer le loyer de mon studio. Je suis donc retournée chez mes parents dans l'Oise, ce qui tombe bien, car c'est près de mon boulot. Je m'entends bien avec eux, mais, comme pour la vie en couple, il y a toujours des concessions à faire. Il faut se débarrasser de ses vieilles habitudes, par exemple, laisser trainer la vaisselle dans l'évier.
Le plus pénalisant, c'est la contrainte géographique. Avant, je disais à mes amis ‘passez à la maison‘, maintenant je dois faire une heure de route pour aller les voir en région parisienne. Quand je rencontre des inconnus, je suis parfois gênée d'en parler, mais mes amis proches, eux, connaissent mon vécu. Ils savent que je suis partie et revenue pour une raison bien précise. En plus, il y a quand même des avantages : je vis dans une maison que je n'aurais jamais pu m'offrir dans les Hauts-de-Seine. J'ai aussi la possibilité d'épargner pour investir dans l'achat d'une maison avec mon copain. Les temps sont durs, donc je m'estime déjà chanceuse de ne pas dormir dehors.“

'' Ma mère m'a appelée à 4h du matin car je n'étais pas rentrée''

Maya, 28 ans, attachée de presse

“J'ai été indépendante assez tôt. D'abord, j'ai quitté Lille pour faire mes études à Paris. Puis, j'ai rencontré mon copain et on s'est installés ensemble. Jusqu'au jour où il m'a annoncé, il y a six mois, qu'il était amoureux d'une autre femme. Impossible de payer 1300 euros de loyer alors que j'étais au chômage. Alors, j'ai squatté chez quelques potes, avant de me résoudre à retourner dans ma chambre d'adolescente. C'était réconfortant de ne pas avoir à affronter cette rupture toute seule, mais j'avais aussi l'impression de régresser complètement.
Au début, j'aimais assez les petites attentions de ma mère, puis elle commencé à devenir envahissante. Une fois, je suis sortie dans un bar avec des amis d'enfance et elle m'a appelée à 4h du matin, car je n'étais pas rentrée. J'ai dû poser cartes sur table pour qu'elle arrête de m'infantiliser tout en essayant de ne pas la vexer. Quoiqu'il arrive, je lui suis reconnaissante de m'avoir accueillie. Les choses vont un peu mieux aujourd'hui, mais je suis frustrée de ne pas pouvoir faire un apéro chez moi, une soirée entre filles, ou d'inviter un mec. Ma mère n'y voit aucune objection, mais moi je fais un blocage.“

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Norine Raja
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