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Égypte : après Moubarak, la chute de Morsi ?

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Hier, des millions de personnes ont manifesté pour protester contre le président Mohamed Morsi. A l'origine, c'est le mouvement Tamarrod qui a appelé lundi le chef de l'Etat à quitter le pouvoir, menaçant d'engager un mouvement de "désobéissance civile".

C'est une source de l'armée qui le dit : dimanche 30 juin, date qui marque le premier anniversaire du mandat de Mohamed Morsi, ils étaient des "millions" de personnes à descendre dans les rues égyptiennes, à travers tout le pays, pour protester contre le président actuel et son gouvernement. Ce sont les manifestations les plus importantes du pays depuis la chute de Moubarak, avec un bilan d'au moins cinq morts dont un citoyen américain, photographe envoyé pour couvrir l'événement, blessé à coups de couteau par des inconnus. Les cortèges, d'une ampleur sans précédent depuis la révolte qui fit chuter Hosni Moubarak début 2011, ont défilé en scandant "dégage" et "le peuple veut la chute du régime". Au Caire, le QG des Frères Musulmans, dont est issu M. Morsi, a été attaqué dans la soirée avec des cocktails Molotov et des tirs de chevrotine.

Le mouvement "Tamarrod" contre Morsi
A la base, c'est le mouvement Tamarrod (rébellion en arabe) qui a organisé la mobilisation pour appeler à une élection présidentielle anticipée et au départ du président Mohamed Morsi. Les partisans du mouvement Tamarrod reprochent essentiellement à Morsi de ne pas agir en président de tous les Egyptiens et de ne pas adopter de “politiques visant à améliorer la vie des gens ordinaires”. Tamarrod se présente comme un mouvement apolitique qui refuse l’actuelle Constitution, votée en décembre 2012, au motif qu’elle est la création des islamistes et appelle donc à un retour à la Constitution de 1971, sans les amendements adoptés par les précédents présidents Sadate et Moubarak.
Ainsi, Tamarrod a posé publiquement un ultimatum sans équivoque au président :
"Nous donnons à Mohamed Morsi jusqu'à mardi 2 juillet à 17h00 (15H00 GMT) pour quitter le pouvoir et permettre aux institutions étatiques de préparer une élection présidentielle anticipé", affirme un communiqué de Tamarrod publié sur son site internet. En cas de refus, "mardi 17h00 sera le début d'une campagne de désobéissance civile totale", prévient le mouvement. Tamarrod appelle désormais l'armée, la police et l'appareil judiciaire à "se positionner clairement du côté de la volonté populaire représentée par (les) foules". D'ailleurs, un des principaux dirigeants de l'opposition, le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, a ainsi appelé directement l'armée à "agir" pour "faire respecter la volonté du peuple" si Morsi ne partait pas de lui-même.

Une pétition de millions de signatures
Le mouvement Tamarrod a aussi mis en place une pétition réclamant cette élection, qui a reçu le soutien des partis et des personnalités de l’opposition, ainsi que de presque toutes les organisations non islamistes du pays.
"Parce que la sécurité n'a pas été retrouvée à ce jour … On vous refuse / Parce que le démuni est toujours ignoré… On vous refuse / Parce que nous sommes encore en train de mendier des prêts de l'extérieur… On vous refuse / Parce qu'aucune justice n'a été portée aux martyrs… On vous refuse / Parce qu'aucune dignité n'a été préservée ni pour moi, ni pour mon pays… On vous refuse / ...
Je, soussigné, sain d'esprit et avec toute ma volonté déclare, en tant que membre de l'Assemblée publique du peuple égyptien, la destitution du Dr Mohamed Morsi Al Ayat, et l'appel à des élections présidentielles anticipées, et je promets de respecter les objectifs de la révolution et de travailler à les atteindre et de propager la Campagne Rebelle dans les masses afin qu'ensemble, nous puissions parvenir à une société de dignité, de justice et de liberté "


La pétition avait pour objectif de réunir pas moins de 15 millions de signatures, soit deux millions de voix de plus que celles récoltées par Morsi lors de son élection en 2012. Or, depuis, les organisateurs de la campagne Tamarrod ont affirmé samedi que leur pétition avait recueilli plus de 22 millions de signatures : "Nous avons recueilli 22.134.465 signatures pour notre pétition", a déclaré le porte-parole de Tamarrod, Mahmoud Badr, lors d'une conférence de presse à la veille de la manifestation générale devant le palais présidentiel.


De leur côté, les partisans de Morsi affirment que cette pétition n'a pas de valeur constitutionnelle, et que seules des élections peuvent décider du maintien ou du départ d'un chef d'Etat ; et Morsi lui-même a indiqué qu'il comptait rester au pouvoir jusqu'à l'échéance de son mandat, en juin 2016. 

Vers un changement politique ?
Si ces manifestations débouchent sur des élections anticipées, le mouvement révolutionnaire Tamarrod propose que le président de la Cour constitutionnelle suprême (CCS) “prenne le pouvoir dans le cadre d’un gouvernement de technocrates”. Cette proposition s’inspire de l’article 84 de la Constitution de 1971, qui régit le passage de pouvoir du président de la République au président du Parlement et au président de la CCS. Depuis, huit parlementaires ont officiellement démissionné tandis que plusieurs autres attendent une réponse à leur demande de départ, en soutien aux 22 millions de signatures. La présidence a réagi en affirmant que "le dialogue était la seule façon de parvenir à une entente" et qu'elle était "ouverte pour lancer un véritable et sérieux dialogue national". Mais la principale coalition de l'opposition égyptienne a appelé les manifestants à rester dans la rue jusqu'à la démission du régime "dictatorial" du président Morsi, accusé de gouverner au seul profit des islamistes.

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