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Les Indignés turcs : de la place Taksim au reste de la Turquie

Les Indignés turcs : de la place Taksim au reste de la Turquie

De nombreuses manifestations ont eu lieu tout le week-end dans toute la Turquie, en soutien aux manifestants de la place Taksim à Istanbul, qui militent contre le projet d'urbanisme du premier ministre tout puissant, Recep Tayyip Erdogan.

Depuis quatre jours maintenant, de nombreuses manifestations contre le gouvernement islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan ont lieu dans plusieurs villes de Turquie, principalement à Istanbul et la capitale du pays, Ankara. A l'origine de ce mouvement de révolte, la destruction du parc Gazi d'Istanbul, au profit d'un énième centre commercial sur la place centrale de la partie occidentale de la ville, Taksim. Un projet à l'époque refusé par la municipalité, mais que le gouvernement à souhaiter passer en force.

"On a commencé pour sauver le parc, on a déjà des centres commerciaux partout, on en veut pas plus mais le gouvernement n'en a rien à faire. Il détruit les espaces verts, les monuments, les lieux importants qui ont une histoire. Mais maintenant le mouvement proteste aussi contre la gestion dictatoriale du pays, ça fait longtemps que les gens en ont marre", explique Ece, étudiante de 20 ans, à Libération. Citoyens simplement concernés par leurs conditions de vie, les manifestants ne sont affiliés à aucun parti politique particulier et souhaitent seulement le retour de leurs libertés. "Le combat pour ce parc est symbolique. Ce sont les arbres qui cachaient la forêt du ras-le-bol. L'AKP (le parti politique au pouvoir, ndlr) revient sur l'avortement, la consommation d'alcool, nous somme l'un des pays au monde où il y a le plus de journalistes en prison", s'indigne Sinan, 40 ans, auprès du reporter de Libération. "Le gouvernement exploite les croyances religieuses des gens pour mener la politique qui l'arrange", ajoute Consin, étudiante de 21 ans.

Le rassemblement autour du parc de Gazi a toutefois tourné à l'affrontement avec les forces de police, qui n'ont pas hésité à disperser les manifestants à coups de canons à eau et de bombes lacrymogènes, envoyées directement au milieu de la foule. Des actes particulièrement violents, comme l'explique Tarihinde Yayimlandi, sur son blog Insanlik Hali : "Deux jeunes se sont fait écraser par un char et sont morts. Une autre jeune femme, l'une de mes amies, a été touchée à la tête par une grenade de gaz lacrymogène. La police les jetait directement dans la foule. Après trois heures d'opération, elle est toujours dans l'Unité de Soins Intensifs et dans un état très critique. (...) Les personnes qui marchent sur le centre d'Istanbul demandent leur droit de vivre librement et d'avoir une justice, une protection et un respect de la part de l'Etat. Ils demandent à être impliqués lors du processus de décision concernant la ville dans laquelle ils vivent. Ce qu'ils ont reçu à la place, c'est une mobilisation excessive de la police et une quantité énorme de bombes lacrymogènes à leurs visages. Trois personnes ont perdu leurs yeux."

Une situation appelée à durer, Erdogan ayant assuré que la police resterait sur la place Taksim, où les affrontments s'étaient déplacés plus tôt dans le week-end, car elle "ne peut pas être un endroit où les extrémistes font ce qu'ils veulent". Il a également ordonné aux manifestants de cesser "immédiatement" leur mouvement et a insisté sur le maintien du projet d'aménagement urbain contesté. Toutefois, le Premier Ministre est revenu sur sa position samedi après-midi, en appelant les forces de l'ordre à se retirer de la place et en déclarant suspendre le projet de destruction du parc de Gazi. Une première victoire fêtée par les nombreux manifestants tout au long de la nuit.

Cherchant à calme les tensions, le ministre des Affaires Etrangères, Ahmet Davutoglu, s'est quant à lui adressé au peuple turc : "La poursuite de ces manifestations (...) n'amènera aucun bénéfice mais va nuire à la réputation de notre pays". Des déclarations du gouvenerment qui interviennent trop tard, compte tenu de la colère des stambouliotes.

Actuellement, si la place Taksim est libre de toutes forces armées, les cris des manifestants y résonnent encore sous des slogans percutants, tels que "Istanbul est à nous !" ou "Gouvernement, démission !". De nombreux autres incidents du même type ont été constatés dans d'autres villes du pays, particulièrement à Ankara, où 414 civils ont été blessés. Au total, les autorités ont annoncé avoir arrêté 1700 manifestants dans 48 villes.

Si la situation actuelle en Turquie n'est pas sans rappeler le Printemps Arabe, né place Tahrir en Tunisie, ce mouvement de révolte s'apparente toutefois plus à celui des Indignés de Madrid et Barcelone. En effet, alors que les pays touchés par le Printemps Arabe réclamaient la démocratie, l'Espagne et la Turquie la possèdent déjà et souhaitent seulemement une plus grande considération de la part de leurs dirigeants. Les Turcs opposent une résistance aux lois de plus en plus conservatrices de leur pays et veulent simplement conserver leur mode de vie libre.

Ci-dessous, des photos postées sur le site Onedio.com montrent la solidarité entre les citoyens et les manifestants :

Un mur de ravitaillements mis à la disposition des manifestants.

Un enfant masqué participe à ce rassemblement pacifique.

Les manifestants nettoient le parc de Gazi après les affrontements.

Un manifestant pacifiste lit le passage d'un livre aux policiers en faction.

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Amélie Frantelle
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