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Harcèlement sexuel : Aurélie se fait interpeller 18 fois en 11 minutes

Une femme sur cinq se dit harcelée au travail.

L’affaire Baupin aura fait naître quelques questionnements sur la société actuelle. En effet, face au harcèlement des femmes, phénomène on ne peut plus présent aujourd’hui, La Voix du Nord a décidé de mener son enquête. La conclusion est édifiante : dans la rue, du côté des élus, au travail ou à la fac, le harcèlement sexuel est partout.

Il est presque 19 heures lorsqu’Aurélie, 23 ans se met en route près de la Grand-Place de Lille. Les journalistes de La Voix du Nord la suivent et notent tout ce qu’elle entend. Résultat ? En 11 minutes, la jeune femme a été interpellée 18 fois. Pendant ce laps de temps, elle aura eu droit à un bisou sur la joue, un garçon qui essaye de l’attraper par le bras, un deuxième qui insiste pour prendre un selfie, deux autres qui lui lancent "T’es vierge ?", et enfin un dernier qui tente de lui caresser le dos.
Habituée de ces mésaventures, Aurélie ne se déplace qu’avec ses écouteurs dans les oreilles. De même, il y a certaines stations de métro qu’elle préfère éviter et le soir, elle ne rentre jamais seule chez elle. En revanche, la jeune femme refuse d’adapter sa tenue vestimentaire. "Ce n’est pas aux femmes de changer. Enfin, on a tellement dépassé les limites que je ne sais pas si ça peut évoluer en bien" explique-t-elle. Une expérience grâce à laquelle on remarque que le harcèlement est loin de disparaître.

Selon une étude réalisée par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), 100 % des femmes ont été harcelées au moins une fois dans les transports en commun et 76 % des Françaises ont été suivies au moins une fois dans la rue. Des chiffres qui font froid dans le dos.

Du côté des élus dans le Nord-Pas-de-Calais, le constat est le même. Les jupes et les décolletés entraînent des réflexions tous les jours de la part des hommes. Dans le même registre, tous les dossiers traitant de l’éducation ou des enfants sont dirigés vers les femmes du conseil municipal.

Au travail, c'est encore pire. 1 femme sur 5 se dit harcelée. Le harcèlement commence en général par des remarques sur le physique et les tenues vestimentaires. "Ce que certains appellent des blagues, à connotation sexuelle, dégradantes et imposées de façon récurrente", énonce Laure Ignace, représentante de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT). Ensuite, le harcèlement devient plus intense allant jusqu’à "des manifestations type mime de fellation ; la proximité physique intrusive : je te montre quelque chose, j’en profite pour caresser tes épaules ; des confidences sur la vie sexuelle du harceleur, des questions sur la vie privée des femmes, jusqu’à des propositions explicites."

Dans les facs, personne n’en parle. Le sujet est tabou car les étudiantes pensent que leur plainte pourrait nuire à leur parcours. Autant de témoignages qui font prendre conscience de la gravité de la situation. Alors quand des mesures sérieuses seront-elles prises ? Il est grand temps que les choses changent.

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Géraldine Verheyen
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