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L'étrange mode des jeunes Israéliens

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De plus en plus de jeunes Israéliens se font tatouer les numéros de déportations de leurs grands-parents comme devoir de mémoire, mais également pour attirer l'attention de la population sur les conditions de vie précaires des survivants.

C'est une nouvelle mode qui surprend et qui intrigue : de jeunes Israéliens ont décidé de se faire tatouer les numéros de déportations de leurs grands-parents sur les avant-bras. Devoir de mémoire et respect de l'histoire familiale, ces jeunes arborent aujourd'hui avec fierté ce qui était autrefois un signe de la honte et de non-identité, d'autant que le tatouage est proscrit dans la religion juive. Ayal Gelles, 28 ans, porte l'inscription A-15510, celle de son grand-père Avraham Nachshon, déporté à 17 ans et survivant d'Auschwitz. Il confie au Huffington Post : "Le cheminement a été long, douloureux. J’étais taraudé depuis longtemps par l’envie de le faire mais ce n’est qu’au terme d’un processus très lent, d’une maturation qui a duré des années que je me suis décidé", raconte-t-il. "A la fin de mon service militaire, en 2009, je suis parti voyager en Amérique du sud comme beaucoup d’Israéliens. Un jour, en Argentine, j’ai vu un troupeau de vaches aller à l’abattoir, un numéro tatoué sur l’oreille. Cette vision d’animaux qu’on traînait vers la mort et dont l’identité était réduite à un numéro m’a bouleversé. Cela m’a rappelé ce que mon grand-père avait subi. Ce jour-là (...) j’ai pris la décision de me faire tatouer à la fin de mon voyage". Et d'ajouter : "Je voulais simplement matérialiser la connexion que j’ai avec mon grand-père et lui rendre hommage. Malgré les critiques, je crois que j’ai réussi. Quand je lui ai annoncé que j’avais fait ce tatouage, il s’est mis à pleurer. A l’époque, il pensait que c’était une mauvaise idée. Aujourd’hui, il en est très fier. Pour moi, c’est la seule chose qui compte. C’est une manière de rappeler à tous ceux qui nous croiseront un jour les atrocités vécues par une génération. Ainsi, plus personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Ce n’est que comme ça que nous lutterons vraiment pour que cela n’arrive plus jamais".

Un syndrome du devoir de mémoire qui devient de plus en plus populaire, alors qu'on estime seulement à 48 000 le nombres de survivants en 2025. Le 8 avril dernier, l’opération "People, Not numbers" ("Des gens, Pas des numéros") a été lancée pour la première fois dans les rues de Tel-Aviv, le jour dédiée à la mémoire de la Shoah en Israël. Des représentants d’une agence de publicité proposaient alors aux jeunes des tatouages éphémères de matricules de déportés, en les invitant à se rendre sur le site "6 millions" pour découvrir l’histoire de la personne derrière le numéro qui leur avait été attribué. L'opération a été un succès, dans ce pays où le génocide juif est longtemps resté tabou.

Mais la jeune génération utilise également ces tatouages à des fins politiques, comme étendard pour attirer l'attention de la population israélienne sur la situation économique de plus en plus précaire des rescapés. En effet, de récentes études démontrent que plus d'un quart des 190 000 survivants vivant en Israël vivent sous le seuil de pauvreté. Il apparaît qu'aujourd'hui, les pensions compensatoires accordées aux victimes de la Shoah sont violemment passées de 400 dollars par mois, à 80 dollars pour certains. Une situation intolérable pour la Claims Conference (l'organisme qui négocie avec le gouvernement allemand les dédommagements pour les rescapés) qui en fait son fer de lance. "On fait valoir qu'il y a dans les tatouages quelque chose de méprisant pour la Shoah, mais ce mépris s'illustre plutôt dans la façon dont l'Etat d'Israël traite ses derniers survivants, pas dans la nouvelle vie que ces numéros ont reçue", explique Dana Doron, coréalisatrice de Numbered, un documentaire donnant la parole à cette jeune génération militante.

Face à la disparition de ces derniers témoins de l'Histoire, de plus en plus d'Israéliens continuent de leur rendre hommage avec ces tatouages lourds de signification.

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